30/09/2007

Intégration elixir de survie

Dans les discours tout est simple. Rien n’est plus facile que d’affirmer que la diversité est une richesse, mais dans la réalité c’est tout autre chose. Que signifie ce mot si souvent utilisé d’intégration ? Ce n’est pas une baguette magique mais un effort de tous les jours, pour mieux se comprendre, se connaître, pour apprendre à partager des valeurs. Ces valeurs sont par définition, et les enjeux commencent là, à construire sur la plateforme non négociable de la Déclaration des Droits humains.

Ce socle étant posé, pour que les différences soient vraiment richesses et non oppositions, la cohabitation lien social et pas division, on ne peut pas ne pas interpeller les conditions actuelles de la démocratie et la définition de l’identité.

Le temps où une personne devait impérativement choisir d’être Suisse ou Genevoise et rien d’autre est révolu. il ne faut pas lui demande d’occulter son identité de départ : quand un Appenzellois s’établit à Genève, il ajoute une réalité genevoise à sa trajectoire d’Appenzellois, il ne la renie pas, de même pour un Italien, un Portuguais ou un Malgache. A partir de ce constat deux dossiers doivent être relancés impérativement : la naturalisation facilitée et le droit de vote et d’éligibilité en matière cantonale pour les étrangers établis.

Cela est d’autant plus important que notre terre genevoise est par essence une terre d’immigration, on pourrait même dire que c’est son identité première, probablement tirée de notre situation géographique entre Jura et Alpes, Léman et Rhône, Suisse et France, Nord et Sud… Durant toute son histoire, Genève n’a cessé de connaître des couches successives d’immigrants, qui l’ont faite telle qu’elle est et qui continuent de la façonner.

Cela a commencé avec les marchands et banquiers français et italiens, dès le XIVe siècle. Puis quand Calvin, immigré français, a proclamé la Rome protestante, Genève s’est défini non pas d’abord ethniquement mais confessionnellement, ouvrant grandes ses portes au Refuge. Et au début du XXe siècle, on compte un grand nombre d’étrangers, bien plus que dans le reste de la Suisse, travailleurs mais aussi étudiants, littéraires, scientifiques. Puis dans les années 60 ce fut la construction des banlieues, amenant deux types d’habitants, les Confédérés et les travailleurs italiens, portugais et espagnols.

Dans les années 80 l’immigration provint essentiellement des Balkans, les pays méditerranéens se développant. On oublie généralement que pour l’essentiel les Kossovars sont venus ici avant la guerre qui a ravagé la région. La vocation internationale, enfin, est présente avec une population anglophone, germanophone et arabophone. Au côté multilingue s’ajoute un côté multireligieux, et les débats qui animent les religions nous concernent de près. C’est donc par l’effort de tous, Suisses et étrangers, personnes d’ici et d’aileurs, que la réalité sociale se construit ou se défait chaque jour.

L’intégration, c’est donc garder sa culture, et y ajouter la culture du lieu de vie actuel, s’y inscrire et s’y adapter tout en la faisant évoluer. C’est un effort des deux côtés. Mais bien sûr il appartient aux pouvoirs publics de le favoriser. L’intégration, très concrètement, c’est :
• Etre informé
• Pouvoir partager un espace de vie de qualité, avoir des immeubles et des espaces extérieurs bien entretenus : le rejet de l’autre est souvent un corollaire d’un environnement qui n’incite pas au respect
• Bénéficier d’une offre culturelle, sportive, associative permettant de faire des rencontres, de prendre sa place
• Assurer un partenariat pour la sécurité, la propreté
• Organiser l’accueil activement, faire connaître langue, culture, histoire du lieu d’accueil
• Donner l’occasion de fêtes de quartier et de voisinage…
Finalement, être intégré, c’est se sentir bien et partie prenante là où on vit. Reste un souci: en Suisse, au plus haut niveau du gouvernement, le dossier de l’intégration a été confié à un ministre qui est opposé à l’intégration. C’est un peu comme si on faisait faire des économies d’énergie à un vendeur de pétrole… Il est temps que cette absurdité cesse. Le Parlement en trouvera-t-il le courage, et les Genevois comprendront-ils que leur identité est par nature trahie par ceux qui veulent proclamer une Suisse uniforme et inconsciente de sa propre nature, coupée de son passé comme de son avenir ?



René LONGET

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23/09/2007

A table

A table !


Tous les jours nous mangeons. Quoi de plus banal ? Ce que nous oublions souvent c’est que par nos choix nous agissons directement sur notre santé. On parle de plus en plus de l’obésité chez les jeunes, et une bonne partie des adultes sont aussi concernés. Dans le monde il y a aujourd’hui plus de personnes en surpoids (1 milliard) que de personnes qui ne mangent pas à leur faim (850 milions) ! Et avec les impacts sur les coûts de la santé de cette surcharge, on pourrait nourrir tous ceux qui ont faim !! Quel monde aberrant

On ne peut qu’applaudir les efforts d’information de nos diététiciens pour rappeler les principes de la bonne alimentation. Ce samedi, à Lancy, sur l’esplanade qui aurait dû recevoir la maison de la danse et qui ma foi plutôt recouverte d’un gazon rabougri, on pouvait rencontrer les diététiciennes de la Fourchette verte ou de la Direction de la santé rappeler que nous mangions trop salé, trop sucré, trop de viande, trop en général,trop gras… Plus de fruits et de légumes, voici la direction à prendre. Et vive la Fourchette verte !

Puis ce dimanche je me suis rendu à Grandson, pour un moment capitale romande du Goût. Ici, c’est le retour des produits du terroir, les saveurs des fruits et légumes de nos régions, qui ont failli disparaître. Il y avait plus de 1000 sortes de pommes en Suisse, des centaines de sortes de poires, cerises, des fruits un peu oubliés comme les coings, les mirabelles, les nèfles, tout cela sauvé par l’engagement des passionnés de Pro Specie Rara ou des militants des AOC. Vive la proximité, gage d’authenticité et de diversité, qui a failli être mangée par la golden insipide, incolore, inodore et le fameux veau aux hormones. Mais le gruyère de l’Etivaz et le jambon à l’os s’ils triomphent à l’aune des saveurs du terroir ont leur pesant de gras.

Enfin, parlons du bio. Depuis 30 ans les paysans ont divisé leur charge en phosphates par deux, la pression des pesticides a diminué, quoi que… nous sommes plus sévères pour les fabriques d’animaux que d’autres et le bio atteint presque 10% de la surface agricole utile alors que la culture intégrée est quasi le standard. Le bio nous assure qu’il n’y a aucun processus artificiel entre la fertilité naturelle du sol, la façon qu’a le végétal de prendre forme et le résultat dans notre assiette, et nous rappelle que la nature n’a pas eu besoin de nous pour exister ! Oui le bio ça marche et nous donne une assurance de qualité. Mais cela n’empêche qu’on peut voir dans les rayons de la farine bio du Canada ou des pommes bio de l’autre bout du monde, pesant de tout leur poids énergétique. Aberrant, oui.

Alors que faire pour bien faire ? En fait ce n’est pas compliqué, Il suffit de se rappeler de trois mots, SANTE, PROXIMITE, PROCHE DE LA NATURE  et de les conjuguer à l’unisson, et cela nous donne le tout, la COHERENCE .

Bon appetit et santé, la santé de la Terre et notre santé vont de pair.

René LONGET

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