24/10/2007

Nouvelle constitution – 3 ans pour réussir !

Genève est avec le Valais le dernier canton qui n’ait pas encore, ces 30-40 dernières années, révisé totalement sa constitution. Ces constitutions dataient de l’époque de la fondation de la Confédération suisse, après le Sonderbund, en 1848. Autant dire que leur message, leur clarté, leur façon de définir le rôle des uns et des autres, y compris de l’Etat, dans une collectivité laissait à désirer. Refonder les règles de base de la vie commune sur un territoire, quoi de plus stimulant ?


Enfin d’accord, les députés ont voté en mai le principe de la constituante, et le vote populaire est fixé au 24 février 2008. Ayant pratiqué les divers niveaux de l’Etat, cantonal, communal et fédéral, l’exécutif comme le législatif, intéressé depuis toujours à la définition des grands (et petits) équilibres, je soutiens fermement ce projet et entends m’y impliquer à ma façon. Maire de la Ville d’Onex, je présente dans cette contribution plus spécialement des pistes pour clarifier le rôle des divers niveaux de l’Etat. Et en préambule, je me prononce pour deux exigences de base :


- 1) La constituante qui sera élue fin 2008 doit déposer rapidement, et je propose trois ans, son projet
 2) Elle doit se donner les moyens d’animer le débat public et de recueillir le fruit d’un processus participatif.


Préalable, briser les tabous. Les communes ne sont pas données par principe. Elles peuvent disparaître, en tous cas doivent changer, devront fusionner, se regrouper drastiquement. Il faut clairement se poser la question : si on faisait table rase de l’existant, les garderait-on? Il faudrait certainement un niveau de compétence décentralisé, un pouvoir de proximité. Mais sur des bases claires, pas comme maintenant, où certaines choses ne se discutent pas alors qu’il pourrait y avoir concertation, et que d’autres sont totalement à bien plaire (culture, sport, petite enfance, aide au développement...). Ceci sur fond de péréquation elle aussi à bien plaire ! Et avec souvent plus de dévouement que de réelle professionnalité.
Alors quel paysage communal pour la Genève de 2012 ?


Commençons par le nombre des communes. Laissons la Ville de Genève être ce qu’elle est, elle fonctionne bien, que qu’on en dise. Il faut ensuite distinguer trois types de communes : les suburbaines, celles périphérique, celles de la région. Pour les communes suburbaines, des coopérations plus étroites sont indispensables, en attendant les fusions formelles à venir. Pour les communes périphériques, celles-ci s’imposent d’emblée: une commune du Mandement, une de la Champagne, une sur Rive-Droite-Lac ; d’ailleurs des regroupements existent déjà. Et pour la région, le projet d’agglomération devrait déboucher sur de nouvelles formes de prise de décision.


Concernant l’organisation ensuite, s’agissant des conseils municipaux, une relation plus directe avec la population, intérêt principal d’un pouvoir de proximité, doit provenir de processus participatifs : systématiser les réunions de quartier, des boîtes à suggestions… S’agissant des exécutifs, dans les petites communes, il faudrait un maire rémunéré à temps partiel, et dans les communes suburbaines aller vers le plein temps. L’idée du syndic à la vaudoise est à retenir car elle offre capacité d’action et d’identification.


Enfin, au fil des ans, des tâches ont été attribuées aux communes et il convient d’en redéfinir l’exercice, qui ne peut se passer de coordination ni verticale (avec l’Etat) ni horizontale (entre communes) :


Si pour l’action sociale communautaire, la loi définit bien la répartition des rôles, la promotion de la santé (par exemple les questions de mobilité, d’alimentation, d’habitat sains) nécessite une bonne interaction avec la Direction cantonale de la santé. Pour ce qui concerne l’aide au développement, les communes ont besoin de systématiser le recours à l’expertise de la Fédération Genevoise de Coopération et par là. de la DDC et du canton.
S’agissant d’’intégration, si c’est bien à la commune d’assumer la fonction d’accueil et de stimulant du lien social, un appui de l’Etat doit aider à mieux cibler l’action, d’unifier les approches, de faire des économies d’échelle. De même, les engagements pour le développement durable, le recyclage, une politique responsable de l’énergie ont besoin de l’appui des services cantonaux.


Prestation de proximité par excellence, l’état civil ; il s’agit d’éviter une centralisation exagérée des offices qui anonymiserait la relation au citoyen. En matière de sécurité, on développera la présence policière de terrain en revalorisant le rôle des agents municipaux aux côtés de la gendarmerie. Pour la petite enfance et le parascolaire, il importe de préciser les devoirs des communes afin d’éviter les disparités dans l’offre. Enfin, l’offre sportive et culturelle appelle une coordination intercommunale forte. Les compagnies de pompiers devraient être régionalisées.


Dans des domaines comme a fiscalité, la circulation et l’urbanisme les compétences doivent être redéfinies : il faut davantage de transparence dans la gestion de la fiscalité communale par le canton et inscrire dans la loi la péréquation financière intercommunale. Pour la circulation, il est temps d’alléger les procédures de l’OCM et de déléguer des compétences aux communes, comme cela a été fait pour l’affichage public.


En matière d’’urbanisme, des normes en matière d’affectations doivent permettre d’atteindre une meilleure mixité sur tout le territoire, expression d’une plus grande égalité des territoires. De manière globale, les communes doivent être gérées de façon moderne, transparente, sans ostentation ni prétention mais avec efficience et au service de la population, afin que la plus-value de la relation directe avec l’habitant soit bien présente et perceptible.


Voilà donc quelques mesures permettant de rendre plus logique, cohérente et convaincante l’action tant de l Etat que des communes sur le terrain local, qui est, toujours, le lieu où pour la population les choses se passent et prennent un tour concret. Et voilà ce pour quoi je souhaite m’engager. Bien sûr la révision de la Constitution comprend bien d’autres facettes, tout aussi passionnantes. Alors, que le débat commence !

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22/10/2007

L’avenir de la justice sociale passe par un PS fort

René LONGET
Maire de la Ville d’Onex


Résultat paradoxal aux élections nationales pour les socialistes genevois. Election magnifique de Liliane Maury Pasquier, digne héritière de Christiane Brunner. Maintien des trois sièges au conseil national, brillante réélection des sortants et entrée d’un nouvel élu, Jean-Charles Rielle. Mais le PS n’est pas pour autant à la fête. Il perd près de 6 points, quasiment un électeur sur quatre le boude.


Cette perte est-elle due à un contexte local ? C’est possible. Mais la chute du PS est grave au niveau national. Perdre près d’un cinquième des sièges au Parlement c’est beaucoup. Là aussi il y a des causes internes. Mais en France, en Allemagne on note de même une passe difficile pour les socialistes.

Il y a décidément un phénomène plus large. Le message des PS s’est brouillé. Il comporte encore des relents anti-économie de marché qui fait se méfier de lui tous ceux qui gagnent leur vie sur un marché. Et à l’inverse il véhicule des aspects gauche caviar qui tout en la dénonçant verbalement s’accommode en réalité trop facilement des effets pervers de la mondialisation, faisant se méfier tous les perdants d’une concurrence trop souvent déloyale. Les camarades à hauts revenus font fuir les working poor, 10% des salariés en Suisse, pays de plus en plus à deux vitesses. Avec tout cela, pas de leader charismatique, pas d’image simple qui permette de transmettre un message devenu polymorphe.

En Suisse, ce contexte se traduit par un double transfert des électeurs, vers les verts et vers l’UDC. Les verts sont largement à l’unisson du PS, avec moins de complications et de complexes, sont identifiés à une lutte urgente et indispensable : conformer notre rythme de développement aux capacités de la Planète, et savoir partager avec les autres habitants de celle-ci, y compris les générations futures. Tout socialiste y reconnaîtra l’incarnation de la mission historique de la social-démocratie qui est de cadrer la dynamique économique en fonction de l’intérêt général. Il serait judicieux que les cousins verts et socialistes progressent ensemble, et non par des transfert mutuels d’électeurs.

A l’autre bout du spectre, l’UDC. Déjà sa dénomination est une tromperie, ni union, ni démocratique et surtout pas du centre !! Par contre un leader charismatique, unique, une identification abusive mais efficace à la Suisse. Alors que Blocher est un industriel mondialisé, méprisant, pronucléaire, pro-voiture, de la droite la plus convenue qui soit, qui de plus abuse de sa situation de conseiller fédéral pour faire tous les jours de la propagande partisane. Qu’a-t-il fait pour les petites gens, pour leur revenu, leur sécurité ?? A PART DES MOTS RIEN. Qu’a-t-il fait pour l’identité suisse, sinon la miner ? La Suisse est depuis des siècles un Etat multiculturel, qui doit sa survie à sa bonne intelligence avec ses voisins étrangers. Au cours de l’histoire des dizaines de milliers de Suisses ont dû s’exiler, trouver du travail au large. Il a bien fallu que quelqu’un les accueille,leur donne une chance…

Pour moi la question est largement une question de communication. La politique du PS est une politique du centre-gauche, forte, proche des gens, incarnant des valeurs. Mais qui manque d’identification, de résonance dans la population. C’est cela qu’il faut maintenant construire, un message clair, une présence forte autour de valeurs claires : égalité des chances, sécurité, éducation pour tous, lutte contre les injustices à l’embauche, au travail, à la retraite, défense concrète des personnes en difficulté, mise sur pied d’assurances sociales équitables et économiquement stables. Notamment en matière de santé. Suppression de la déduction de coordination, scandaleuse discrimination du travail à temps partiel et des petits salaires - bref une action de tous les instants montrant à toutes et à tous que le SOCIAL a besoin des SOCIALISTES. Normalement un parti socialiste devrait faire non pas 19% des voix mais au moins un bon tiers. Voilà un bel objectif pour les socialistes de l’Europe occidentale.

En 1969 les socialistes français avaient touché le fond, faisant 5% à la présidentielle avec le malheureux Gaston Deferre. Mitterrand sut créer la mixture qui a été le pôle gagnant et dynamisant pour toute une génération, par une synthèse originale entre approches culturelles, éthiques, sociales complémentaires. Dans le même temps, Willy Brandt a su incarner le renouveau allemand sur des bases morales cruellement nécessaires. Tout se passe comme si le souffle de cette génération s’étant épuisé, la gauche attend à nouveau celui qui va fédérer et incarner le renouveau et la réponse nécessaire aux dérives de notre temps, par l’acte et par la parole.

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