18/11/2007

Le monde à l'épreuve du changement climatique

Le froid précoce de cette fin d'automne 2007 nous montre clairement la différence entre météo et climat. La météo c’est ce que nous vivons au quotidien alors que le climat est le contexte plus global. Autrement dit, la météo peut être rassurante et les perspectives climatiques non, et vice-versa!
Nous pouvons noter que les scénarios se resserrent autour de probabilités de moins en moins  contestables. Ce samedi le Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat institué par l’OMM et les Nations Unies a publié ses constatations, de moins en moins incertaines et de plus en plus concrètes. Tout cela en vue de la conférence des parties de la convention sur le climat de Bali de ce mois de décembre. C'est en effet lors de cette rencontre que l'on devra mettre sur les rails Kyoto II.
Rappelons tout d'abord que la convention sur le climat des Nations unies est entrée en force en 1994, et que même d’aucuns font semblant de découvrir le thème, ce dernier est dans les agendas scientifiques et internationaux depuis maintenant 20 ans ! Cette convention, ratifiée également par les Etats-Unis, on l’oublie volontiers, affirme l'obligation pour chaque Etat partie de ramener ses émissions de gaz à effet de serre à un niveau supportable pour les équilibres économiques et écologiques. A ce sujet, plus aucun doute sur la convergence entre dommages écologiques et économiques n'est permis. Il suffit de penser aux coûts des dommages que va infliger le changement économique aux économies, notamment des pays qui sont les moins responsables dudit changement.
L'apport du Protocole de Kyoto, entré finalement en vigueur en 2005, est l'engagement pris par les pays industrialisés parties (et là les Etats-Unis de Bush ont refusé de poursuivre dans la voie du protocole négocié par un certain Al Gore!), de réaliser de premiers objectifs de réduction. Les effets de ce protocole sont tout relatifs, néanmoins il a fini par imposer le débat sur des cibles de réduction. Et pour le moyen terme, peu à peu une réduction d’émissions d’un facteur 3 ou 4 a été articulée par des chercheurs et reprise par divers gouvernements, à atteindre d’ici 2050.
Kyoto II doit maintenant impliquer les pays émergents, et sur ce point on ne peut pas rejeter la position américaine. Il serait en effet aberrant et irresponsable que les réductions obtenues dans le Nord soient annulées par la généralisation planétaire de nos erreurs techniques et de comportement. En effet, si chaque habitant de la Terre voulait gaspiller comme l'Américain moyen, il faudrait 6 planètes! Ainsi, Kyoto II doit baliser la voie vers cette société à 2000 Watts qui représente à la fois notre consommation des années 60 et la consommation moyenne mondiale actuelle.
Le projet Novatlantis développé par les EPF démontre la faisabilité de cet objectif, et illustre bien le lien entre mobilité, énergie et gestion du territoire. C'est en effet la répartition des fonctions sur ce dernier, le lien entre urbanisation et desserte en transports publics, la densification qualitative et la réhabilitation des univers suburbains (immeubles en barres, quartiers formatés pour l'automobile, ensembles pavillonnaires) qui détermineront la possibilité d'aller de l'avant.
En rester à une optimisation prudente des performances des objets (de l'ordinateur à la voiture en passant par l'habitat) se révèle un travail de Sysiphe, tant qu'on n'aura pas mis en œuvre une approche qui joue sur tous les facteurs simultanément et non séparément, et qui permette d'éviter cet « effet de rebond » qui engloutit les bénéfices obtenus au fur et à mesure. En effet, les véhicules consomment moins et émettent moins de rejets; mais on roule beaucoup plus et il y a beaucoup plus de véhicules! Et si minergie se répand, l’appliquer avant tout aux nouvelles villas disséminées sur le plateau suisse condamne celles-ci au mieux à compenser la dépense énergétique nécessaire pour s'y rendre en voiture!

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11/11/2007

L'UDC le parti qui peut faire éclater la Suisse



René LONGET
Maire de la Ville d’Onex


Jeunes, dynamiques, les idées simples et les dents longues : les nouveaux parlementaires fédéraux de l’UDC ne vont pas tarder à se faire connaître. La Suisse qui gagne élue par la Suisse qui perd…
Comme si l’esprit d’entreprise avait quitté la droite traditionnelle, trop engoncée dans ses liens avec les lobbies et la raison d’Etat. Etrange mixture en effet que cette UDC, qui n’est pour commencer ni une Union, ni démocratique et encore moins du centre…

En y regardant de plus près, c’est un pur produit de la pub, une machination, une tromperie sur la marchandise, bref une habile fabrication.
Qu’on en juge :
-    les électeurs sont des petites gens mais les élus souvent des industriels et des chefs d’entreprise, à l’image de Blocher lui-même, au passage premier conseiller fédéral élu non pas pour s’occuper de son département, qui a l’air de l’ennuyer profondément, mais pour faire de sa fonction une tribune politicienne.
-    Les petites gens sont inquiets pour leur sécurité et espèrent une action préventive et répressive plus forte. Mais l’UDC est d’abord pour moins d’Etat et réduire le budget la préoccupe bien plus que d’engager des policiers ! A ma connaissance l’UDC n’a pas engagé un seul gendarme de plus !
-    L’UDC prétend renforcer l’indépendance du pays. Mais elle s’oppose à toute politique énergétique et est farouchement pronucléaire. Nous rendant ainsi toujours plus dépendant des ressources énergétiques extérieures.
-    Se prétendant parti du peuple, elle est d’une indifférence totale aux assurances sociales, et à toute protection sociale. Ces questions ne l’intéressent pas sinon sous l’angle de la moindre dépense. Je ne lui connais aucune intervention en faveur des working poor, pourtant 10% des salariés ou d’autres catégories en difficultés qui votent pourtant, hélas, pour elle.
-    Son aura conservatrice lui donne un électorat dans les régions périphériques mais ce ne sont pas les élus UDC qui vont se battre pour garder le bureau de poste ou subventionner la sylviculture locale ou encore pour la péréquation fiscale.

On pourrait multiplier les exemples, et partout c’est la même recette : une politique de moins d’Etat, de désolidarisation et de libéralisation à outrance habillée d’un nationalisme et d’une fierté d’être suisse de façade. De plus, avec ses méthodes : discours réducteur et souvent mensonger, refus du caractère multiculturel du pays et lecture caricaturale de notre histoire nationale, refus de la recherche de consensus politique, ciment du pays, elle introduit des pratiques de rouleau compresseur tout à fait inhabituelles, plus proche de celles d’un groupement extrémiste que d’un parti à vocation gouvernementale, dans notre vie politique. La détestation de l’Europe s’explique alors mieux : il faut empêcher à tout prix que cet espace de régulation ne réintroduise les cadrages écologiques et sociaux que l’UDC veut faire sauter.

En un mot comme en cent : le ver est dans le fruit, ce parti, par son dessein et ses méthodes, peut faire déraper gravement le pays. Sous prétexte de revalorisation de la Suisse c’est en fait une anti-Suisse qui se dessine là. Ce n’est pas d’abord sur la xénophobie qu’il faut attaquer l’UDC mais sur le fait que de tout son être elle est aux antipodes de ce qui fait la Suisse : tolérance, engagement, cœur, réflexion, application, travail bien fait, accueil, environnement de qualité, intelligence, force de négociation, disponibilité internationale. C’est bien aussi là la liste de ce que l’UDC n’est pas....

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