17/02/2008

Développement urbain: tirer les leçons du passé




Peu à peu un nouveau consensus se fait jour sur le développement de Genève. D’une part au niveau de la vision spatiale. Depuis quelques années, contrairement aux décennies précédentes, plus personne n’ose penser Genève sans penser région. Progrès important : les acteurs acceptent de prendre en compte les responsabilités et les conséquences de leurs décisions sur l’espace commun. D’autre par,t contrairement là aussi aux décennies précédentes, le développement est accepté dans son principe et Genève se réconcilie avec son destin de centre assumé d’une région en construction.

A travers des démarches comme le projet d’agglomération, des pôles de développement s’esquissent côté Ouest et Sud. Des critères doivent maintenant être posés. J’en rappelle quelques-uns qui sont à mon sens des exigences pour une vraie urbanisation qui donne du sens et non pas une juxtaposition de projets qui finiront par remplir le territoire mais qui ne forment aucunement une trame cohérente.

- L’avenir de la zone agricole ne doit pas être discuté que sous l’angle d’une réserve de terrains à bâtir, mais en fonction du type d’approvisionnement que nous voulons. Le canton a mis en place une e promotion de l’agriculture de proximité pour notamment des raisons de bilan énergétique (lié aux transports) et il faut maintenant définir quel est le besoin objectif en terrain dans toute la région pour assurer cette politique. Je considère normal qu’une agglomération soit d’abord alimentée par des produits de proximité !
- La biodiversité que des accords internationaux nous imposent de préserver ne se garantit pas que par la délimitation de réserves naturelles et de zones protégées mais doit être promue sur tout le territoire. A travers des mesures adaptées à chaque zone (principes de gestion) il s’agit, là aussi en fonction de considérations objectives, d’assurer de l’espace aux espèces (il n’y a pas que l’espèce humaine sur terre !).
- En matière de transports, le programme de (re) mise en place sur les grands axes d’une desserte tram et ferroviaire va encore prendre une décennie avant de pouvoir réellement prendre en charge les flux de pendulaires ; il doit absolument être complété de parkings d’échange, de modérations du trafic et d’itinéraires pour la mobilité douce en plus grand nombre.
- Enfin la crise du logement exige d’intensifier la mise à disposition d’appartements pour toutes les catégories sociales, des LUP à la PPE. Avec le logement va naturellement tout un programme d’équipements : écoles, places de jeu, commerces, espaces de rencontres, etc. qui font que la réponse au besoin de logement ne peut jamais être détachée de l’aménagement urbain dans son ensemble, son agencement et également son impression d’ensemble.
La crise est partout et la réponse ne peut être que la création de nouveaux quartiers et la densification qualitative des espaces existants. A ce titre il est essentiel de ne pas opposer quantité et qualité. Des quartiers tout à fait conviviaux peuvent exister dans des zones très denses, et l’univers pavillonnaire et certains espaces de nos banlieues hérissés des tours et des barres des années 60 et 70 montrent qu’une densité moindre ne garantit aucunement la qualité du tout.

Il faut donc urbaniser. Mais de grâce tirons les leçons des erreurs et des zones (immeubles ou villas) faites de juxtapositions incohérentes et en répondant aux autres exigences de notre temps. A cet égard, les critères actuellement discutés et promus autour de la notion d’écoquartier me semblent particulièrement pertinents: minimisation de l’empreinte écologique par l’agencement des constructions, de la mobilité et du chauffage (énergie, eau), promotion de la biodiversité et des matériaux sains, d’une alimentation de proximité et minimisation aussi des déchets. Une grande attention est accordée à la mixité, à l’animation et à la prise en charge par les habitants, aux espaces publics, aux lieux de réunion et à la convivialité.

Une bonne partie de la réponse aux défis du logement, des transports, de la mobilité et de la qualité de l’espace se trouve dans ces orientations. C’est elles qu’il faut favoriser et promouvoir. La ville de demain sera une écoville, les nouveaux quartiers et les quartiers existants conçus selon les critères des écoquartiers. En fait ces critères ne font qu’actualiser ce que les paysagistes et urbanistes du début du 20e siècle avaient imaginé sous forme de cité-jardin, de cités ouvrières et coopératives etc. Cessons la ghettoïsation sociale du territoire, ghettos de riches ici, ghettos de pauvres là et admettons que ce sont précisément les moins bien lotis qui ont le plus besoin de cohérence urbaine. C’est leur faire injure que de limiter notre intervention à une pure réponse quantitative à la crise du logement.

11:17 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

Commentaires

Donc, il faut cesser d'exporter notre crise du logement, mais il faut construire des logements en rapport avec le niveau de vie des Genevois. C'est-à-dire qu'un couple avec enfants de a classe moyenne supérieure ne VEUT PAS habiter dans une 4 pièces dans un immeuble, mais aimerait une petite villa avec jardin et la niche pour le chien. Cela semble peu si on compare aux salaires. Il est en effet inadmissible qu'un couple gagnant plus de 100.000.- annuels ne puisse acquérrir une villa. Donc il faut, absolument, construire dans la campagne genevoise et déclasser les terrains. Dans le cas contraire, je ne comprends pas que les communes rurales pèstent conre le trafic frontaloier, car, ce sont ces communes qui créent cet état de fait. Si l'on construisait plus de villas, dans le canton, et si elles étaient d'un prix abordables, il n'y aurait pas tant de trafic traversant les communes. Quand l'on pense que des villas contigues (hideuses) avec vue sur la cheminée de Cheneviers (bonjours la pollution) sont à vendre à 1.200.000 c'est tout simplement SCANDALEUX !

Écrit par : genevois frontalier | 19/02/2008

Les commentaires sont fermés.