02/03/2008

Europe: chance et non menace

L’Europe a mauvaise presse, il est devenu de bon ton de dénigrer la construction européenne, de l’assimiler à un ensemble technocratique sans âme et sans but autre que la maximisation des affaires. Peu à peu l’opinion se laisse intoxiquer par ces poncifs et oublie que l’Europe est un grand enjeu politique, peut-être le plus important de ces 50 dernières années. Et en Suisse autant il était à la mode d’être proeuropéen dans les années 1990 autant cette option paraît aujourd’hui ringarde et dépassée. On admet communément que notre rôle de spectateurs passifs nous convient et que nous avons raison d’être le Monaco ou le Liechtenstein d’une l’Europe qui essaie de gérer son processus de rapprochement sous nos yeux et devant notre porte.

Cette attitude ne me paraît pas digne du projet politique qu’est notre pays. Car la Suisse, exactement comme l’Europe, n’est pas née d’une entité ethnique préexistante mais d’une volonté politique, celle de vivre ensemble et d’assumer son destin ensemble.

En effet, il faut rappeler en Suisse et aux Suisses certaines vérités de base, peut-être pas bonnes à dire :
•    Qu’il y a similitude étroite, voire identité entre le processus qui a permis à la Suisse moderne d’émerger à partir de territoires dispersés et disparates, et la construction laborieuse et lente de l’Europe.
•    Qu’il est vital qu’il existe des espaces de régulation face aux seules lois du marché et qu’une Europe limitée à un espace économique est une parodie d’Europe.
•    Que l’Europe doit être une Europe forte, agissante, solidaire à l’interne comme à l’extérieur, démocratique et décentralisée, telle que les grands penseurs européens du 20e siècle l’ont décrite, à savoir un dépassement des Etats-nations.

L’Europe doit clairement se référer à cette idée pluriculturelle de cohabitation des différences, et d’ailleurs n’oublions pas que les Etats-nations sont les premiers à nier leurs propres minorités culturelles et nationales. D’ailleurs plus l’Europe se construit, plus ses Etats membres se décentralisent (exemple de l’Espagne, de la France et même de la Grande-Bretagne).

Un tel message fait appel à la nature profonde de la Suisse, et  contre fondamentalement l’usurpation de patriotisme que propage fallacieusement une UDC car la vraie identité de la Suisse est la suivante :
•    Au cœur de l’Europe nous sommes composés de trois peuples d’Europe,
•    Nous formons une mini-Europe au cœur de l’Europe,
•    Nous tirons notre prospérité de la bonne entente avec l’extérieur et notre cohésion d’une pluriculturalité séculaire.
C’est ainsi parce que nous nous sentons pleinement Suisses et conscients de ce qu’est notre histoire suisse que nous aspirons à être pleinement européens.

En stérilisant la dynamique de notre histoire, en fossilisant le projet politique suisse, l’UDC vise une stratégie très claire, qui consiste à éviter que l’Etat se reconstruise à la dimension où il est aujourd’hui pertinent : pas au niveau des Etats actuels mais à celui des continents. C’est là qu’il doit être fort, si l’on veut tant soit peu cadrer le pouvoir économique qui se joue de nos petits Etats actuels. En gardant l’Etat bien enfermé dans ses limites géographiques, en se servant d’une caricature de patriotisme le parti de Blocher sert un seul objectif : réduire l’Etat lui aussi au rôle de caricature et à l’impuissance. C’est trahir et la Suisse et le projet européen, c’est dissoudre le politique dans le marché. Exactement le contraire de ce qu’il nous faut!

17:53 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (17) | |  Facebook

Commentaires

L' UE finiras bien comme l'URSS.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 02/03/2008

Il est intéressant de constater que depuis l'accession des pays de l'Est dans l'UE, la commission européenne est devenue le Soviet suprême. En effet, les nouveaux commissionnaires de l'Est sont tous communistes. En plus, par manque de démocratie directe, ils sont redevables de leurs faits et gestes auprès de leur exécutif respectif, qui sont eux aussi restés communiste. Il suffit pour s'en convaincre de voir les tiraillements des anciens pays de l'Est de l'Allemagne communiste dans le gouvernement CSU de la chancelière Merkel.

Ce qui différencie fortement l'Europe de la Suisse, c'est le processus de démocratie directe existante en Suisse et pas en Europe, et cela le commentateur semble l'avoir oublié.

Il ne faut jamais oublié que l'Europe reste bureaucratique, gaspilleuse de ressource et peu regardante du citoyen, elle étouffe et finira par se dissoudre. En outre, le marché en Europe est devenu tellement socialisée que les chefs d'entreprise se bousculent au portillon de l'Asie, grand chantre du marché.

L'Europe est en déclin et la Suisse avec l'affaire des fonds du Lichstenstein indique encore qu'il ne fallait pas y rentrer, car l'Allemagne débarrassée de la peste brune reprend sa place de grande dictature en Europe. M. Blocher avait raison. Il fallait s'en tenir à l'écart.

Écrit par : TM | 03/03/2008

Je crois surtout mon bon monsieur Longet que nous sommes intoxiqués TOUS LS MATINS PAR 50'000 bagnoles de frontaliers! Ca c'est de la vraie intox!!!!

Le PSG et les Verts n'apportent, comme réponse à ce réel problème, que des taxes et des interdits!

Côté poncifs je crois que vous êtes plus le maître que l'élève!

Mais la gauche genevoise ne pense qu'en terme de planques pour ses copains (Brunier, Deneys & Co) et pognons ordurier (Naples, mafia & Co)

D'ailleurs l bonne vile d'Onex qui souffre de ce gouvernance à gauche caviar est bien placée pour le savoir. Aucune industrie significative pour apporter de l'argent et des HLM qui plombent vos résultats à cause d'une politique débile!

De grâce Monsieur Longet, pas de leçon de vous. COntentez-vous de nettoyez le poulailler socialiste qui regorge de coq et ne produit plus d'oeufs d'or depuis longtemps!

Écrit par : Yvan Favre | 03/03/2008

Yvan,

Vous avez pensé aux 26000 genevois qui ont dû devenir frontaliers à cause de l'ineptie des autorités genevoises ! et bien sachez que nous suisses de France vous pollueront toujours plus, tant que les communes ne déclasseront pas leurs terrains ! tenez-le vouspour dit ! Espèce de nantis, qui dénigrez les vrais genevois de la classe moyenne supérieure !

Écrit par : Genevois frontalier | 03/03/2008

J'ai lu avec intérêt votre blog, bien sûr que la Suisse tire profit de ses bons accords avec les pays de l'UE, que la Suisse à un taux de chômage peu élevé, que son économie se porte bien mais cela c'est surtout grâce à la clairvoyance de ses dirigeants, des investissements fait aux bons moments en laissant aux "autres" les secteurs dans lesquels la Suisse n'était pas compétitive, etc... il y a de mutiples exemples qui démontrent que votre pays est l'exemple à suivre, vous parlez de décentralisation des pays membres de l'UE vous oubliez que nous appliquons ce que la Suisse fait depuis des lustres (principe de subsidiarité cher à Bruxelles), de même lorsque la france était hors UE tout allait bien mieux et supportait la comparaison avec votre pays. Aujourd'hui je me sens bien mieux lorsque je viens passer du temps en Suisse que dans mon propre pays.

Écrit par : aveyron | 03/03/2008

Pourquoi donc vouloir renter dans l'Europe? Serait-ce pour voir notre pouvoir d'achat diminuer sous l'effet de l'Euro? Perdre nos droits politiques? Voir nos impôt partir en Pologne, Roumanie ou peut-être la Turquie? Je pense surtout que certains politiciens rêvent de pouvoir participer à la cacophonie européenne...

Écrit par : Riro | 03/03/2008

Monsieur Longet,

J'aime beaucoup vos avis nuancés et vos propos tout en intelligence, mais permettez-moi de diverger sur l'Europe.
J'ai malheureusement voté oui au bilatérales, en pensant que les garanties seraient suffisantes pour les salariés, mais j'ai lu il y a quelques mois que ces accords avec l'Europe avaient permis d'affaiblir les syndicats. C'est le Crédit Suisse qui l'indique dans une analyse en se félicitant de ces bilatérales qui ont affaibli la force syndicale et donc les salariés. Depuis, j'ai l'impression d'être un cocu de l'Europe et d'avoir été bien eu.
Monsieur Longet, n'est-il pas temps de réagir et d'arrêter de rêver mais de défendre enfin les personnes les moins favorisées qui ont de plus en plus de peine d'exister en Suisse? Nous devons arrêter de croire naïvement en l'Europe et ouvrir les yeux.

Écrit par : les cocus de l'Europe | 04/03/2008

L'Europe ! Un conglomérat de pays en faillites ! Et Longet veut nous faire entrer dans cette pétaudière ! Faut bien être socialo pour pondre une telle connerie !

Écrit par : Octave Vairgebel | 05/03/2008

Avant les bilatérales, 5,9 % de chômage en Suisse et 2,5 depuis les bilatérales. La Suisse étant en dehors de l'Europe et passée du 2ème rang en 2002 au 8ème rang 2007 en pouvoir d'achat alors que des pays comme l'Irlande ont beaucoup progressé. De toute façon UE ou pas, le pétrole est cher pour tout le monde et certainement encore plus cher pour les pays à monnaie faible. Les incrédules qui ont dit que la monnaie européenne n'existerait jamais s'en mordent les doigts, car les seuls investissents qui rapportent encore quelque chose sont en euros et pas en francs suisses.... demandez à ceux qui ont placé en francs suisses à l'UBS ?

Écrit par : statistique | 05/03/2008

J'oubliai, avant les bilatérales croissance ZERO ! aujourd'hui 3% !

Écrit par : statistique | 05/03/2008

Il faut reconnaître qu’avec l’adhésion à l’UE on pourrait d’un seul coup museler les droits populaires les plus gênants, ce qui ferait devenir réalité un vieux rêve de la classe politique.

Je considère les gens qui veulent l’adhésion de Suisse à l’UE des « isolationnistes qui s’ignorent ». Ils veulent enfermer la Suisse dans un système anti-démocratique mais technocratique. Du coup ils isoleraient la Suisse du reste du monde en l’empêchant de négocier des accords économiques et politiques avec des pays tiers.

Les pays membres actuels n’avaient rien à perdre en droits politiques puisque leurs seuls droits se limitent à élire les meilleures « comédiens et comédiennes politiques » sans jamais pouvoir se prononcer sur des objets d’une manière démocratique. Si l’on prend la France comme exemple, l’expression démocratique se manifeste sous forme de grève, lancer de pavés, incendies de voitures et j’en passe. Ce genre d’expression populaire est venu à bout du fameux Contrat de Première Embauche, projet, dit en passant, qui aurait constitué en bol d’oxygène. Mais sans démocratie directe, pas de débat avec le peuple.

Du fait d’un certain immobilisme politique intérieur ces pays avaient énormément à gagner au niveau économique. Je rappel juste l’abolition du contrôle des changes pour l’Italie et la France, un fait qui ne pouvait que venir d’une impulsion extérieure.

En résumé, je considère la construction européenne comme un élément très positif qui a certainement installé la paix parmi ces membres et qui leurs a permis un meilleur développement économique, mais la Suisse, en devenant membre aurait peu à gagner et beaucoup à perdre.

Écrit par : Josef Loetscher | 05/03/2008

Josef,
Laissez-moi rire.. pas plus tard qu'aujourd'hui, le canton d'Argovie a décidé de ne pas naturaliser deux femmes voilées. Résultat, cela a été annulé par le TF. Je vous signale que l'on suit comme des petits roquets tout ce que l'UE décide sans avoir un mot à dire. Et vous verrez, que même sur le secret bancaire, la Suisse devra baisser ses culottes. Et cessez de voire que la France comme pays de l'UE, je vous signale qu'il sont désormais 27. Et des pays comme l'Irlande, la Finlande etc etc...vont très très bien. Le Luxembourg n'est pas mécontent d'être dans l'UE avec son excellent niveau de vie... la Suisse n'est désormais que 8ème !

Écrit par : statistique | 05/03/2008

C'est marrant, statistique, les pays que vous citez sont tout des paradis fiscaux ! L'Europe ? Une immense connerie faite que pour les pays en faillite et qui désirent profiter de ceux qui ont encore quelques moyens et c'est uniquement pour cette raison que certains nous bassinent pour y entrer. La Suisse dans cette saloperie n'existera plus, c'est votre désir ? Le voile refusé est une énorme stupidité, bientôt sur les photos des passeports les femmes arabes auront la burka !!

Écrit par : Octave Vairgebel | 06/03/2008

Comme quoi on peut être dans l'UE et être mieux lotis que ceux qui n'y sont pas. Regardez la Grande-Bretagne, parmi les premiiers pays UE, pas de chomâge, quotas pour les nouveaux membres UE, pas d'Euros, pas de Schengen ! La Suisse non adhérente à l'UE, accords Shchengen, accords bilatéraux avec tous les pays UE. Qui est plus imbriqué dans l'Europe la Suisse ou la Grande Bretagne ?

Écrit par : statistique | 06/03/2008

La Grande-Bretagne, avec ses iles anglo-normandes est aussi un des plus important paradis fiscal. L'UE ferait mieux de balayer devant ses portes que d'emmerder la Suisse

Écrit par : Octave Vairgebel | 06/03/2008

Et oui cher Octave, la Grande-Bretagne a réussi, tout en étant un état membre de l'Union européenne, à avoir le beurre, l'argent du beurre et la crémière !

Écrit par : statistique | 06/03/2008

Statistique ! l'UE la panacée ? regardez plutôt ce site
http://www.dailymotion.com/video/x4flod_ministre-belge-et-flamand-de-surcto_fun.
C'est la preuve de la grande unité européenne !

Écrit par : Octave Vairgebel | 11/03/2008

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