27/04/2008

Développement durable,quoi de neuf?

Le développement durable vise à corriger un certain nombre d’erreurs graves de nos orientations individuelles et collectives. La définition a été mise au point par les Nations Unies en 1987, et depuis le concept et les enjeux se sont précisés à travers de nombreuses conférences internationales aboutissant sur des programmes négociés, comme l’Agenda 21 de Rio en 1992, ou le plan d’action du Sommet mondial du développement durable de 2002.


Peu de notions sont aussi présentes dans le débat actuel que le Développement durable ; peu paraissent à la fois évanescentes et impalpables. Commençons donc par dire qu’il s’agit d’une notion fondamentale et qu’elle n’est ni vague ni à bien plaire.

Pour notre pays aussi, programmes et concepts ont été définis. Tout récemment, le 16 avril, le Conseil fédéral publiait sa Stratégie 2008-2011 pour le développement durable ; c’est la troisième du nom, après celles de 1997 et de 2002.

Le développement durable, un état d’esprit
Le rapport commence par rappeler le contenu du développement durable. Comme il s’agit de faire entrer cette notion dans chacune de nos activités, il est utile de bien en rappeler les significations! Ainsi l’ »équité entre générations et régions du monde», sachant que «Le développement durable requiert que la génération présente ne vive pas aux frais des générations futures». L’essentiel est en effet d’engager un nouveau regard sur les choses, une révision de nos concepts économiques et de nos politiques. Plus personne ne peut nier les dangers d’un développement qui ne prendrait pas en compte la capacité de la nature à produire des ressources et à digérer nos rejets, ou d’une économie qui occulterait les exigences du capital naturel et du capital humain.

Pour corriger ces dérives, le développement durable demande d’intégrer les approches économiques, écologiques et sociales et d’imaginer des solutions viables répondant à chacun de ces secteurs. La question de la cohérence des politiques publiques se pose aussitôt, traduite administrativement en transversalité et scientifiquement en interdisciplinarité. Approches qui font appel à une pensée systémique et pas seulement linéaire.

Les exigences du développement durable
On notera l’exigence de découpler la croissance économique de la consommation de ressources, cette dernière étant excessive par rapport à un développement durable. A cet égard, le rapport admet une certaine interchangeabilité entre capital naturel et capital économique, pour autant que «les limites de capacité de la biosphère soient globalement respectées.» Le principe de précaution, parmi d’autres, est cité parmi les références.

Si le souci de réduire la consommation de ressources naturelles est bien évidemment présent, la réduction de la consommation d’énergie d’un facteur 3 d’ici 2050 qui était postulée dans la stratégie 2002 n’est plus qu’une piste parmi d’autres … Le rapport rappelle toutefois que «le système énergétique actuel repose <…> en grande partie sur des énergies non renouvelables, ce qui pollue, porte préjudice au climat et délègue de nombreux problèmes à nos descendants.» La part des énergies renouvelables en Suisse est effectivement un peu moins de 20%.

La vision du Conseil fédéral est celle «d’une économie fondée sur le savoir, hautement productive et peu gourmande en ressources.» et d’une société pour laquelle «l’Etat doit créer les conditions cadres favorables à l’égalité des chances et à la participation à la vie sociale.» Pour la mise en œuvre de ces orientations, un double partenariat s’impose, entre les trois niveaux de l’Etat que sont la Confédération, les cantons et les communes, et entre ces entités et le secteur privé, lucratif (le monde des entreprises) comme non lucratif (les ONG) : il s’agit de «tirer à la même corde».

Les «défis majeurs»
Pour concrétiser la nécessaire orientation vers un développement durable, le rapport évoque une série de défis majeurs : diminution de la consommation d’énergie, recours accru aux énergies renouvelables, réorientation des modes de production et de consommation, le cas échéant à travers des taxes et des prix afin d’obtenir la vérité des coûts, réduction des atteintes à l’environnement, meilleure intégration sociale, indexation de la croissance des finances publiques sur celle de l’économie afin de ne pas augmenter les charges des générations futures et la quote-part de l’Etat. La politique d’achat et le domaine du bâtiment sont des champs d’action privilégiés

Le rapport dénonce la «compensation de l’écoefficacité par l’augmentation de la consommation» et souligne que le «Conseil fédéral veut que les démarches actuelles de développement durable soient intensifiées ». Bien davantage que les documents précédents, la stratégie voit large, et renvoie aux politiques de l’énergie, du territoire, de la mobilité et du paysage. On évoque la nécessité de mieux utiliser le sol, de maîtriser la croissance des transports - deux sujets où on est loin du compte. Les mesures concernent aussi la biodiversité, un contrôle plus strict des produits chimiques et le défi climatique

La stratégie développe les aspects sociaux, en soulignant la volonté de lutter contre la pauvreté et les inégalités, et pour la cohésion sociale. Culture et formation sont d’autres enjeux majeurs. Enfin, la stratégie comprend la promotion de la santé par le sport, l’activité physique et une alimentation saine, l’enjeu étant à la fois d’améliorer l’état de santé de la population et de freiner l’augmentation des coûts.

Sur le plan des relations extérieures, le Conseil fédéral livre un plaidoyer pour la solidarité internationale et souhaite un «système commercial respectueux de l’environnement et réduisant la pauvreté». Evoquant le caractère lacunaire des nomes sociales et environnementales, il en souhaite le développement.

Quelle action pour le changement ?
Plus vaste que celles qui l’ont précédé, plus explicite sur les principes, la stratégie reste fort discrète en matière de moyens, valeurs cibles et délais. Certes on précise des attributions administratives, détaille forums et autres lieux d’échange. Mais nulle évocation du nerf de la guerre, la finance. Il n’en reste pas moins qu’on ne pourra pas dire «je ne savais pas», la stratégie constitue une bonne plate-forme d’action et une bonne entrée en matière sur le sujet. En attendant que Berne lui accorde la place qui lui revient, à chacun-e de s’y inscrire et de s’en inspirer.

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Commentaires

Monsieur Longet,

Vous nous décrivez ce que le développement durable DEVRAIT être.
Très bien!
Mais vous oubliez de nous dire ce que, malheureusement, il EST aujourd'hui: La "tarte à la crème" tendance ou l'artifice marketing à la mode.
Un "truc" que tous les partis utilisent pour "faire des voix", il y a même des "écolos libéraux"... Un "truc" que toutes les entreprises utilisent pour vendre,vendre et vendre encore... En fait, le contraire du développement durable, pour autant que celui-ci, ne soit pas lui-même qu'une chimère.
La protection de l'environnement, une des facettes de ce développement, une part de cette "tarte à la crème", est en mesure de faire vendre des voitures dites "propres" (sic)!

En fait, "développement" = "croissance"... et vous croyez réellement à une croissance durable ?
Ne devrait-on pas parler de "vie durable" et admettre que pour l'obtenir il faudra, un jour ou l'autre, pas trop tard, parler de décroissance?
Mais pour un politicien, il est maintenant de bon ton de parler de développement durable style "tarte à la crème", mais il est suicidaire de parler de décroissance. Quel dilemne: la Planète ou la réélection ?

Écrit par : Père Siffleur | 28/04/2008

Pourquoi faire simple, quand on peut faire compliqué ?
Pour vous lire, faut-il absolument avoir fait sciences politiques ?
Ne pourriez vous pas descendre de votre piédestal d'intellectuel et pondre un article, ( au moins 1 fois, dans votre vie ! ), compréhensible par tous ???

Comme Christoph Blocher, par exemple ?

Allez monsieur, le maire d'Onex et Président du Parti Socialiste, faites un effort !

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 28/04/2008

Parfaitement d'accord avec Père Siffleur. Je vous invite à lire cette note que j'avais postée il y quelques semaines et qui montre bien que DD ne veut plus dire grand chose aujourd'hui.

Quelqu'un avec une véritable conscience écologique, comme vous, ne peut se satisfaire d'un terme déjà largement galvaudé par une déplorable utilisation marketing.

http://sandrominimo.blog.tdg.ch/archive/2008/04/13/developpement-durable-et-greenwashing.html

Vive la décroissance soutenable!

Écrit par : Sandro Minimo | 28/04/2008

ASPECT SOCIETAL DU « DEVELOPPEMENT DURABLE "

- Place de l’Humain. Le « développent durable » s’appuie sur trois piliers : économique, environnental et sociétal. Car rien n’est faisable sans l’Humain ! Et, c’est dans cette logique, que lorsque les partenaires sociaux sont invités à s’exprimer sur des sujets comme la mixité dans l’entreprise et la place des femmes ou bien la conciliation des temps de vie, ce n’est pas au Ministère du Travail qu’ils se rendent, mais à celui du Développement durable ! Détaillons quelque peu.

- Constat du déséquilibre. A ce jour, persiste toujours un écart de 25% entre le salaire moyen des hommes et celui des femmes… S’il faut être positif, alors soulignons que cela est infiniment mieux que dans les années 60 où cette différence flirtait avec les 50% ! Est-ce pour autant satisfaisant ? Bien évidemment non ! Est lié à cet aspect financier du déséquilibre, la ségrégation pratiquée dans l’attribution de responsabilités : d’une manière plus ou moins consciente, les différents acteurs de la vie professionnelle -tant masculins que féminins, du postulant à un poste au décideur- ont encore tendance à spécialiser le rôle social de l’homme et de la femme au détriment du potentiel de l’individu, quelque soit son sexe. Ce frein à l’égalité génère un « plafond de verre », un « plancher collant » qui empêche les femmes d’accéder en plus grand nombre à des postes de direction : L’exercice du pouvoir reste un apanage masculin… Hommes et femmes ne sont pas en égalité dans l’entreprise : Plusieurs enfants, c’est plutôt favorable à la carrière d’un homme, et défavorable à celle d’une femme. C’est ce qui appelé la « notion de l’escalier inversé ».

- Une explication culturelle. Ne nous voilons pas la face, la phallocratie y est pour beaucoup… En effet, à qui les lois -faites historiquement par les hommes- n’ont-elles régulièrement reconnu qu’une citoyenneté de second rang sinon aux femmes ? Sans s’y étendre, il fallait mentionner ce travers… Cela étant fait, arrêtons nous sur un autre aspect. Dans le cadre d’une société agricole, la répartition des tâches s’effectuait pour beaucoup sur base de la force physique : les hommes aux labours, à la forge, etc., les femmes -qui alors travaillaient toutes- s’occupant des animaux plus petits de la « basse-cour », de la préparation des repas nombreux car en ces temps, les ouvriers agricoles l’étaient également, sans oublier l’entretien des vêtements pourtant appropriés à des travaux difficiles dans les champs. La notion alors très forte d’ « habits du dimanche » illustre, en creux, cette réalité d’une autre époque… Autre époque car la « révolution industrielle » est apparue et avec elle l’exode rural. Mais les mentalités sont restées. Et les femmes se sont retrouvées en ville trop souvent « enfermées dans la cuisine »… Bien sur, elles sont entrées dans ce qui est appelé « le monde du travail », parfois par la force de circonstances dramatiques, comme dans le contexte du premier conflit mondial, mais souvent aussi par une volonté active et positive d’émancipation comme la revendication du droit à l’éducation et du droit de vote pour n’en citer que deux. Aujourd’hui, fort heureusement, plus personne ne taxe de « mauvaise mère » celle qui travaille, ce qui reviendrait à transformer la maternité en piège, et rares sont ceux qui osent encore professer que les femmes devraient rester « à la maison ». Il est admis dans la culture française que les femmes sortent de la sphère du privé. Pourtant, l’écart de salaire indiqué dans les premières lignes de cet article illustre qu’encore aujourd’hui, les femmes sont considérées comme une force d’appoint et non comme un véritable moteur de l’économie. Il faut en conséquences accepter de revisiter les rôles de l’homme et de la femme : l’homme doit prendre plus de place dans la famille, aux femmes de l’accepter et, conséquence logique, la leur évoluera dans l’entreprise.

- L’équilibre visé. Le vocable « équilibre » nous vient du latin libra qui signifie balance. Il faut donc comprendre « forces égales » ou « égalité de forces ». En d’autres termes, il s’agit de casser la marginalisation dont les femmes font l’objet, sans pourtant jouer la carte de l’opposition, et encore moins de la guerre des sexes car cet objectif ne pourra être atteint qu’avec les hommes et non pas contre eux… Sans oublier les métiers où se sont ces derniers qui, sans raisons objectivement défendables, sont minoritaires… Il faut donc favoriser une plus grande mixité, dans les différentes branches professionnelles, comme dans la hiérarchie. « L’équilibre visé » disions-nous il y a quelques instants. Mais il faut parler au pluriel car un autre équilibre est aussi dans le viseur : la conciliation des temps de vie. Manquer d’équilibre en favorisant sa « carrière » au détriment de sa famille revient à risquer la pérennité de celle-ci : pour favoriser la conciliation de ces deux pôles indispensables à la réalisation et à l’épanouissement de soi, les solutions existent : création, de crèches interentreprises, de services de garde d’enfants malades, de repassage, d’horaires individualisés. Tout cela afin que les couples bi actifs aient à leur disposition toute une panoplie d’outils facilitateurs qui doivent se révéler comme étant de véritables passerelles reliant deux mondes qui ne sont pas antinomiques : vie professionnelle et vie familiale. Pour la femme, comme pour l’homme !

- Concrètement. Comment dépasser le stade des « vœux pieux », des paroles sans lendemain, des intentions qui restent lettres mortes ? Comment œuvrer pour obtenir autre chose qu’un équilibre instable ou un équilibre précaire, ce qui serait pour le moins renversant ? Ou comment passer des actions sporadiques à l’enracinement de l’égalité professionnelle dans le quotidien de l’entreprise ? Il nous est possible, par un changement de culture, de faire évoluer les mentalités. A commencer par la notre (croyons nous qu’au féminin « il regarde assis dans le salon la télévision » se dit « elle fait debout dans la cuisine la vaisselle » ?). La concrétisation visée ne se fera pas non plus contre les employeurs mais avec eux, dans une perspective de dialogue, par la mise en place d’une communication visant à ce que ceux-ci demandent le « Label Egalité Professionnelle » AFAQ/AFNOR Et il est préférable de parler mixité plutôt que parité car il serait regrettable que des quotas écartent des compétences… Si ce qui est ambitionné ici semble irréaliste, il faut se remémorer qu’une des leçon apportée par l’Histoire est que « l’utopie d’aujourd’hui est la réalité de demain »…

- Pour conclure. La LIBERTE de l’Humain passe par une EGALITE de droits pour les deux entités qui le compose. Et seule cette égalité, en excluant tout apartheid, permet une pleine FRATERNITE des sexes. « Rester à la maison » est respectable et doit être respecté. Si c’est un choix éclairé et partagé. « Travailler » est respectable et doit être respecté. Si c’est un choix éclairé et partagé. Et dans des conditions juridiquement identiques avec des chances qui le sont donc également !

COLPIN Didier

Écrit par : COLPIN Didier | 30/04/2008

"La terre n'est qu'un charnier
Où le bruit de nos pas sonne aussi creux
Que les os des morts." Louis - René des Forêts


Pourquoi tous encore ces discours qui restent lettres mortes?

Écrit par : Micheline Pace | 30/04/2008

Les DIREN, c'est quoi?
Les directions régional de l'environnement. !!!Environnement?!!!
Donc en Normandie, !!!NORMALEMENT!!! il y a des gens dans des bureaux qui réagissent quant il y a des pollutions?
Et d'autre qui sont sur le terrain pour faire des contrôles?
Haaaaa Booon?! Et ça alors.
http://cabourgeais.ifrance.com/

Ou tapez cabourgeais sur le net (une page sur la Normandie)
C'est pourtant en Normandie, c'est dans une !!!soit-disant!!! ZNIEFF
Donc, si je ne me trompe pas, tous ça, c'est du pipo.
Les ZNIEFF ne servent absolument à RIEN sauf à faire des décharges à ciel ouvert
Les DIREN sont totalement, complètement inutiles.
En voilà d'autre http://varaville.ifrance.com/
http://normandie-pollution.ifrance.com/ 4 ans que cela dure.
Que font tous ces gens qui parlent environnement? DRIRE, DIREN, ADEME, AESN, ARENE,
EPE, MEDAD, etc. Etc. Etc.
RIEN, du PIPO voilà, ça cause, ça fait des plans sur la planète (qui en a ras-le-bol elle).
Mais concrètement RIEN, quant on voit une ZNIEFF se remplir de merde et que personne ne se sent concerné je dis BRAVO. Que l'on arrose des plantes protégées avec de l'huile de vidange, je dis BRAVO. Faite respecter les lois les plus élémentaires sur l'environnement, APRES, vous pourrez taxer les gobelets en plastiques. Car votre grenelle c'est n'importe quoi quant on voit ces photos.
Savez vous comment l'état règle ce problème? En mettant celui qui dénonce cette pollution au tribunal. Elle est devenue belle la France!
Nativelle P.

Écrit par : noiretblanc | 05/10/2008

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