22/06/2008

Energie, la loi de l'espoir


En date du 7 mai, notre gouvernement a déposé un projet de loi à première vue très technique, et qui porte le numéro 10'258. Il s’agit de réviser la loi sur l’énergie, en permettant notamment un suivi clair des performances énergétiques des bâtiments, le plus gros poste de notre facture pétrolière. Le projet reconnaît le fossé existant entre les objectifs dits de la Société à 2000 Watts,q ui demande une division par trois d'ici 2050 de la consommation d'énergie et qu'elle soit assurée aux 3/4 par les sources renouvelables, et la difficulté de tenir déjà les objectifs modestes du protocole de Kyoto qui se limitent à une réduction de 10% des émissions de CO2 en 2010. Or, il existe des bâtiments quasiment zéro énergie, et les dernières normes Minergie-P-éco sont 7 fois moindres que la consommation  moyenne du parc immobilier suisse (et genevois) qui est de 700 MJ/m2
J’aimerais saluer ce projet et regretter toutefois ses limites.
En effet:
- si on veut être réaliste, il est nécessaire de définir une cible de réduction annuelle permettant de montrer comment on arrive au but visé d’ici 2050. Sur ce programme dégressif le projet est muet.
- si on veut être concret face aux propriétaires immobiliers, et au public en général, il faut mettre en avant les immeubles à basse consommation, les montrer, en discuter la faisabilité, le coût et l'exploitation.Le projet ne dit rien sur ce point -clé non plus.

Dans les propositions faites par le Conseil d’Etat , je souligne en particulier
•    L'introduction de la notion de coûts externes qui est essentielle, mais sa prise en compte dans les calculs de rentabilité devrait être imposée, afin de mettre fin aux calculations partielles et à trop courte vue.
•    La définition de valeurs limites par catégories d'immeubles est un autre point clé, mais il est délégué au règlement. A surveiller de près!
•    Des notions comme celles d'un audit annuel des bâtiments, des possibilités de contrôle pour l'autorité sont une base nécessaire pour serrer la vis et arriver à de vrais résultats.
•    Imposer 20% d'énergies renouvelables pour le chauffage et l’eau chaude est un premier pas important, mais un tiers vaudrait mieux. Surtout si la cible à viser est ¾.
•    De même la part de 30% d’apport par le solaire thermique est une avancée importante, mais il est tout aussi  important d'installer du photovoltaique si on veut arriver aux 2000 W "sans nucléaire" (et sans centrale à gaz  à en croire certains!)
•    Enfin, le projet reste trop flou concernant le financement.Il faudrait imaginer un mécanisme de financement à la hauteur des enjeux, ouvrant des lignes de crédit particulières, il faudrait aussi exiger que les reports de coûts pour travaux sur les locataires ne puissent pas aller au-delà de la compensation de la diminution constatée des charges de chauffage. Forts de ces dispositions, les audits annuels que le projet de loi prévoit devraient conclure sur des travaux d’assainissement systématiques.
•    Enfin, l’exemplarité des collectivités ou la planification territoriale énergétique sont d’autres dispositions importantes.

On ne peut qu’espérer que ce projet soit voté rapidement, avec les compléments signalés, pour nous permettre de passer enfin des recommandations à bien plaire à l’action résolue. Car chaque jour qui passe, nous transformons les réserves fossiles de pétrole non renouvelables en gaz modifiant l’effet de serre, en n’en utilisant qu’une infime partie. Ce gaspillage fou est une des aberrations les plus importantes de notre temps, et il faut impérativement y mettre fin. En ce sens le projet de loi du Conseil d'Etat, moyennant les ajouts susmentionnés, mérite tout à fait l'appellation de la loi de l'espoir.

21:25 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

Commentaires

Merci pour cet excellent compte-rendu et les suggestions nuancées et bienvenues.
J'aimerais ajouter qu'on parle beaucoup moins souvent de l'économie de l'eau. Peut-être que l'énergie pour la purifier et l'envoyer dans les tuyaux représente une quantité d'énergie bien moindre que toutes celles dont vous parlez. Toutefois, une incitation à récupérer - son eau de pluie par exemple - developpe un état d'esprit et une conscience tangible des éléments qui peuvent stimuler les gestes d'économie sur d'autres plans.

Écrit par : maflor | 23/06/2008

Merci pour cet excellent compte-rendu et les suggestions nuancées et bienvenues.
J'aimerais ajouter qu'on parle beaucoup moins souvent de l'économie de l'eau. Peut-être que l'énergie pour la purifier et l'envoyer dans les tuyaux représente une quantité d'énergie bien moindre que toutes celles dont vous parlez. Toutefois, une incitation à récupérer - son eau de pluie par exemple - developpe un état d'esprit et une conscience tangible des éléments qui peuvent stimuler les gestes d'économie sur d'autres plans.

Écrit par : maflor | 23/06/2008

Baisser la consommation, en lieu et place, d'augmenter la production gratuite, fournie par le soleil.
Connerie sur connerie, ces politiciens, pourris ! Tous !

Et encore, au lieu d'une centrale nucléaire, ils veulent encore une centrale à gaz, pour vraiment nous gazer, AUSCHWITZ INTERNATIONAL !

Vraiment les politiciens, sont des mongols, et encore, j'insulte les mongoles, en écrivant cela !

Honte aux politiciens !

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 26/06/2008

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