Une constitution pour quoi faire?


Genève est une cité paradoxale. Bourrée de talents et d’idées, mais peinant à fédérer les énergies. Une des villes les plus riches du monde, mais comportant de nombreux bas salaires, travailleurs au noirs, statuts clandestins et exclus. Un lieu qui adore parler et démolir le projet du voisin, mais qui est souvent confond discours et action.

La société, plus qu’ailleurs, plus tôt probablement qu’ailleurs, s’y révèle kaléidoscopique, prémonitoire du pouvoir créateur des villes, mais aussi des tendances centrifuges voire dissolvantes du monde moderne. La rédaction d’une nouvelle constitution, charte fondamentale d’une société, inventaire de ses valeurs, mise en perspectives des institutions qu’elle se donne, fournit l’occasion inespérée de remettre sur pied cette communauté genevoise, de codifier droits et devoirs de chacune et de chacun.

Une constitution doit lister les droits économiques, humains et sociaux fondamentaux : liberté personnelle, liberté du mode de vie, du choix du domicile, d’expression, de création culturelle, économique, sociale, d’entreprendre, sachant que ces libertés trouvent leur limite dans les libertés d’autrui. Elle doit ensuite proclamer les droits qui vont avec : droit au logement, à l’habitat devrait-on dire, au travail, à l’éducation, aux soins, à l’alimentation, à la protection sociale, à l’organisation syndicale et à la participation démocratique… clés d’une société prenant au sérieux un certain nombre de valeurs fondamentales, philosophiques, humanistes.

A ces droits et à ces libertés correspondent symétriquement des tâches de l’Etat, déclinées en politiques publiques : politiques du logement, du territoire, économiques, sociales, culturelles, de l’éducation, des médias, etc. et un engagement de l’Etat au nom des valeurs de liberté, de solidarité et de dignité. La communauté genevoise se doit, également en tant que ville internationale au rayonnement large, d’être solidaire des droits humains, du développement équitable du Sud, d’un développement durable de la Planète qui permette de transmettre à nos descendants la diversité culturelle de notre Terre, son intégrité, des ressources en suffisance, un héritage naturel respecté et valorisé.

L’Etat oui, donc, indispensable. Mais quel Etat ? Ni plus d’Etat, ni moins d’Etat, pas un Etat minimaliste mais pas non plus un Etat maximaliste. Un Etat garant, régulateur, incitant et encourageant l’engagement, protégeant le faible du fort, garant des valeurs fondamentales, bref assurant équilibre et équité. Un Etat efficace, efficient, transparent, démocratiquement contrôlé, rendant des comptes, sachant clairement quelles sont ses raisons d’être. Un Etat coiffé d’un gouvernement capable de décider, au prix le cas échéant d’une présidence forte, doté d’un parlement plus professionnel, moins nombreux, en interaction plus directe avec la population, une agglomération disposant d’instances de coordination et de décision et prenant appui sur la démocratie de quartier, moins de communes mais aux tâches claires et aux territoires cohérents, des magistrats à plein temps et des conseils municipaux eux aussi moins nombreux et mieux en phase avec l’habitant. Des droits populaires revisités : motion populaire, administration en ligne, budgets participatifs, une stricte limitation des budgets de campagne…

Tout cela fait rêver, tout cela entraîne l’imagination, donne envie d’aller plus loin, de débattre, de construire. Désormais, c’est possible, on peut faire mieux que le Café du commerce ou la lettre de lecteurs, on peut passer du stade de la protestation à celui de la proposition. Le 19 octobre, passant aux choses sérieuses, Genevoises et Genevois éliront leur Assemblée constituante, qui repensera aux bases de notre vie sociale. Il importe que ce processus soit aussi démocratique, transparent et interactif que son résultat, c’en est même la condition. Alors n’oubliez pas l’essentiel : de voter pour l’innovatif, le créatif, la cohérence. Et d’ici là regardez bien les programmes des listes en lice : qui a la vue la plus large méritera votre confiance.

Commentaires

  • "...qui a la vue la plus large méritera votre confiance."

    Celle des citoyennes et citoyens épris de liberté aussi ?
    Ah bon ?
    A partir du 1er juillet, on y réfléchira sur le trottoir.

    :o)

  • ça sent bon l'hygiénisme...des années 30...en Allemagne...chez les nazis...

  • Mesdames, Messieurs,

    J'ai eu de bonnes raisons d'autoriser la lec-
    ture du Grand Cahier à l'Ecole de culture gé-
    nérale Henry Dunant. C'est un classique de la
    littérature, au même titre que Vipère au poing
    d'Hervé Bazin. Et non pas un ouvrage de litté-
    ture pornophile, zoophile, pédophile et scato-
    logique, comme le prétend Madame Sarah Emonet,
    Vice-Présidente du Comité Alerte. J’ai moi-mê-
    me été amené à étudier Mein Kampf d’Adolf Hit-
    ler en classe quand j'enseignais les sciences
    humaines et l'histoire. Mon intention première
    était de démontrer à mes élèves comment le Reich
    a pu sombrer dans la déchéance et l'horreur. Le
    Département de l'instruction publique n'a jamais
    cautionné l'enseignement de la pornographie en
    classe et les parents d'élèves scolarisés dans
    la Commune de Vernier peuvent être rassurés. A
    ce propos, un excellent cours sur la sexualité
    de nos enfants sera dispensé par Madame Marie-
    José Lacasa, psychologue, à l'Ecole des parents
    le 15 et le 22 novembre prochains

    www.ep-ge.ch

    Accessoirement, je vous prie de respecter le
    débat qui préside à l'élection complémentaire
    au Conseil administratif de Vernier et de ces-
    ser vos attaques directes à mon encontre. El-
    les sont gratuites et inutiles. Elles ne m'at-
    teignent pas et me laissent parfaitement indif-
    férent. En revanche, je n'accepte pas le mépris
    et le discrédit que les blogueurs jettent sur
    l'école genevoise. Leur attitude me plonge dans
    la consternation.

    Nous sommes ici dans le registre d'une désin-
    formation absolue qui confine à l'atteinte à
    l'honneur des personnes dans leur fonction.
    Je tiens donc à rétablir les faits : diriger
    un établissement de l'enseignement secondaire
    est une charge complexe qui requiert de for-
    tes compétences administratives et de gestion,
    conjugués à d'importantes aptitudes relation-
    nelles. En effet, il s'agit pour un directeur
    de stimuler les équipes enseignantes, de favo-
    riser le dialogue professionnel dans le but
    d'assurer une excellente qualité d'enseigne-
    ment au bénéfice de tous les élèves sans ex-
    clusion. L'objectif consiste aussi à rappro-
    cher l'autorité scolaire du quotidien et du
    terrain : le travail d'un directeur consiste
    également à intensifier les liens avec les
    familles, à intervenir, à informer à bon es-
    cient, à renseigner clairement et parfois à
    apaiser les inquiétudes.

    Un directeur d'école doit être aussi capable
    de régler des conflits, inévitables dans tou-
    te communauté scolaire. Certains malentendus
    ou désaccords peuvent avoir des incidences
    non négligeables sur la vie d'un adolescent :
    là encore, le directeur d'établissemnet sco-
    laire secondaire a une partition délicate à
    jouer, un rôle de médiateur pour construire
    un climat d'école serein et propice aux étu-
    des.

    On sait aujourd'hui qu'un bon départ dans la
    vie scolaire, l'acquisition solide de compé-
    tences fondamentales ainsi que l'apprentis-
    sage des règles de vie collectives dans un
    cadre à la fois créatif et sécurisé sont des
    enjeux déterminants pour le développement de
    l'adolescent. Et pour la suite de son parcours
    de formation. C'est une condition essentielle
    pour confronter l'égalité des chances.

    Enfin, j'observe qu'en véritables naufragés
    de l'éthique, les auteurs des blogs ne sont
    pas avares du fiel qu'ils distillent allègre-
    ment. Ils touchent le fond et, ce faisant, ne
    grandissent pas le débat nécessaire autour des
    enjeux de l'école. J'en appelle à un débat ci-
    toyen digne, loin de tout règlement de comptes,
    soucieux de l'avenir de notre jeunesse. Un dé-
    bat constructif dans le respect des faits et
    des compétences indéniables des cadres et des
    équipes enseignantes de l'école publique gene-
    voise.

    Je vous remercie.

    Pierre Ronget,
    Directeur au Département de l'instruction publique,
    Conseiller municipal libéral,
    Candidat de l'Entente genevoise et du Groupe les
    Verts à l'élection au Conseil administratif de la
    Ville de Vernier

  • Pierre Ronget candidat au Grand Conseil en 2009 :
    un idéologue d'obédience nationaliste nazie au
    Grand Conseil genevois ? La liste du Parti libé-
    ral mérite simplement le boycott général de la
    population !

  • Vraiment pratique le dessin de votre blogue, je l'aime beaucoup, l'avez-vous provoquer vous même ?

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