24/08/2008

Blogs: incapables de dialoguer s'abstenir!

Nous sommes un certain nombre de responsables politiques à nous donner la peine d’entretenir un blog avec des coups de cœur, des propositions, des réactions, des idées, tout simplement, car les projets de demain exigent des idées, de la prospective,de la cohérence. Mais on n'a jamais raison tout seul, en exposant sa pensée, on fait appel à celle des autres pour construire ensemble. Un texte argumenté peut être compliqué ou paraître tel, mais ce n'est jamais artificiel et toujours sincèrement exposé.

 

Le droit de la critique est le premier des droits de l'internaute. Donc on y va en connaissance de cause.

Mais ce qu’on récolte  c'est bien plus que ça. Depuis environ une année, sur une trentaine de textes que j’ai placés sur mon blog, j’ai reçu des approbations mais aussi des réactions virulentes. Ça fait partie du jeu et je ne m’en offusque pas. Quand on défend l’intégration européenne en vue de créer à terme un Etat fédéral démocratique et capable de peser sur les affaires du monde à l’égal des autres grands, et d’affirmer ainsi la pérennité de nos valeurs historiques communes, ce repositionnement de la souveraineté suscite logiquement de la polémique. Pas de soucis avec ça.

Par contre, pour certains, un blog tenu par un socialiste, de surcroît quand entretemps il est devenu président du parti (ce qui n’a en rien changé l'expression de mes idées…) c’est l’occasion rêvée de placer des insultes, de dénigrer, de déposer des contributions, anonymes ou signées, dignes de graffiti de WC publics. Celles (oui, les femmes s’y mettent aussi !) et ceux qui se prêtent à ces pulsions ne font qu’illustrer leur profonde incapacité à argumenter. De la haine, des amalgames, du fiel, des affirmations sans début de preuve ni d'exemples. Si mes déclarations confirment les préjugés que certains entretiennent sur la gauche, alors pan!  et si je défends une vision qui ne correspond pas aux clichés commodes, encore pan! car ne serait qu'hypocrisie de ma part. Ne peut-on prendre les gens pour ce qu'ils disent, ce qu'ils sont et non comme prétextes pour se défouler et se soulager de ses frustrations? Ne peut-on rien échanger, rien construire ensemble? 

La démocratie vit par le respect de l’autre, par le débat, par l’argument, elle meurt quand on ne fait plus que s’insulter, quand on n’écoute plus, quand on en est au niveau des a prioris et de la haine. Chaque fois que les débats parlementaires retransmis par Léman Bleu en direct tombent aussi bas, les personnes qui sont devant leur écran se détournent, choquées, à juste titre. Mais ce sont parfois les mêmes, qui, ensuite, démontrent par leurs réactions à des papiers d’opinion qui se veulent constructifs et explicatifs, qu’ils sont exactement au même niveau.

Je ne me laisserai pas décourager par les poètes de caniveau et les ramollis du cerveau. Je ne leur ai jamais répondu et ne le ferai pas  davantage à l’avenir. Et quelque part les blogs sont de bons révélateurs de la capacité de dialogue au sein d’une société. Alors si on se disciplinait un peu avant d’envoyer n’importe quoi sur une boîte de dialogue ? On dit qu’il faut tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de l’ouvrir, pour l’écrit c’est encore plus vrai !

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17/08/2008

Constituante: l'histoire s'accélère, dans deux mois et deux jours les jeux seront faits

L’histoire s’accélère. Dans deux mois et deux jours, les jeux seront faits. Les 80 membres de l’Assemblée constituante seront élu-e-s.
La rentrée sera chaude. Posons quelques questions-clé.
1)    Une Assemblée de ce type a besoin de moyens. Ces moyens vont-ils être accordés par le Grand Conseil en votant le budget en décembre 2008 ? Sont-ils prévus dans le projet de budget du Conseil d’Etat ? Un rapide calcul permet de situer les enjeux. 80 constituants à environ 20-30%. Il serait décent de les rémunérer correctement afin qu’ils puissent négocier vis-à-vis de leur employeur une réduction du taux d’activité. Il faut compter environ 25'000 à 30'000.- le coût pour l’employeur Etat de Genève d’une telle rémunération. Ceci x 80 = 2,5 millions par an. Et il faut un peu de staff, des juristes, des secrétaires, des communicateurs. Bref un peu de monde pour que l’Assemblée travaille en connaissance de cause des documents et des avis des uns et des autres. Disons encore un demi-million pour rester modestes. Puis il faudra communiqer, car c’est exclu de faire une constitution en vase clos. Encore quelques centaines de mille. Bref en-dessous de 3 à 3,5 millions pas de constituante.
2)    Une Assemblée de ce type a besoin d’une méthode. Pour moi c’est clair, il faut régulièrement informer, prendre le pouls des acteurs de la société, organiser le débat. Outre les moyens financiers pour cela il faut une volonté politique de rester en interaction, de rester proactifs, visibles, au cœur du débat. L’Assemblée doit conduire et non subir le débat sur les enjeux fondamentaux de la redéfinition de l’Etat, de son organisation et de ses tâches.
3)    Enfin il faudrait être conscient que le travail d’imaginer la charte fondamentale de Genève demande un planning réaliste. Cela ne sert à rien de présenter d’ores et déjà des paquets tout ficelés. Je préférerais infiniment que la première année l’Assemblée prenne le temps de s’imprégner de l’état de la question, analyse les nombreuses études et analyses disponibles sur Genève, ses forces et ses faiblesses, y compris un fameux audit de l’Etat qui a coûté la bagatelle de 7 millions sans laisser la moindre trace perceptible. Qu’ensuite la 2e année soit consacrée au débat, la 3e à la production et à la discussion de thèses et la 4e à la mise au point du texte. Le faire trop tôt c’est écraser le débat sous le juridisme et en faire une bataille de formulations. Il sera assez tôt de faire appel aux experts du verbe légal, une fois que l’on saura ce qu’on se veut.

Le tout est une belle aventure, stimulante, positive, et il me semble que Genève en a bien besoin. Au peuple maintenant de décider à qui il entend confier les clés de la future assemblée.
Pour ma part, je rappelle quelques questions iconoclastes qu’il faudra bien aborder :
-    réduire le nombre de députés de moitié mais faire du Grand Conseil un parlement semi-professionnel, aux moyens à la hauteur des attentes et de ses tâches
-    réduire drastiquement le nombre des communes et en professionnaliser les magistrats, réduire le nombre des conseillers municipaux et les charger d’animer le débat dans les quartiers pour devenir de vrais relais de la population
-    réaffirmer le rôle de l’Etat comme arbitre, acteur, stimulant fort mais efficient, transparent, bien contrôlé
-    unifier les liens entre l’Etat et les entités publiques tels les SIG, TPG, HUG mais aussi aéroport, université, BCG et j’en passe
-    inscrire dans la constitution les objectifs de la politique économique et sociale cantonale : capital risque, promotion économique, salaire minimum etc.
-    dresser un catalogue clair des tâches de l’Etat et subsidiairement des communes
-    contrôler plus strictement et plafonner comme en France les dépenses électorales
bref tout cela est loin d’être académique ou abstrait mais devrait être largement débattu. Il reste deux mois pour élire les bonnes personnes pour le faire !


L’histoire s’accélère. Dans deux mois et deux jours, les jeux seront faits. Les 80 membres de l’Assemblée constituante seront élu-e-s.
La rentrée sera chaude. Posons quelques questions-clé.
4)    Une Assemblée de ce type a besoin de moyens. Ces moyens vont-ils être accordés par le Grand Conseil en votant le budget en décembre 2008 ? Sont-ils prévus dans le projet de budget du Conseil d’Etat ? Un rapide calcul permet de situer les enjeux. 80 constituants à environ 20-30%. Il serait décent de les rémunérer correctement afin qu’ils puissent négocier vis-à-vis de leur employeur une réduction du taux d’activité. Il faut compter environ 25'000 à 30'000.- le coût pour l’employeur Etat de Genève d’une telle rémunération. Ceci x 80 = 2,5 millions par an. Et il faut un peu de staff, des juristes, des secrétaires, des communicateurs. Bref un peu de monde pour que l’Assemblée travaille en connaissance de cause des documents et des avis des uns et des autres. Disons encore un demi-million pour rester modestes. Puis il faudra communiqer, car c’est exclu de faire une constitution en vase clos. Encore quelques centaines de mille. Bref en-dessous de 3 à 3,5 millions pas de constituante.
5)    Une Assemblée de ce type a besoin d’une méthode. Pour moi c’est clair, il faut régulièrement informer, prendre le pouls des acteurs de la société, organiser le débat. Outre les moyens financiers pour cela il faut une volonté politique de rester en interaction, de rester proactifs, visibles, au cœur du débat. L’Assemblée doit conduire et non subir le débat sur les enjeux fondamentaux de la redéfinition de l’Etat, de son organisation et de ses tâches.
6)    Enfin il faudrait être conscient que le travail d’imaginer la charte fondamentale de Genève demande un planning réaliste. Cela ne sert à rien de présenter d’ores et déjà des paquets tout ficelés. Je préférerais infiniment que la première année l’Assemblée prenne le temps de s’imprégner de l’état de la question, analyse les nombreuses études et analyses disponibles sur Genève, ses forces et ses faiblesses, y compris un fameux audit de l’Etat qui a coûté la bagatelle de 7 millions sans laisser la moindre trace perceptible. Qu’ensuite la 2e année soit consacrée au débat, la 3e à la production et à la discussion de thèses et la 4e à la mise au point du texte. Le faire trop tôt c’est écraser le débat sous le juridisme et en faire une bataille de formulations. Il sera assez tôt de faire appel aux experts du verbe légal, une fois que l’on saura ce qu’on se veut.

Le tout est une belle aventure, stimulante, positive, et il me semble que Genève en a bien besoin. Au peuple maintenant de décider à qui il entend confier les clés de la future assemblée.
Pour ma part, je rappelle quelques questions iconoclastes qu’il faudra bien aborder :
-    réduire le nombre de députés de moitié mais faire du Grand Conseil un parlement semi-professionnel, aux moyens à la hauteur des attentes et de ses tâches
-    réduire drastiquement le nombre des communes et en professionnaliser les magistrats, réduire le nombre des conseillers municipaux et les charger d’animer le débat dans les quartiers pour devenir de vrais relais de la population
-    réaffirmer le rôle de l’Etat comme arbitre, acteur, stimulant fort mais efficient, transparent, bien contrôlé
-    unifier les liens entre l’Etat et les entités publiques tels les SIG, TPG, HUG mais aussi aéroport, université, BCG et j’en passe
-    inscrire dans la constitution les objectifs de la politique économique et sociale cantonale : capital risque, promotion économique, salaire minimum etc.
-    dresser un catalogue clair des tâches de l’Etat et subsidiairement des communes
-    contrôler plus strictement et plafonner comme en France les dépenses électorales
bref tout cela est loin d’être académique ou abstrait mais devrait être largement débattu. Il reste deux mois pour élire les bonnes personnes pour le faire !



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