26/10/2008

Râler ou voter, faites votre choix

Je n’arrête pas, depuis que suite à un jugement du Tribunal Fédéral on peut de nouveau fumer dans les cafés et restaurants (ceux qui l’autorisent naturellement), de croiser des personnes protestant contre le vote populaire (pourtant massif) du 24 février dernier.
A écouter les râleurs et surtout leur nombre, on se demande qui donc a vraiment dit oui à l’interdiction de la fumée dans les lieux fermés. Où a donc passé cette large majorité du 24 février ? Partie en fumée ? En tous cas, entre la vox populi telle qu’elle se manifeste et le résultat sorti des urnes, il y a comme un fossé.
De même pour la Constituante. L’avis est unanime : une assemblée de vieux, même pas sûrs que ce seront des sages, de profs et de juristes déconnectés de la vie de tout un chacun, pas de jeunes, pas de femmes ou si peu... A croire que l’élection n’a pas eu lieu, ou qu’elle s’est déroulée en petit cercle et que la populationà qui on communique le nom des élus en découvre hébétée les résultats. Comme si électrices et électeurs n’avaient eu aucun rôle à jouer...
Un peu facile tout cela ! La plupart des femmes, des jeunes, des jeunes femmes qui m’ont fait savoir leur déception… m'ont avoué n’avoir pas été voter. Mathématique pourtant, si on laisse les autres décider à sa place, ça a de fort risques de ne pas aller dans la direction que l’on veut.
La leçon servira-t-elle ? Même si l’enjeu ne vous passionne pas, un peu de solidarité, entre jeunes, entre femmes, ce serait bien ! Râler ou voter, faites votre choix!

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12/10/2008

Crise financière: tout va bien, madame la marquise...


Pendant que budgets privés et publics obligent à des choix douloureux, voilà que dans le monde irréel de la haute finance des milliards de milliards partent en fumée. L’économie réelle va-t-elle être entraînée dans le gouffre de l’économie fictive de la bulle spéculative?

Il appartient à cette occasion de réaffirmer trois choses:

1)    L’exigence de la régulation, de l’existence d’un Etat capable de le faire. La main invisible va tout régler nous a-t-on rebattu les oreilles durant les 20 dernières années placées sous le signe du moins d’Etat. Et l’attitude plus qu’en retrait du Conseil fédéral me fait penser à la France qui en 1986 affirmait que le nuage radioactif de Tchernobyl s’était arrêté sur les rives du Rhin! La Suisse vivrait-elle sous une bulle, alors qu’elle s’est de plus en plus placée sous la dépendance des mouvements financiers internationaux? Même George Bush a dû en toute fin de mandat ravaler son chapeau et tirer un trait sur la doctrine de la non-intervention.

2)    L’exigence d’une politique économique qui ne brade pas les savoir-faire et les marchés locaux, qui accorde la priorité aux besoins des PME, bases du tissu économique, qui construise sur des options à long terme au lieu d’être avant tout opportuniste et attrape-tout. Genève place-forte financière doit aussi se rendre compte de la volatilité des placements financiers et cesser de considérer comme secondaire le local et les PME.
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3)    L’exigence d’une politique sociale forte qui évite qu’en cas de soubresaut majeur, on aille encore plus dans le sens d’une société à deux vitesses.

Il est temps que les élus disent clairement aux acteurs de l’économie réelle : nous sommes avec vous, nous nous battons avec vous pour que l’argent soit au service de l’économie et pas le contraire.

Les partis de droite ne cessent de flatter les entreprises et se mettre en scène comme leurs défenseurs. Mais quand il convient d’agir, généralement ils faiblissent, succombant à leur immense respect pour le monde de la finance.

Et à moins d’une semaine de l’élection de la Constituante, il n’est pas sans intérêt de relever que dans la constitution actuelle on ne trouve pas un mot sur des missions ou des objectifs assignés à l’Etat en matière économique et sociale. Voilà une lacune majeure qu’il importera de combler. Soutien aux PME et inscription d’un salaire minimum dans la loi sont pour moi les deux faces d’une même volonté politique.

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