29/12/2008

Crise financière, crise climatique, même combat

Alors que les preuves scientifiques d’un changement climatique sont de plus en plus évidentes (fonte des glaces notamment), il n’est toujours pas sûr que l’humanité parvienne à prendre les décisions qui s’imposent.

Certes, un verrou essentiel a sauté voici deux mois avec l’élection d’un nouveau président américain dont le programme affirme explicitement qu’il faut réduire d’ici 2050 de 80% les émissions de gaz à effet de serre.

Certes, les Etats africains ont signé la déclaration que l’Union européenne leur a proposée, à savoir d’inscrire leur développement dans la préservation des équilibres globaux, dont il est par ailleurs tributaire (désertification, modification du régime hydraulique, etc.). La Chine, également, semble prête à s’inscrire dans une telle démarche.

Mais voilà que la crise financière vient tout remettre en question. Les Etats naguère leaders en matière climatique tels que l’Allemagne se complaisent à défendre les mauvaises performances de leur industrie automobile, insouciants du fait que GM et les autres géants de l’auto américaine sont quasi en faillite, entre autres pour avoir raté le virage de la voiture économique.

Occulter les exigences de la crise climatique sous l’effet de la crise financière est une très mauvaise option. Déjà maintenant des études montrent que les répercussions du changement climatique vont être majeures sur nos économies. Au lieu d’alléger les effets de la crise financière, les deux crises vont s’associer et ne feront qu’accroître nos difficultés.

La sagesse veut que l’on identifie des mesures qui répondent à la fois à la crise financière et à la crise climatique.

• Une première réponse à la crise est certainement de ne pas mettre tous ses œufs (financiers) dans le même panier bancaire, et de miser sur des systèmes de gestion de fonds le plus autonomes possible par rapport aux soubresauts spéculatifs planétaires. Pour créer ce supplément d’autonomie face au système spéculatif mondial, favorisons les placements verts, les fonds de proximité, les banques alternatives et régionales.

• Une deuxième réponse est dans la nécessité d’un comportement anti-cyclique. Celui-ci doit être l’occasion d’orienter les investissements dans une direction favorable tant à l’économie qu’à l’environnement : les investissements dans les économies d’énergie et l’assainissement du parc immobilier en sont un bon exemple. Les cibles sont, au niveau mondial, l’énergie solaire, le reboisement, l’agriculture vivrière, les systèmes de transports publics. Quand le gouvernement français offre une prime pour tout automobiliste se débarrassant d’un véhicule de plus de 10 ans au profit d’un véhicule plus écologique, il va dans cette direction.

• Enfin, s’il faut favoriser l’investissement, on fera bien en revanche de revisiter les dépenses de fonctionnement. A nouveau nous pouvons faire coup double. En effet, une utilisation plus ménagère de l’énergie, une réduction des activités à forte charge en énergie grise, une minimisation des gadgets inutiles, sont autant de postes financiers où l’on peut économiser aujourd’hui et demain.

Autrement dit, la crise financière nous offre une possibilité à ne pas négliger de réorienter notre développement dans la bonne direction et de savoir rebondir en faisant coup double ! Ce serait très regrettable de ne pas en retenir les leçons et de continuer à foncer dans la fausse direction

15:22 Publié dans Développement durable, Environnement, Politique, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook