13/02/2009

Tabagisme passif - vaste fumisterie des autorités et incroyable déni de la volonté populaire

Voici une année, presque jour pour jour, le 24 février 2008, le peuple adoptait, par un taux de participation élevé, de près de 62%, et à près de 80%, une initiative populaire. Celle-ci interdit de fumer dans les lieux publics intérieurs ou fermés, notamment les bâtiments et locaux fermés de l'Etat, des communes et d'autres institutions publiques, tous les bâtiments ouverts au public, tous les établissements publics et les transports publics et professionnels de personnes.
C'est clair, non? Clair, net et définitif, pourrait-on croire.
Or la petite minorité de perdants (représentant 29'363 votants), depuis, joue au chat et à la souris avec la démocratie (soit avec les 111'562 personnes ayant voté pour l'initiative).

Premier acte: le Conseil d'Etat, drapé dans ses certitudes, oublie de consulter le Grand Conseil pour la loi d'application et pond de son propre chef un règlement. Le Tribunal Fédéral ne manque pas de rappeler cette «informalité» à nos gouvernants. Du coup, l'application de la décision populaire est suspendue, dans l'attente du vote de la loi. C'est le choc, la déception: on s'était habitués à la liberté de ne pas être enfumés, la large majorité qui a voté oui se trouve bafouée et ne peut jouir de son droit à la santé pourtant inscrit dans la Constitution (nouvel Art. 178B, protection de l'hygiène publique et de la santé).

Deuxième acte. Le Grand Conseil, enfin saisi de la fameuse loi, s'empresse de la dénaturer et de transgresser la décision populaire en autorisant des espaces fumeurs appelés «fumoirs». A une très faible majorité, mais majorité quand même. Le PDC a fait la différence, en désavouant son propre ministre de la santé, et en lui préférant les fumisteries des tenants de la clope et les fantasmes fumeux de certains cafetiers.

Troisième acte. Cette torsion du vote populaire ne suffisant pas pour satisfaire l'appétit de fumée de certains, le référendum est lancé par un quarteron de tabacco-dépendants. Si on cherchait des preuves des méfaits du tabac, en voici une belle: certains semble-t-il en perdent quasiment la raison!

Une année après le vote, c'est l'embrouillamini le plus total, la volonté populaire est bafouée, et pire, ceux qui osent lancer le référendum le font en se réclamant d'elle!! Faut-il confirmer tous les ans un vote du peuple pour qu'il soit pris au sérieux? Comment empêcher citoyennes et citoyens de penser qu'à Genève on vote pour rien? Je rappelle donc que dans quelques mois, les responsables de cette belle gabegie se présenteront devant nous pour requérir nos voix, comme si de rien n'était. Ce sera l'occasion de leur rappeler que quand on prête serment de servir le peuple et de respecter sa volonté, on s'engage à le faire. Il faut que cet automne le déni du vote populaire du 24.2.08 soit un thème de débat, comme symbole et illustration de l'exigence de crédibilité qui fait ou défait la politique.

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03/02/2009

Votations du 8 février, deux sujets en grand danger. Genevoises et Genevois encore un effort!


En période de crise, on redouble de méfiance.
Mais attention de ne pas se tromper d’objet.
Parmi les sujets de votation cantonale et fédérale, deux me semblent particulièrement en grand danger.
D’une part les bilatérales. La majorité populaire semble contre tout rapprochement européen de la Suisse. La voie bilatérale a été choisie pour néanmoins codifier les relations avec nos voisins, sachant que sur deux francs un est gagné dans les relations extérieures.
Si même les bilatérales ne trouvent plus grâce, comment alors organiser les relations avec nos voisins ?
Il n’y a pas vraiment autre chose de possible, dans la situation actuelle.
Moins que cela, cela n’existe pas ! A moins d’avancer la tête dans le sable.
Reste la crainte des plus de 50'000 frontaliers. Ce serait mensonger de nier les situations de sous-enchère salariale et de concurrence sur le marché de l’emploi, chacun-e en a été témoin.
Mais je pose la question : le refus des bilatérales n’y changera strictement rien.
SI ce ne sont pas les frontaliers ce seront d’autres catégories de travailleurs, de plus loin, même clandestins.
Car la cause est tout autre : dans l’absence de contrôles sur les places de travail, dans la difficulté d’imposer véritablement les conventions collectives, de lutter contre les employeurs moutons noirs. La faute n’est pas chez les travailleurs qui acceptent ces conditions, toujours meilleurs semble-t-il à ce qu’ils trouvent ailleurs (où la vie est nettement moins chère soit dit en passant) mais chez les employeurs qui pensent profit à court terme. L’économie craint qu’un non sorte des urnes, qui nous compliquera à tous la vie, mais elle doit absolument balayer devant sa propre porte et collaborer davantage avec l’Etat et les syndicats pour contrer efficacement la sous-enchère sociale bien trop répandue.
C’est cela la réponse aux craintes des Genevoises et Genevois et la fermeture des frontières n’y changera rien du tout. Nous sommes liés depuis des siècles à un arrière-pays frontalier, l’enjeu n’est pas dans la rupture des relations ou la non-relation mais dans l’organisation et la maîtrise des conditions de travail à Genève même.

L’autre sujet menacé est la possibilité du vote électronique. Les opposants à cette possibilité font comme si on allait introduire ce mode de vote demain. Cela est faux. On nous propose de modifier la constitution pour permettre, une fois que l’on aura encore bien vérifier toutes les conditions, de modifier la loi pour aller dans ce sens. Voici quelques décennies, l’abstentionnisme sapait la légitimité de beaucoup de votes. Les élus se contentaient d’un tiers de participants au vote, divers textes de loi ont été (mal)traités avec encore moins de votants. Intérêt et légitimité en baisse. Le vote par correspondance a inversé la tendance, et quoi qu’en pensaient les nostalgiques du seul bureau de vote, la tendance au désintérêt s’est inverse. La démocratie et les modes de vote doivent également aller avec leur temps.
Ces dernières années diverses expériences avec le vote électronique ont été mises sur pied. Il est intéressant d’observer que d’emblée, et dans toutes les communes qui se sont prêtées au jeu, qu’il s’agisse d’Anières ou d’Onex, 20% des électrices et électeurs ont opté pour ce mode de vote. Là aussi on ne comprendrait pas pourquoi on peut faire des payements par internet, réserver un billet d’avion, signer des contrats, bref gérer sa vie quotidienne et parfois d’importants flux d’argent, sans risque et complications (le e-banking, ça existe !!) et que pour les votations il y aurait mille et une certitudes ? Une chose est claire, s’il y a moyen de frauder, c’est au niveau du vote par correspondance. On peut prendre l’enveloppe du voisin qu’on sait absent, imiter sa signature, et le tour est joué,voter à la place de sa grand-mère qui ne s’y intéresse plus parce qu’à 90 ans elle se désintéresse, voter en famille… Tout cela est connu et pourtant personne ne pourrait revenir sur un mode de vote qui s’est complètement généralisé. Le vote électronique est bien plus sûr et constituerait le 3e pilier de notre expression démocratique. Alors pourquoi se priver d’y avoir recours, un jour ? Ce n’est rien d’autre que cela qui est proposé aux Genevoises et Genevois. Alors si on y a goûté comme c’est le cas des 8 communes qui ont fait les essais de ces dernières années, on n’a plus envie d’y renoncer !

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