01/03/2009

Relance verte, l'irresponsabilité fédérale

Frappés par la plus grande crise de ces dernières décennies, les Etats de l’OCDE ont injecté ces six derniers mois dans l’économie défaillante entre 3'000 et 11'000 milliards de CHF (selon les estimations).
En partie en pure perte (sur les 64 milliards reçus de la Confédération l’UBS en a déjà perdu 20), mais aussi dans des secteurs sans véritable avenir, comme l’automobile (le moteur à explosion contribuant puissamment au renforcement de l’effet de serre et à l’épuisement des réserves en pétrole).
Pourtant ces sommes fabuleuses devraient donner le pouvoir de faire le ménage, et de soutenir ce qui a un avenir et fait sens par rapport aux vrais besoins du monde. C’est ce que l’ONU a appelé le Green New Deal : énergies renouvelables, rénovation du parc immobilier, déploiement de la voie ferrée, autonomie alimentaire, réponse aux besoins des plus démunis dans le monde (1,1, milliard d’êtres humains n’ont pas de toit, 1,6 milliard pas d’eau potable et pas d’assainissement digne de ce nom). La voix du bon sens même. Il n’en reste pas moins que pour l’essentiel les milliers de milliards ont été versés dans le gouffre sans fond du développement actuel, dont on sait pourtant qu’il n’est pas durable.
Saisissons l’occasion de la crise pour faire le tri et permettre à nos sociétés, au lieu de préparer la prochaine crise, de prendre les bonnes options et de se redresser véritablement.
L’extrême prudence du Conseil fédéral est ici incompréhensible et pas acceptable. Les crédits pour l’énergie solaire sont épuisés, le parc immobilier est assaini au compte-gouttes, la recherche énergétique démobilisée, où sont les priorités? Ce qui se passe à Berne tient de l’irresponsabilité.

14:53 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

Relancer le capitalisme vert sans changer la logique de croissance illimitée, la propriété privée des moyens de production, ni nos paradigmes de pensée (logique du "toujours plus", guerre concurrentielle de tous contre tous, course au profit, au luxe, au confort) est vain pour la planète, car tous les efforts seront anéantis par l'effet rebond.

Alors, certes, il vaut mieux une relance par le ferroviaire et l'isolation des bâtiments qu'une relance par les autoroutes et le nucléaire, mais tout de même, on ose espérer d'un parti de gauche qu'il voie plus loin que ça... non?

Écrit par : Sandro Minimo | 01/03/2009

"où sont les priorités?"

Dans les profits. Le système marche au profit et les dirigeants actuels sont incapables de penser en dehors du système, même si le système est en faillite.

Tous les marchés tendent vers des monopoles pour augmenter le profit. Alors les énergies renouvelables sont clairement un scandale. Si chaque maison, chaque immeuble devient autonome du point de vue énergétique, où sera le profit des compagnies énergétiques? Envolé! Inacceptable!

Toute la droite voulait du moins d'Etat. Eh bien voilà l'Etat suffisamment affaibli pour n'être plus en mesure de venir au secours de ceux qui voulaient sa réduction. Bien fait pour leur gueule.

Il serait temps de changer de base, mais la propagande capitaliste fonctionne à plein régime. Surtout de parler que de la surface des choses. Panem et circenses. Pour le pain, cela risque toutefois de devenir difficile dans certains pays. Et il ne faut pas croire que nous soyons à l'abri.

Quant aux dirigeants, ils sont tous plus incapables les uns que les autres. En injectant des milliers de milliards, ils préparent une inflation à 3 chiffres comme un vulgaire Zimbabwe. Il suffirait d'aller prendre l'argent où il est.

Quant à ceux qui réclament la fin des paradis fiscaux, ils leur suffirait de rétablir le contrôle des mouvements de capitaux, mais évidemment c'est plus facile de faire preuve de démagogie. Et il ne faut surtout pas faire de peine aux copains.

Écrit par : Johann | 01/03/2009

Les commentaires sont fermés.