28/06/2009

14’000 logements sur 135 hectares, Chevrolet aurait-il fumé la moquette?


Michel Chevrolet, animateur actif sur nos ondes locales et par ailleurs vibrionnant Constituant déterre la baguette magique dont Genève rêvait depuis longtemps. Elle s’appelle «Il n’y a qu’à». Il n’y a qu’à… bourrer un périmètre de 135 hectares de 14000 logements ! Et vite fait, car il y en a marre d’attendre.
Oui il y en a marre de la crise du logement. Mais il y en a aussi plus que marre des démagogues du n’y a qu’à et des solutions à l’emporte-pièce qui ne font que créer les problèmes de demain.

Ce périmètre n’est pas une friche urbaine, une zone sinistrée avec rien dedans. Il compte actuellement 21’000 emplois, c’est une zone économique fort active. Y faire des logements est une bonne chose, bien entendu, en faire progressivement un espace urbain de qualité, où il faut bon vivre, un projet mobilisateur.

La pétition du sieur Chevrolet a juste deux petits hics : d’une part, que faire des entreprises et des activités actuellement présentes sur le secteur ? Départ en périphérie pour une zone industrielle, alors que le secteur est excellemment situé en termes de proximité de la ville et de desserte notamment ferroviaire ? Combien d’entreprises et combien d’emplois doivent partir, combien peuvent rester ? Vaste débat dans lequel on s’étonne qu’un élu d’une liste particulièrement proche des entreprises taille allègrement à la hache.
D’autre part, comment passer de actuellement 3000 logements à 14000 ? Ce chiffre fait froid dans le dos: il faudrait 5 fois le Lignon ou 16 fois les tours de Carouge. Il est vrai que le Conseil d’Etat n’a pas été capable de définir clairement les objectifs et les paramètres retenus pour la requalification et le développement de ce vaste périmètre, et a lancé des procédures de préavis dans les conseils municipaux concernés qui ne sont rien d’autres que des chèques en blanc.

Battons-nous donc pour faire aboutir le référendum lancé par la gauche en Ville de Genève pour remettre ce plan sur de bons rails, et notamment en exigeant une parité entre logements et emplois sur le site, et un urbanisme de qualité. Non aux tours de luxe et aux cages à lapins hyperdensifiés que d’aucuns veulent nous imposer à travers une pétition ultra-simpliste, oui à un logement de qualité et aux emplois de proximité.

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Commentaires

Que Chevrolet fume la moquette, ce ne serait pas une grande surprise... le plus grave c'est que Mark Muller puisse sortir ces chiffres du chapeau sans se ridiculiser totalement!

Cela dit, faut-il vraiment une parité logements-emplois? Pour rattraper le retard en terme de logements et pour pallier à la pénurie, ne devrait-on pas plutôt construire PLUS de logements que d'emplois?

Merci d'avance de votre réponse...

Écrit par : Sandro Minimo | 28/06/2009

A Sandro Minimo

Je réponds bien volontiers. On se plaint constamment des mouvements pendulaires,plus on met en équation le nombre d'emplois et de logements dans un même secteur plus il y a de chances que les gens trouvent de l'emploi dans le quartier. De plus n'oublions jamais que le secteur du PAV compte actuellement de nombreuses entreprises et 21000 emplois, le terrain n'est pas nu et il n'est pas opportun de déloger sans plan précis de relogement les entreprises; le nombre de logements qu'on peut faire sur le secteur est aussi déterminé par ce qu'on veut/peut proposer aux entreprises en place. C'est pourquoi on ne peut pas dire construire PLUS de logements que d'emplois car les emplois sont déjà là. Cordialement René Longet

Écrit par : Longet | 29/06/2009

Chevrolet, mec malhonnête, il essaye de se faire un gros pactole, mais son passé de petit escroc va le rattraper

Écrit par : Maurice | 29/06/2009

je n aime pas bcp chevrolet, dieu sait quel interet a t il de se mettre avec les liberaux pour le projet de La Praille. Je ferais davantage et logiquement plus confiance a l ASLOCA. En outre, faisons bien les choses et pas dans la precipitation. Mes consorts de concitoyens genevois voulait a tout prix un stade pour copier le FC Bale, et resultat, un stade mal concu... Au moins que le projet La Praille profite bien aux gens, et moins aux entreprises qui ont deja ete tres gates pendant ces dernieres 20 annees...

Écrit par : mindart | 29/06/2009

Chevrolet ? Une erreur de casting.

Écrit par : Charly Schwarz | 29/06/2009

Il n'y faut des logements intermédiaires à Genève. la Gauche ne parle que de logements sociaux et les autres, comment doivent-ils faire ? Le PAV est l'occasion unique de remodeler la ville en construisant de nombreux logements 3000, 6000 mais 14 000 serait une projection plus juste car dans 20 ans ce chiffre paraîtra trop peu. De nouveau on critique les uns(chevrolet) en préférant d'autres (asloca) sans faire avancer le dossier. C'est à vous M. le Député d'insuffler un vent positif et constructif sur le dossier.

Écrit par : demain | 29/06/2009

Lu dans un commentaire dans un blog ; "Zurich a pris une autre tournant, elle a décidé de construire de logements avec des surfaces suffisantes plutôt grandes pour y accueillir des familles. Ce ne sont pas des logements "sociaux" mais des logements "familiaux" à des prix abordables. C'est une volonté politique. Ces logements sont de bonne qualité et utilisent des techniques environnementales actuelles dans un environnement joignant jardins, rues piétonnes et garages en sous-sol. Tout y est pour contenter la plus grande majorité. Un exemple à explorer et à suivre. Qui sait !" Qu'en pensez-vous ? Cela me semble un concept d'un autre type qui illustre le besoin des familles de se loger décemment dans des espaces grands et dans un environnement alliant mobilité douce, verdure mais aussi le fait de posséder un véhicule dans un parking sans devoir le laisser sur la voie publique.

Écrit par : sirène | 29/06/2009

On peut également se poser la questions du développement comme but en soit ... les habitants actuels de Genève veulent-ils de nouveaux arrivant ?

En effet, plus d'habitants, c'est plus de nuisances, plus de voitures, moins d'espace.

Écrit par : Djinius | 29/06/2009

@Djinius. Les personnes sont arrivées sur Genève car le Canton a créé de nombreux emplois et de nombreuses entreprises s'y sont installées depuis quelques années en enrichissant le Canton quelque part car l'attraction de cette ville est fameuse au niveau mondial avec de bonnes conditions cadres à tous les niveaux. Evidemment, le manque d'infrastructures routières et ferroviaires ainsi que la pénurie de logements nous pénalise. de toute manière, le Canton n'est pas extensible et à long terme les prochaines entreprises iront là où cela est possible en matière d'espace et de logement c'est-à-dire sur les Cantons de Vaud, Fribourg, Neuchâtel.

Écrit par : demain | 29/06/2009

@demain,

Par extension, on peut donc se demander si attirer toujours plus d'entreprise doit être une fin en soit ? Elles apportent certe des recettes fiscales ... mais si on commençait par éviter de réduire les impots et ainsi de couper l'Etat de ses rentrées actuelle ?

Écrit par : Djinius | 29/06/2009

Si on veut encore des prestations sociales à Genève il n'y a pas de miracle comme vous le dites, il faut de recettes fiscales et celles des taxe payeurs habituels ne suffisent pas. Soit il fait garder les paquets fiscaux pour quelques nantis ou avoir des sociétés qui rapportent pour alimenter les rentrées fiscales. Dans tous les cas, il faut faire des choix...

Écrit par : demain | 29/06/2009

@demain,

Ton raisonnement est trop binaire pour me convaincre, et ta phrase "Si on veut encore des prestations sociales à Genève il n'y a pas de miracle comme vous le dites, il faut de recettes fiscales et celles des taxe payeurs habituels ne suffisent pas. " est un simple énoncé, sans le moindre début d'argument.

Essaye d'argumenter, tu verras, ca fait pas mal.

En ce qui me concerne, je le répète, Genève peut très bien continuer à être une ville prospère, sans viser un développement démocraphique et économique comme un but en soit. Pour cela, il faut assurer le financement des services publics et ne pas continuer à couper l'Etat de ses ressources, comme le proposent systématiquement les partis bourgeois avec leur programme de baisse d'impôt.

Écrit par : Djinius | 30/06/2009

@Djinius. Merci de vos conseils qui nous brossent une analyse très fine et tout-à-fait adéquate de la situation genevoise : le statut quo, ne pas toucher aux prestations du sacro-saint Etat. Est-ce qu'il est encore permis de demander à nos fonctionnaires d'être plus efficaces ou bien de mieux optimaliser et gérer les prestations sociales et cultures de la Ville/Canton de Genève (cf. subvention des Bains des Pâquis alors qu'1 million de perte est annoncé). Juste pour noter que 30% de la population de Genève ne paie pas d'impôt, comment allons-nous satisfaire tout le monde sans hausse d'impôt et avec des revenus à la baisse (crise oblige) : c'est une équation simple, il faut couper dans le budget et serrez la vis.

Écrit par : demain | 30/06/2009

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