17/02/2010

Rentes : Dévaluation à froid

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On se demande pourquoi le bon peuple ne fait plus confiance !

Voici un bon exemple. On vous vend le 2e pilier comme assurance sans faille qui vous permettra de dormir tranquille durant vos vieux jours. On inscrit dans le marbre de la constitution la garantie du maintien du niveau de vie.

Et un beau jour à Berne sous la coupole fédérale (là où on se fait berner, justement) une majorité d’élus modifient subrepticement le taux de change. Votre franc versé ne vaut du jour au lendemain plus que 80 centimes.

De qui se moque-t-on ? L’épargne forcée du 2e pilier dévaluée à froid ? Un vrai scandale. On a trimé toute sa vie, pour se faire avoir ?

Le même parlement qui a versé en une soirée 62 milliards à une banque pour couvrir des crédits spéculatifs en Amérique, dont 20 milliards ont été aussitôt perdus, fait passer à la caisse tous ceux qui se sont saignés pour se cotiser croyant dur comme fer dans la solidité des paroles des élus, dans la solidité de leur retraite.

Les socialistes ont dépisté le piège, récolté avec les syndicats les signatures nécessaires et vous permettent citoyennes et citoyens de passer à l’acte en disant un grand NON à cette razzia sur nos vieux jours.

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Commentaires

Escroquerie financière planifiée et annoncée !
Il est bien évident que les assureurs ont tout intérêts à mettre en péril les avoirs du 2e pilier étant donné que l’état, donc les citoyens, sera là pour payer les pots cassés.
Et il ne faut pas compter sur notre ministère fédéral de l’économie pour éviter cette catastrophe, tant il est à la botte des milieux économiques.
S'il y a une économie est à faire, c’est bien précisément de ce ministère de l’économie complice de cette main basse sur les avoirs du 2e pilier.
Franchement, si le 7 mars prochain, les citoyens et citoyennes de ce pays acceptent cette initiative, ils acceptent aussi d'être spoliés.

Écrit par : Rollmops | 17/02/2010

je ne me fais pas de soucis pour vous et vos collègues politiciens!

J'entendais ce matin sur France Culture une émissions sur le scandale du Canal de Panama, c'est Genève dans un an!

Les politiciens sont complices des banquiers, ils font souvent partie des conseils d'administrations, entre Franc Maçon on se soutient!

Écrit par : dominiquedegoumois | 17/02/2010

C'est fini la confiance aveugle, ils veulent notre argent pour spéculer, je voterais comme vous Messieurs un grand NON

Écrit par : JO | 17/02/2010

Pourquoi le "bon" peuple ne fait-il pas confiance?
- Parce que le bon peuple ne fait pas confiance par définition. Un peuple qui fait confiance à ses autorités n'est pas un bon peuple. C'est un peuple de moutons.
- Parce que le bon peuple n'est pas sot. Il voit bien que ceux qui gesticulent sur l'estrade n'ont aucune volonté de régler les problèmes avec objectivité, mais seulement d'appliquer à la réalité les lambeaux d'une idéologie dépassée. Votre billet ne fait pas exception à la règle.
Vous essayez de créer une opposition entre une élite (Berne, au hasard) et les classes laborieuses qui ont trimé toute leur vie, qui se sont saignées pour cotiser, etc., comme si nous ne vivions pas dans une société qui s'inquiète essentiellement d'acquérir des biens inutiles et de ne pas s'ennuyer durant ses loisirs. Ni les taux de conversion ni l'âge de la retraite ne sont gravés dans le "marbre de la constitution".
Vous voulez faire des effets de manche en exagérant ("votre franc versé ne vaut du jour au lendemain plus que 80 centimes"). Qui a parlé d'une baisse de 20%? Le bon peuple n'est pas sot. Il n'y a pas besoin de recourir à la caricature pour lui parler.
Savez-vous quelle était l'espérance de vie en Suisse au moment où l'AVS a été mise en place? Et savez-vous de combien d'années elle a augmenté en ces quelques décennies? Je lis sur le site internet d'Avenir Suisse: "Dans les premières années de l'AVS, les hommes ont bénéficié en moyenne d'une retraite pendant 12 ans et les femmes pendant 14 ans; aujourd'hui cette durée chez les hommes est augmentée de 6 ans et chez les femmes même de 8 ans. Couplé avec un taux de natalité en baisse, de moins en moins de travailleurs sont actifs pour toujours plus de rentiers: en 1948, année de l'introduction de l'AVS, il y avait 6,4 travailleurs pour une rente de vieillesse, aujourd'hui, ce chiffre est de 3,7. Pour l'AVS, il résulte de ce développement démographique une situation de déséquilibre qui doit être impérativement corrigée." Donc soit il faudra augmenter les cotisations, soit baisser le taux de conversion, soit élever l'âge de la retraite. Soit un peu des trois... Si le bon peuple a un semblant de logique et d'indépendance (ce que vous déclarez sans doute souhaiter), il acceptera la baisse du taux de conversion.

Écrit par : Lord Acton | 18/02/2010

"Ni les taux de conversion ni l'âge de la retraite ne sont gravés dans le "marbre de la constitution"."

Pas tout à fait, puisque l'article 113 de la Constitution précise que "la prévoyance professionnelle conjuguée avec l’assurance-vieillesse, survivants et invalidité permet à l’assuré de maintenir de manière appropriée son niveau de vie antérieur;"

"Donc soit il faudra augmenter les cotisations, soit baisser le taux de conversion, soit élever l'âge de la retraite."

Vous mélangez l'AVS, dont le rapport démographique est une composante essentielle, avec le 2ème pilier qui est en capitalisation. De plus, certes la longévité intervient dans les deux assurances, mais la LPP n'existe que depuis 1985 et la prise en compte de la longévité a déjà été opérée en 2005, lors de la première baisse.

Écrit par : Souflette | 18/02/2010

@Souflette:
Je ne crois pas que je mélange l'AVS et la LPP. Ce sont deux outils qui doivent tous deux s'adapter à une réalité qui évolue, et qui dépendent tous deux, en définitive, du nombre d'années de cotisation et du nombre d'années de survie au-delà de la fin de la période d'activité rémunérée.
Par ailleurs, quel que soit le texte de l'art. x ou y de la constitution, une constitution n'est clairement pas gravée dans le marbre. Elle évolue au gré des changements de notre société. On ne peut pas faire peu d'enfants, mettre les vieux dans des homes qui bouffent tous les héritages de la classe moyenne, casser systématiquement tous les liens de la solidarité familiale, et vouloir couler une retraite paisible dès le début de la soixantaine... Ce système a fonctionné grâce à une surchauffe économique qui permettait tous les gaspillages. Mais cette époque est terminée. Nous devons nous réorganiser.

Écrit par : Lord Acton | 18/02/2010

"qui dépendent tous deux, en définitive, du nombre d'années de cotisation et du nombre d'années de survie au-delà de la fin de la période d'activité rémunérée."

Vous confondez système en répartition (comme la sécu française et l'AVS) et en capitalisation (caisses de pensions), renseignez-vous un peu plus sur les spécificités des deux systèmes et leurs sensibilités, vous remarquerez qu'à part la longévité des rentiers et l'âge ordinaire de la retraite, les deux systèmes se complètent relativement bien.

Quant à l'objectif constitutionnel, il s'agit d'un socle qui définit clairement les buts d'un système d'assurances sociales...nous devons nous prononcer sur cette baisse compte tenu de ce but (qui d'après les défenseurs de la baisse ne serait pas touché), si celui-ci devait être remis en question alors il faut modifier la constitution elle-même, pas pratiquer un saucisosnnage des coupes. Vous êtes libre de ne pas avoir confiance dans le système, et vous faites effectivement le jeu de ceux qui veulent le démanteler, mais il convient de dénoncer ceux qui affirment qu'un oui rendrait le système plus fiable, alors qu'il s'agit en fait d'une fragilisation.

In fine, c'est sur la confiance dans le système que l'on doit se prononcer. Je respecte votre choix pessimiste, mais j'encourage les autres à se mobiliser, surtout les petits et moyens revenus, premiers concernés.

Écrit par : Souflette | 18/02/2010

Il y a un petit indice sur la façon dont voter : les banques et autres organismes financiers, recommandent le "oui" ... fais marcher ton cerveau camarade !

Écrit par : Djinius | 18/02/2010

On a déjà réduit le taux une fois. Si le besoin se faisait sentir on pourra le faire plus tard. En acceptant maintenant, nous faisons un beau cadeau aux compagnies d'assurance. Elles pourront verser des dividendes plus juteux à leurs actionnaires, sur notre dos évidemment!

Écrit par : Hakim | 18/02/2010

@Souflette:
Je suis optimiste car je pense que la population saura s'adapter. Vous pouvez tourner le problème dans tous les sens, et dire que je confonds ceci et cela. Mais il demeure qu'au bout du compte, il est logique que l'on doive rééquilibrer un système qui n'a pas été créé pour une situation telle que celle d'aujourd'hui. Que cela soit de la répartition ou de la capitalisation (ou n'importe quel autre mode de calcul imaginable), le problème auquel nous sommes confrontés est le même: l'augmentation de l'espérance de vie a pour conséquence que la proportion de personnes inactives pour des raisons d'âge augmente, et que les rentes sont versées sur des périodes de plus en plus longues. Certes, il est fantastique que l'espérance de vie ait augmenté, mais cette augmentation a forcément des conséquences. Pour l'instant, on crie à l'idée de travailler plus longtemps, on crie à l'idée que les cotisations augmentent, et on crie à l'idée d'une diminution des rentes. L'idée de droits définitivement acquis mène à l'impasse.

Écrit par : Lord Acton | 18/02/2010

Tout à fait d'accord sur l'espérance de vie, pas du tout sur le nombre de rentiers par rapport aux actifs qui est un problème qui n'a rien à faire ici, mais comme je vous disais l'augmentation de la longévité a déjà été prise en compte et l'argumentaire initial à la baisse était la baisse sur les marchés financiers, argument qui péclote légèrement ces temps. Faire face aux problèmes est une bonne attitude, mais se dépêcher de sucrer les rentes sans vraiment avoir réfléchi ni pris toutes les variables en compte en est une mauvaise.

Écrit par : Souflette | 18/02/2010

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