26/03/2010

Sarkozy et l’écologie, un révélateur

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On dit que les hommes (et femmes bien entendu) politiques se révèlent lorsqu’ils traversent des zones de turbulences. Sarkozy défait aux régionales se révèle tel qu’en lui-même et confirme magnifiquement la raison même de sa disgrâce auprès des Français : son absence de colonne vertébrale, son absence de projet et de vision. Un nouveau Chirac en plus agité en somme.

Voici quelques années Sarkozy avait annoncé en grande pompe qu’il était temps de prendre en compte les enjeux du développement durable, face aux ravages du consumérisme et du néolibéralisme. Quelques mesures novatrices, le fameux Grenelle de l’environnement. Puis que sacrifie-t-on au premier revers électoral ? Le développement durable, précisément. On invoque quotidiennement la nécessité « vitale » de ne pas toujours sacrifier le long terme au court terme et on fait exactement ce qu’on dénonce.

Belle leçon de ce qu’il ne faut pas faire en politique. Comment peut-on prétendre défendre une nation, incarner un projet quand on est à ce point fragile, peureux, velléitaire ?

De quoi s’agit-il ? Sarkozy découvre les enjeux écologiques et veut lutter contre les immenses gaspillages énergétiques dus à l’organisation aberrante de la mobilité dans notre société et aux façons négligentes de bâtir. Un remède, simple, préconisé dans d’autres pays, taxer les émissions de gaz carbonique. Un espoir : qu’entreprises et particuliers pour éviter de payer la taxe se donnent les moyens d’émettre moins de CO2 et donc de consommer moins d’énergies qui en émettent. Un problème. Il n’y a pas toujours des substituts. Notamment pour les personnes vivant en habitat dispersé, en région rurale, où tout service de transports publics digne de ce nom a disparu depuis belle lurette (ça existait mais ça n’existe plus), et qui sont souvent celles aux revenus les plus faibles, qui utilisent encore vaille que vaille leurs vieux véhicules ma foi un peu plus polluants que les neufs trop chers pour eux.

Reste que cette taxe était devenue un symbole d’un engagement même impopulaire. Mais il n’a pas survécu au premier avis de tempête. Message clair : en cas de problème c’est l’écologie qu’on sacrifie.

La vraie solution : pourquoi toujours taxer, pourquoi ne pas promouvoir, encourager, inciter, mettre en place du neuf ? L’abandon de la taxe carbone aurait pu être une belle occasion de remplacer une mesure coercitive par un beau bouquet printanier de mesures incitatives. Au lieu de cela c’est l’écologie qui a été abandonnée. Au lieu de changer de méthode on change de sujet et occulte le thème qui fâche. Encore une fois Sarkozy a illustré parfaitement la raison pour laquelle il a tellement déçu.

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