23/01/2011

Ramassez les fusils!

La Suisse: 7,8 millions d'habitants. 2,3 millions d'armes à feu. En Europe cela n'a pas son pareil. Il faut aller au Texas ou en Arizona (tiens, ça nous rappelle quelque chose) pour compter un tel nombre de fusils et pistolets. Et nous qui regardons les Américains et leur fantasme des armes de haut!
A quoi ça sert, toutes ces armes? Au tir sportif. OK ceux (et celles, car le tir sportif se pratique aussi au féminin) qui en ont les capacités n'auront pas de problème avec l'examen et le registre fédéral. A la chasse. OK quand et là où c'est permis (pas à Genève heureusement), de même, pas de restrictions particulières. Donc tireurs et tireuses sportifs, chasseurs et chasseresses, rien à craindre, si vous êtes réglos, vous pouvez et devez voter oui le 13 février! De même les collectionneurs, leur arme par définition n'est plus faite pour servir. Mais tous les autres,que font-ils avec des objets inventés pour tuer à portée de mains?


Qui donc a besoin d'une arme à feu à la maison?

A part certaines situations où la police atteste d'un besoin de protection particulier,  qui a besoin d'être armé chez lui?
Les forces de l'ordre ont précisément le monopole de la force, dans tout pays civilisé, acquis fondamental d'un Etat de droit et d'une société organisée. Le port de l'arme par des particuliers doit rester tout à fait exceptionnel.

Reste le cas des militaires, de notre concept traditionnel de l'arme à la maison. On voit bien que ce n'est nullement un enjeu de fonctionnalité et de crédibilité de l'armée. L'armée n'a pas besoin que les militaires gardent leur fusil à la maison. Personne n'a un véhicule militaire dans son jardin sous prétexte de devoir être toujours prêt. Place-t-on les chars d'assaut dans les quartiers pour être prêts en cas de mobilisation? L'armée n'est nullement affaiblie par la possibilité, qu'elle offre d'ailleurs déjà, de déposer cette pièce d'équipement particulièrement encombrante et délicate à l'arsenal. Mais peu de militaires, malheureusement, font usage de cette possibilité...

La Fédération des médecins suisses (FMH), Stop suicide, de nombreux officiers de l'armée, de nombreux policiers soutiennent l'initiative pour la protection contre la violence des armes, pour la réglementation stricte de leurs port et usage. Qui est contre? Ceux qui veulent à tout prix garder des traditions. Des traditions qui coûtent cher en drames et qui ne servent à rien. Ce ne sont pas ce genre de traditions auxquelles il faut s'attacher. Tournons la page de ce machisme d'un autre temps, dont, tel un acte manqué, l'affiche des jeunes UDC de Genève (d'habitude en pointe sur tous les sujets dits de sécurité...) démasque parfaitement: l'arme comme prolongement de la virilité. Il est temps d'en finir avec une telle image, il est temps de prévenir les coups des sang qui dégénèrent en coup de feu, il est temps de mettre les fusils des militaires là où ils doivent être, là où sont tous les autres équipements du soldat: à l'arsenal.

 

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Commentaires

Vous avez raison, c’est nul les traditions, c’est pas hype.

Dans quel monde croyez-vous vivre ? Devrait-on interdire les couteaux de cuisine au motif qu’on peut se blesser avec ? Les téléphones cellulaires sous prétexte qu’ils coûtent cher en drames?

Les citoyens suisses sont en possession d’une arme qui leur permet, en dernier recours, d’avoir de quoi se défendre. Au nom de quoi prétendriez-vous leur interdire cette possession ? Décider de ce qu’ils doivent et ne doivent pas avoir ? Le danger de la possession d’arme est un argument aussi subjectif que fallacieux, qui ne résiste pas à l’examen. Il ne fait que témoigner de l’égoïsme de ceux qui prétendent libérer la société en multipliant les interdits pour qu’elle ressemble au maximum à leur petit idéal infantile.

Les drames conjugaux sont toujours des drames, avec un pistolet ou quoi que ce soit d’autre. Cette initiative est hypocrite, liberticide et monstrueuse sur le plan de la dissuasion. Désarmer les honnêtes gens revient à armer les criminels, bien que les Bisounours se cachent les yeux devant cette réalité qu’ils ne sauraient voir, aveuglés qu’ils sont par leur fureur de ne pas voir le monde se conformer à leurs fantasmes.

Vous vous régalez de grandes phrases lyriques sur le machisme d’un autre temps, alors que vous vous faites le chantre de l’anachronisme. La Suisse de 2011 n’est plus celle de 1960. Je vous souhaite sincèrement de ne jamais vous trouver en situation de danger immédiat, lorsque vous aurez à craindre pour votre vie face à une menace extérieure. La Suisse est l’un des derniers pays à avoir autant d’armes à feu en circulation parce qu’elle est aussi l’un des derniers pays à accorder assez de crédit à la liberté pour permettre à ses citoyens de conserver la responsabilité de la possession d’une arme, au lieu de tout déléguer à un Etat centralisateur et planificateur dans un élan de foi aveugle. Vous pensez qu’il s’agirait d’une avancée ? Cette confiscation serait l’un des plus grands reculs de l’histoire de la Confédération, une étape supplémentaire dans l’avilissement de l’homme, désigné irresponsable, et sa soumission au Système, qui seul sait et répand le Bien. Le tout porté par des gens qui, terrorisés face à la nature humaine, développent peu à peu une société où serait bannie toute forme d’incertitude.

Si l’initiative passe, immédiatement après, les idiots se réjouiront. Et bien des années plus tard, leurs enfants qui n’auront rien demandé, eux, s’en mordront amèrement les doigts.

Écrit par : Let the truth be told | 24/01/2011

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