13/09/2011

Sécurité à Genève, ceux qui parlent, ceux qui (s')agitent, ceux qui agissent!

Qui s'est exprimé ces dernières semaines dans la Tribune de Genève avec pertinence pour une politique claire à l'égard de la délinquance à Genève?

Un juge. Une députée particulièrement active sur le sujet. Un professeur de droit pénal, entre autres.

Leurs noms? François Paychère, socialiste. Loly Bolay, socialiste, le Prof Killias, socialiste.  Pertinents, compétents, socialistes!


Les socialistes ne hurlent pas avec les loups, ne tiennent pas de propos  alarmistes. Mais ils ne sont pas non plus lénifiants. Ils s'en tiennent aux faits et aux valeurs qui sont les leurs. Ils constatent la délinquance et savent pertinemment que "tout le monde n'est pas bon ni gentil"; il y a des gens qui ne filent droit que parce qu'il y a des sanctions fermes et qu'il existe des ressources juridiques pour combattre la délinquance. Les positions socialistes sont claires et récurrentes: davantage de policiers dans les quartiers, dans les rues, à pied, des commissariats accessibles et ouverts au public, des condamnations fermes, des travaux d'intérêt général mis sur pied par les instances d'exécution des peines. Ces revendications sont formulées depuis des années. Elles sont logiques, compréhensibles, cohérentes. Elles demandent tout particulièrement un effort soutenu de recrutement de policiers et de policières, aussi en faisant appel au bassin de main d'oeuvre des étranger-e-s établi-e-s chez nous et que ce métier interesserait (pourquoi  se priver des compétences de 40% de la population, ça ne peut pas marcher!).

Pendant ce temps, la droite naguère volontiers démago sur le sujet fait un revirement spectaculaire. A l'unisson avec Isabel Rochat, l'Entente nous dit  "Circulez il n'y a rien à voir". Et les annonces les plus contradictoires de notre ministre de la sécurité sont à chaque fois reprises en choeur par son parti. Quant à notre Zapelli, autre héritage du PLR fusionné, il nous tient des discours mettant la faute sur le code pénal alors que c'est lui-même qui édicte dans des directives qui se voulaient secrètes des tarifs plus que laxistes en matière de deal. Inconscience, incompétence, soutien aux consommateurs, politique du pire? Ou tout cela à la fois? En tous cas un cas de flagrant délit de double discours.


Entre la politique du rideau de fumée de la droite (finalement ce n'est pas complètement étonnant, elle ne se sent pas trop concernée, dans les quartiers chics on se paie des sécurités privées, et les soucis des quartiers populaires, on les laisse à d'autres...), et les "n'y a qu'à" irréalistes, et irrespectueux du droit la plupart du temps, des partis populistes, les socialistes se révèlent bien seuls à revendiquer de façon applicable et concrète une prestation publique de sécurité pour toutes et tous sans privilèges! Il est vrai qu'il est plus facile de confiner le rôle de la gauche au social (où elle est plus que nécessaire, on se rappelle par exemple la tentative combattue victorieusement par référendum au début 2010 de manipuler les rentes du 2e pilier, ou la revendication d'un salaire minimum!) que de reconnaître son action pour donner force à la loi et pour que la population puisse bénéficier de bonnes prestations de sécurité. Car c'est bien de cela qu'il s'agit, de défendre la qualité de vie et des conditions de vie correctes pour toutes et tous. Un vol de vélo ou de sac à main, des dealers à côté d'une école, du racket, du tabassage dans la rue, ce ne sont pas des nuisances inévitables de la vie moderne à accepter d'un haussement d'épaule (du moins tant qu'on n'en a pas fait l'expérience soi-même, après ça change), ce sont des agressions d'autant moins supportables que la vie est difficile et qu'on peine à nouer les deux bouts. Alors, à gauche, ça nous parle!

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Commentaires

Arrêtez cette mascarade, depuis plus de 5 ans les socialistes ont littéralement craché a la gueule de toutes les victimes de la criminalité montante (qui se trouvent principalement dans les quartiers populaires) en qualifiant ça de 'sentiment subjectif d’insécurité' ! Et vous le savez.

Maintenant tant mieux si vous avez finalement enlevé les œillères, mais il faudra faire plus qu'un discours, parce que ça n'est toujours pas très crédible.

Écrit par : Eastwood | 13/09/2011

Vous avez la mémoire courte... Il faut rappeler qu'en pleine campagne pour l'élection du PG, François Paychère prêchait naivement pour une lutte accrue contre les violences familiales, alors que la criminalité de rue explosait... Et pan sur "l'efficacité et la compétence" socialiste.

On admettra cependant que le réveil des vos collègues est approprié, quoique bien tardif. Il est vrai que vous et vos semblables avez été mis en état de léthargie par les années Moutinot auxquelles s'ajoutaient une idéologie sécuritaire faite de slogans cul-bénits qui n'ont jamais empêché les criminels de toutes sorte de commettre leurs forfaits, ni d'ajouter un seul agent de police à des effectifs déjà bien maigres.

Mais assez de mots. L'efficacité et la compétence des socialistes sera jugée aux résultats et pas aux beaux discours car le temps est à l'action.

Écrit par : Déblogueur | 14/09/2011

"Pertinents, compétents, socialistes!"

Merci pour cette franche crise de rigolade de bon matin, M. Longet.

Écrit par : Nom/Prénom | 14/09/2011

vous avez la mémoire courte Monsieur, car vous omettez de de nos parler du socialite Moutinot qui a un bilan plus que catastrophique lorsqu'il a été à la tête du département des Institutions.

Les socialistes vivez dans un monde à part à l'écart de toutes les réalités. La gauche a prouvé qu'elle n'a aucune idée et qu'elle ne fait pas avancer les choses.

On souffre actuellement de l'héritage que la gauche nous a laissé après plusieurs décénies de laxisme...

Écrit par : davide | 14/09/2011

J'aimerais une bonne fois pour toute que les politiques m'expliquent pour quelles raisons ils veulent de nombreux commissariats ouverts en permanence et accessibles au public ?

Je vous écoute M. Longet !

Saler Schlechten, habitant La Croix- de-Rozon.

Écrit par : Minet | 14/09/2011

Vous pensez vraiment ce que vous avez écrit?
En tout cas, vous m'avez bien fait sourire!
Le PS doit, et devra, porter sa responsabilité de cette situation sécuritaire catastrophique dont elle est en grande partie l'initiatrice. Avez-vous une quelconque pensée pour toutes les personnes qui se sont faites cambriolées depuis le début de l'année? Et pour celles qui ont été victimes lors d'un braquage? Il me semble que, pour elles, la théorie majoritairement socialiste du sentiment d'insecurité, qui a orienté la plupart des adoptions des lois actuelles qui amplifient la délinquance et la criminalité, ne doit plus être un simple sentiment mais une réalité.
Réalité qui était pourtant facile à anticiper, d'autres l'ont fait, maintenant il faut assumer ses paroles, et ses actes, le retournement de veste "last minute" ne passera pas Monsieur!

Écrit par : Bob Pahud | 14/09/2011

Quelques réactions aux commentaires reçus:
- La position des socialistes serait nouvelle et on retournerait notre veste? En automne... 2008 le PSS consacrait tout un congrès national à la question de la sécurité. Quant aux socialistes genevois: nous avons réuni et publié nos thèses sur les enjeux de sécurité en... novembre 2010. Tout ça est connu et disponible pour qui veut débattre honnêtement. Arrêtez de croire qu'il y a revirement ou négation de la question!! D'où viennent ces mythes? Qui a intérêt à diffamer les socialistes??
- Pour les commissariats ouverts: il est plus que frustrant de tomber sur un répondeur téléphonique ou de n'avoir que le 117 qui va vous envoyer une patrouille si disponible; avoir une cellule d'accueil où on peut rencontrer un être humain capable de debriefer l'événement, de vous défendre et de vous rassurer fait pour moi partie de la prestation publique sécurité.

Écrit par : Longet René | 14/09/2011

Monsieur Longet,

C'est avec plaisir que je découvre que pour vous désormais l'insécurité n'est plus "un sentiment subjectif", mais une réalité bien réelle. Merci de votre conversion, même si elle est bien tardive !

Quant aux solutions préconisées par vous :

" Elles demandent tout particulièrement un effort soutenu de recrutement de policiers et de policières, aussi en faisant appel au bassin de main d'oeuvre des étranger-e-s établi-e-s chez nous et que ce métier interesserait (pourquoi se priver des compétences de 40% de la population, ça ne peut pas marcher!). "

Pourriez-vous nous expliquer pourquoi ces personnes étrangères "que ce métier intéresserait", seraient moins intéressées à demander la nationalité suisse qu'à devenir policier (policière) à Genève ?
Devenir citoyen suisse est-il aujourd'hui devenu désuet ? Y aurait-il un problème, et si oui lequel ?

L'ordre public, la police en l'occurrence, ne relève-t-il pas d'une "tâche régalienne" de l'Etat ?

Quant au reste, franchement je doute fort que les Genevois se préoccupent de la couleur politique de ceux qui sauront leur apporter plus de sécurité dans leurs rues. Ils jugeront aux actes, pas aux vaines promesses, car c'est au pied du mur que l'on reconnait le maçon !

Bien à vous !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 14/09/2011

Plusieurs remarques :
- C'est la droite qui est majoritaire dans le canton et c'est sous la droite que les problèmes de délinquances et de crimes ont explosé ces dernières années. Qu'a-t-elle fait?
- La droite prône le moins d'Etat. Nous pouvons en constater le résultat et pas seulement en matière de sécurité. Aussi en matière de propreté. Genève est devenue une ville sale.
- Il est inacceptable que la sanction soit plus sévère pour un dépassement du temps de stationnement d'un véhicule que pour un délinquant qui veut se soustraire à un contrôle.
- Il est exclu de se faire contrôler par des "policiers" étrangers sur le territoire suisse. Même la déclaration universelle des droits de l'homme ne le prévoit pas. Si le nombre de citoyens suisses est insuffisant pour assurer la mission de l'Etat, à quoi le devons-nous? Certains candidats sont recalés à l'examen d'entrée. La faute à une école qui fait l'objet d'un sabotage en règle. Si les candidats ne sont pas assez nombreux, c'est que les conditions d'exercice de la profession ne sont pas assez attractives, alors que le métier est très difficile.
- Les paroles? Autant en emporte le vent. J'attends de toute la classe politique des mesures concrètes : légalisation de toutes les drogues avec contrôle par l'Etat de leur distribution. Fin de l'hypocrisie qui ne profite qu'à ceux qui investissent dans le trafic. Construction d'une prison dissuasive zéro étoile. Appliquons aux étrangers les normes en vigueur dans leur pays. Rétention administrative de tous ceux - délinquants, interdits de séjour - qui ne sont pas expulsables, avec travail d'intérêt général. Par exemple nettoyer la saleté de la ville.

La sécurité est un droit de l'homme. Ce droit n'est plus respecté à Genève

Écrit par : Johann | 14/09/2011

Laurent Moutinot, socialiste au bilan catastrophique.

Écrit par : Victor Winteregg | 14/09/2011

M. Longet,

Vous venez de me fournir le thème de mon prochain billet pour mon blog, car à travers vos réponses, je devine la position du parti socialiste, ou tout du moins la vôtre, sur la sécurité et les tâches qui se doivent d'être effectuées par la police, je vous cite :

" il est plus que frustrant de tomber sur un répondeur téléphonique ou de n'avoir que le 117 qui va vous envoyer une patrouille si disponible; avoir une cellule d'accueil où on peut rencontrer un être humain capable de debriefer l'événement, de vous défendre et de vous rassurer fait pour moi partie de la prestation publique sécurité".

Ainsi donc vous ne faite pas encore, pourtant mai 68 est bien loin, la différence entre un assistant social, un éducateur de rue, un psychologue et un policier, ou plus simplement entre un centre Lavi et un poste de police.

72% de la population désire que la police intervienne suite à une requête, une réquisition, un incident ou un accident. Le reste n'est que paperasse et le commissariat virtuel proposé en son temps par le PDC est une des solutions. Un bureau unique d'enregistrement des plaintes, tout comme l'OCP, l'Hôtel des finances, le SDC ou l'Ocan sont uniques, est une deuxième solution pour ceux qui n'ont pas internet.

L'idéologie de gauche, qui pense que d'avoir un poste de police ouvert 24/24 dans tous les quartiers est rassurant est fausse, utopique, elle nuit au bon fonctionnement opérationnel de la police et de ses missions premières. L'insécurité ne sera jamais vaincue par un poste de police ouvert, avec 3 agents bloqués à l’intérieur pour y assumer un accueil administratif dans bien des cas.

La suite de ma réflexion, et mon idée personnelle sur la question, sera à lire sur mon blog.

Pour finir, juste une dernière question : Quand vous voyagez, en arrivant dans une ville, un village, un quartier inconnu, cherchez-vous à savoir où se trouve le poste de police le plus proche, juste pour vous rassurer ?

Walter Schlechten.

Écrit par : Walter Schlechten | 14/09/2011

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