12/02/2012

Pour réduire la dette: une fiscalité plus juste

La bonne gestion publique ce n'est pas l'accumulation des déficits et de la dette qui s'ensuit, qui ne fait que mettre les colletivités sous la coupe des marchés financiers. Et à Genève les communes sont tenues à un budget équilibré (du moins sur la législature), ce qui n'a empêché personne qui le voulait de mener une politique municipale de gauche (et je parle en connaissance de cause).

La bonne gestion publique c'est aussi être efficient dans l'organisation et la gestion des ressources humaines et financières. Le service public passe par là, la confiance des contribuables (petits ou gros) aussi. Par contre, soyons très attentifs à ce que les mesures d'organisation se fassent de manière transparente, participative et dans le respect des personnes. D'ailleurs la gauche est aujourd'hui la meilleure en termes de gestion, comme cela a été reconnu tout récemment par PME-Magazine et l'IDHEAP en décernant le brevet de la meilleure gestion à Sandrine Salerno en charge des finances de la Ville de Genève.

La droite est mauvaise gestionnaire aussi parce qu'elle refuse obstinément de regarder du côté des recettes.


Le parti socialiste vient de faire aboutir avec 14'000 et 13'600 signatures deux initiatives visant à supprimer deux privilèges accordés de façon intransparente et régalienne par le Conseil d'Etat, les forfaits fiscaux aux personnes physiques particulièrement riches, et les exonérations aux entreprises qui n'en ont pas besoin.

Or, sait-on assez qu'en vertu des allègements fiscaux en vigueur pour les entreprises, ce sont 550 millions qui manquent dans la caisse de l'Etat?

Et que les 750 heureux bénéficiaires de la taxe forfaitaire payent environ chacun 100'000.-, alors que s'ils étaient taxés en fonction de leur situation, ce serait  4 àt 5 fois plus? Faites le calcul, il est tout simple: 750 x 100'000 x 4,5 = 337,5 millions - les 75 millions perçus: ça donne un manque à gagner de 262,5 millions!!

Certes une partie de ces personnes physiques et "morales" ne seraient pas là si on ne les avait pas attirés de la sorte, mais il est temps de voir que la fiscalité n'est pas le seul facteur d'attractivité de Genève et c'est le moment de mettre les choses à plat. Il n'est pas possible d'accepter de telles inégalités, et de se priver de 550 + 262,5 = 812 millions de francs dans le budget de l'Etat. Et ceux qui protègent mordicus ces privilèges d'un autre temps sont ceux-là même qui pressurent les dépenses publiques. 812 millions c'est presque deux fois et demie le déficit du budget de l'Etat pour 2012, et on ose faire des coupes sombres dans les prestations sociales, culturelles, sportives, imposer des économies injustifiables aux associations, et on a été jusqu'à priver les citoyens de l'accès aux documents que la LIPAD leur assure pourtant, puisqu'une majorité du Grand Conseil a coupé les vivres au secrétariat de la LIPAD... Faisons régner la justice en abolissant ces traitement de faveur, et faisons rentrer dans la caisse ce qui doit y être. Et que chacun, entreprise ou personne privée, contribue à hauteur de sa situation.

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Commentaires

En clair: l'argent inconsédérément dépensé par la gauche pour ses largesses socialo-généreuses, c'est aux gens fortunés de la payer...

Je vous en supplie, ne venez pas donner des leçons de "gestion publique efficiente", car c'est vraiment l'hôpital se moquant de la charité.

Écrit par : Déblogueur | 12/02/2012

Pourtant le ministre des Finances Genevoises est de gauche, petit rappel ... utile ?

Écrit par : Victor Winteregg | 12/02/2012

"En clair: l'argent inconsédérément dépensé par la gauche pour ses largesses socialo-généreuses, c'est aux gens fortunés de la payer..." , bravo, remarque complètement pertinente, je précise que la classe moyenne fait partie des gens fortunés pour le parti à la rose.

Pour la couleur politique du magistrat des Finances genevoises (qui s'en tire bien en comparant avec les autres CE), il n'y a qu'a regarder la politique économique du canton pour se rendre compte qu'il serait plutôt à classer dans un groupe vert libéral (si ce parti avait existé ici il y a quelques années ...)

Écrit par : Alfred | 12/02/2012

Messieurs les commentateurs,
Merci de lire jusqu'au bout avant d'écrire ce qui vous passe par la tête!
1) La gauche s'en tire très bien en matière de gestion. Sandrine Salerno a été citée en exemple par PME-Magazine et l'IDHEAP comme la meilleure gestionnaire sur 20 villes de Suisse. Alors soyez admiratifs, jaloux, tout ce que vous voulez mais ne niez pas la réalité. Et quand on vous dit que nous ne sommes ni pour faire du déficit ni pour négliger l'efficience administrative, non seulement on le proclame mais on le fait!
2) Les multinationales exonérées d'impôts et les 750 forfaitisés (chaque année il y en a plus), c'est la classe moyenne peut-être?? c'est justement parce qu'on exonère ce type de contribuables aux gros moyens que les autres doivent suppléer. Quand même bizarre que ces deux seules catégories de privilèges nous privent de recettes équivalant en tous cas à deux fois le déficit de l'Etat!
Supprimer ces deux exceptions, et la classe moyenne ne s'en portera que mieux. Et on arrêtera de pressurer les associations et les prestations publiques.
Que peut-on raisonnablement objecter à cela?
Et que ceux qui incriminent les prestations sociales excessives à leurs yeux aient le courage de dire publiquement ce qu'il faut couper et à qui il faut le couper!!

Écrit par : René Longet | 13/02/2012

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