17/02/2012

le 11 mars ce n'est pas une loi anti-casseurs mais une loi anti-citoyenneté

Le Conseil d'Etat n'était pas chaud, la police encore moins. L'ex-député PLR et bientôt procureur Jornot l'a imposée en passant comme chat sur braise sur les points difficiles, une loi plus démago tu meurs: soi-disant pour limiter la casse lors de manifestations, en fait pour mettre le moindre rassemblement citoyen (par exemple pour défendre la poste du quartier que La Poste, suite à la privatisation opérée précisément par le parti de M. Jornot (le PLR donc), veut subrepticement fermer, au grand dam de nos aînés... ou pour dire sa colère devant les conditions de travail quand on est laborantin ou nettoyeur dans la grande machine des HUG) à la merci du plus petit provocateur venu.


Citoyennes et citoyens, voici ce que le parti des Jornot, Mark Muller, Luscher et autres leaders politiques et moraux de la République vous a concocté. Une loi magnifique.

Tous ceux qui veulent organiser une manifestation doivent aujourd'hui demander une autorisation, la police expertise le parcours et donne ses consignes. Ensuite c'est elle qui protège et les manifestants (contre d'éventuels contradicteurs par trop virulents) et les biens des tiers.

Dans toute démocratie, le droit de manifester est un droit absolument intouchable, que l'Etat a le devoir de garantir et de protéger, pas seulement de tolérer, et en tous cas pas le droit de réprimer. Une démocratie qui ne garantit pas la liberté d'expression n'est pas une démocratie.

Dans beaucoup de pays du monde, on se bat pour ce droit basique, élémentaire, qui appartient à tout être humain, né libre et non soumis.

Dans les démocraties occidentales, en particulier dans la tradition anglo-saxonne, la personne et ses libertés passent avant l'Etat, et ce dernier en l'occurrence a pour devoir de garantir ces libertés, que cela lui plaise ou non! Tout le reste est le commencement de l'arbitraire.

Mais voilà pas que nos libéraux se découvrent chantres de l'Etat (qui doit être protégé des manifestations au lieu de les protéger) au prix d'assommer les organisateurs... Le monde a l'envers, et pas libéral pour deux sous.

Donc, que veut la nouvelle loi Jornot? Tout simplement, si vous voulez organiser un rassemblement d'opinion sur la voie publique, vous allez non seulement comme aujourd'hui demander l'aval de la police qui après avoir expertisé la chose s'occupera du reste, non, vous allez être 1) responsables de l'ordre public sur tout le parcours et même après la manifestation (au juste combien d'heures après sa fin officielle?), et 2) responsables, même sans aucune faute de votre part, des dégâts que des tiers que vous ne contrôlez aucunement pourraient profiter de commettre... Incroyable - mais c'est dans le texte soumis au peuple. Les député-e-s qui ont voté ça l'ont-ils vraiment lu? je préfère qu'ils nous avouent que non, plutôt qu'ils placent leur honneur à défendre un texte aussi indéfendable.

Comment imaginer qu'un organisateur assure l'ordre lui-même? Dix ou vingt énergumènes du genre cagoulé, déterminés à profiter de l'aubaine, les poches pleines de tournevis et de petits cailloux, pour les arrêter, il faut avoir un équipement, certainement le spray à poivre voire plus, avoir les ressources de les poursuivre, de se bagarrer avec eux! Et même si on doit se coltiner un quarteron de buveurs de bière qui passent par là,ce n'est pas évident. Il est clair que le monopole de l'intervention doit rester à la police, elle seule en a l'entraînement et les moyens. On ne va tout de même pas recruter des milices privées, leur payer un joli uniforme (tiens voici la milice des locataires, non c'était celle des syndicats, ou plutôt des paysans fâchés par la baisse du prix de la carotte, ou alors des postiers, voire des patrons de PME qui en ont marre d'être grugés par les banques...), et les lâcher dans la rue? Pourtant c'est ce que notre ex-député et futur procureur a prévu. Après les garde-champêtre les garde-manifestations. Et c'est une autre paire de manches.

Et comment oser mettre sur le dos des organisateurs des dégâts  commis par des tiers qui n'ont rien à voir avec eux à l'occasion d'une manifestation? Les organisateurs ont le devoir de collaborer avec la police, de faire passer des consignes claires de non-violence dans les rangs, mais si des individus (de passage ou parmi les manifestations) n'entendent pas obtempérer, on fait quoi? On ne fait plus jamais de manifs? Il suffit que lors de chaque manifestation, il y ait un ou deux provocateurs, pour casser qui une vitrine qui démolir une moto sur le passage, pour ruiner tout comité d'organisation qui n'y peut strictement rien. Là aussi c'est à la police de se poster au bon endroit, elle seule a les ressouces matérielles et humaines pour coffrer des délinquants. Et elle doit le faire. Ca n'a pas toujours été le cas notamment lors du fameux G 8.

On le voit, pure démagogie que cette loi, style Sarkozy qui nettoie tout au Karcher (on a vu ce qu'on a vu). Si la loi passe, et c'est bien ce que le Conseil fédéral répondait en 2005 à une motion de la députée UDC de Zurich Jasmin Hutter (motion jamais agendée d'ailleurs) allant exactement dans le même sens que la loi Jornot, il y aura tout simplement des manifestations sans organisateur connu, sans autorisation, la police n'aura pas de partenaire avec qui traiter les difficultés qui pourraient surgir et surtout personne qui paierait quoi que ce soit. Résultat nul - pour le prix de la première de nos libertés, celle de s'exprimer!

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Commentaires

Le droit de manifester est un droit absolument intouchable. D'accord ! Mais la gauche doit aussi accepter que les mouvements d'extrême-droite tels que le PNOS, Genève Non Conforme, le Cercle Georges Oltramare ou encore le Bloc Identitaire puissent en toute liberté manifester publiquement.

Écrit par : Dolorès | 18/02/2012

La Gauche est entièrement responsable de cette situation. On récolte toujours ce que l'on sème, reste maintenant aux citoyens de trancher!

Écrit par : Bob Pahud | 18/02/2012

Réponse à Dolorès
Il existe d'ores et déjà des restrictions légales à la liberté d'expression et notamment celles du code pénal en matière de protection de la personnalité (diffamation, insultes) ou en matière de haine raciale (article introduit suite à une votation populaire) etc. Ces restrictions nous ne les combattons pas, au contraire nous les avons toujours soutenues. Toute liberté connaît toujours un cadrage, s'exerce dans le cadre de la loi. Le cadrage supplémentaire que la loi proposée en vote le 11 mars veut prévoir nous paraît par contre aberrant et excessif. Donc que quiconque souhaite utiliser la liberté de s'exprimer par des manifestations sur la voie publique nous aide déjà à prévenir cette nouvelle sur-réglementation, dans ce cas, toute demande de manifestation sera, comme actuellement, évaluée en fonction des lois existantes qui sont parfaitement suffisantes. Pas de nouvelle loi inutile, l'actuelle suffit tout à fait!

Écrit par : rené Longet | 19/02/2012

Les dégâts causés lors des manifs contre l'OMC et contre le G8 sont entièrement de la faute du PS et de la gauche car tous les manifestants-casseurs (c'est les mêmes) étaient encouragés par Beer, Hodgers, Pagani, Deccaro et De Marcellus ainsi que d'autres responsables politique de gauche. Les millions que cela à coûté aux assurances et, surtout, aux commerçants qui n'ont jamais obtenu le remboursement de la totalité des frais de remise en état de leurs commerces, sont entièrement de la responsabilité des gauchos ! Pour leur faire comprendre, il faudrait que certains commerçants se rendent chez ces andouilles et cassent leur mobilier ! Pour mémoire, je vous rappelle que Beer a empêché la police de faire son boulot sur le Pont du Mt.-Blanc (ce qui a permis aux casseurs-manifestants de balancer dans le Rhône les couteaux, gourdins, coktails Molotov, pavés ou autres projectiles) et que Hodgers était "responsable" du service d'ordre !!!

Écrit par : Octave Vairgebel | 20/02/2012

Lors des manifs, les casseurs démolissent les vitrines et les "pacifiques" n'ont plus qu'à se servir ! C'est uniquement pour cette raison que les organisateurs protègent les casseurs ! Rien n'est perdu ! Casseurs, manifestants, voleurs, il n'y a aucune différence !

Écrit par : Gedeon Teusmany | 20/02/2012

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