13/06/2012

dès le 17 jui, feu vert à la région!

Faire la région...

On en parle depuis 40 ans. 40 ans de traité franco-suisse, qui a apporté son lot d'innovations: création d'un organe certes largement technocratique, le comité régional franco-genevois (CRFG) mais qui a réussi cahin-caha à coordonner des politiques publiques, taxation à la source des frontaliers et restitution d'une partie des recettes aux communes de domicile...

Mais force est de constater que devant la dynamique transfrontalière, le nombre énorme de passages de la frontière par jour, dû tout simplement à l'évolution de part et d'autre de la frontière, et aux différentiels de prix (du travail, du sol, des marchandises...), cette forme de coordination discrète et partielle s'est essoufflée.

Nous devons impérativement passer la vitesse supérieure, impliquer la population des deux pays concernés, faire régner transparence et démocratie, imaginer des lieux de gouvernance novateurs, si on veut se donner les moyens de résoudre les problèmes et non de "vivre avec" et de voir la grogne et les antipathies gagner la partie.


Oui faire la région, un vieux rêve, une ancienne ambition!

En 1815 nos prédécesseurs avaient compris que les frontières, ça s'aménage. Et créé en même temps que le rattachement de Genève à la Suisse, les zones franches. considérablement augmentées durant 60 ans suite au rattachement de la Savoie à la France.

Puis plus rien. Mais ce faisant nos institutions sont de plus en plus décalées, et les enjeux institutionnels sont les plus importants: ils définissent notre capacité ou non d'avoir prise sur les choses, de prendre des décisions adéquates, de débattre démocratiquement, de décider ensemble. Elles sont la base, la règle du jeu. Dépassées, elles rendent impossible la solution des problèmes du quotidien.

Un espoir pourtant, et il est à la fois concret et proche.

La victoire de François Hollande en France, celle de son parti très probable ce dimanche, installe aux commandes de notre pays voisin une formation politique qui partage la vision d'une architecture institutionnelle adaptée à la réalité. Qui a pris des engagements, notamment en signant avec les socialistes du district de Nyon et Genevois, le manifeste socialiste pour une agglomération pour toutes et tous sans privilèges, en automne 2011. Ce même jour, l'élection, hautement souhaitable et heureusement très probable, d'Anne Emery Torracinta va changer de la même manière la donne au sein de l'exécutif genevois.

Et ce n'est pas étonnant qu'il incombera aux socialistes de réussir là où d'autres piétinent: le programme socialiste, c'est d'avoir prise sur le réel, de gérer le destin collectif, de rendre service au plus grand nombre. Le programme de la droite est par nature le laisser-aller, laisser faire, pas de place pour un dessein commun, un projet mobilisateur, une régulation économique et sociale. Le programme des populistes lui est carrément sans espoir: ils vivent de l'exacerbation des problèmes et le rôle qu'ils se sont donné est de jeter de l'huile sur le feu. Oui ce sont les mêmes qui font des nuisances du trafic des frontaliers (suisses ou français peu importe, leurs voitures font le même bruit) un sujet de polémique et qui refusent ensuite ce qui pourrait réduire précisément ces nuisances, le CEVA. Oui, la gauche aura la tâche historique de donner consistance à la région, de faire d'une réalité politique virtuelle une réalité tangible, de réunir, enfin, sur notre territoire commun pays légal et pays réel. Dès le 17 juin...

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Commentaires

En attendant la région, on aura jamais ni pont ni tunnel traversant le Léman.

Écrit par : Victor Winteregg | 14/06/2012

Oui, enfin, vous oubliez juste que l'idée d'une assemblée régionale élue et dotée d'un budget, que le PS a récemment reprise, est une idée radicale, datant de Guy-Olivier Segond pour être précis, et mise en avant régulièrement depuis lors par les responsables de ce parti, qui comme vous le savez sont désormais membres du PLR. Notamment le candidat Maudet.
Je suis heureux de voir que nous nous retrouvons sur ce terrain, où vous nous avez rejoints. Glissons donc sur les médisances au sujet du laisser aller et du lasser-faire...
Je suis plus inquiet en revanche sur les questions de fiscalité, car à ce qu'il parait, au parti socialiste à Paris, loin de la région, certains n'ont pas bien compris l'utilité des rétrocessions aux communes frontalières d'une somme d'argent qu'ils verraient bien tomber dans l'escarcelle de Paris. Sans oublier les zones franches, appliquant au moins en partie la législation du travail helvétique, qui seraient un bon moyen de réduire les différences et dont le PS ne veut pas entendre parler...

Écrit par : Philippe Souaille | 14/06/2012

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