22/10/2012

Genève n'aura pas le fonds vert

Genève n'aura pas le fonds vert. Le commuiqué de presse du Conseil d'Etat félicite la ville rivale coréenne, remercie le gouvernement fédéral de son engagement et passe à l'ordre du jour, comme si de rien n'était.

Pas une ligne sur la signification de cette institution, sur les axes forts de Genève. Pas une ligne non plus sur ce que cela signifie pour l'efficience du système international. Ou le Conseil d'Etat est particulièrement poli, ou alors particulièrement peu intéressé par ce qui se passe dans le vaste monde...


Que Genève baisse les bras, joue l'indifférente passe encore. On règlera ça en famille... Mais que Genève ignore ce que la dispersion croissante des micro-institutions internationales sur la planète signifie pour l'efficience du système international, c'est grave.

Ces dernières années, les Nations Unies nagent en plein paradoxe. En fait, elles n'y peuvent rien, tout cela est décidé par les Etats membres qui tous veulent s'en couper une tranche, fût-elle microscopique. D'une part on ne cesse de parler de la nécessaire réforme de leur gouvernance. Et d'autre part, on ne cesse de créer de nouvelles entités, sous-groupes, groupes de liaison entre ces sous-groupes, comités X, entités Y, qui ont toujours deux caractéristiques: d'être ultra-spécialisées, et d'être minuscules. Le système international devient ainsi de plus en plus labyrinthique et illisible. Les fonds manquent, et les doublons sont inévitables, tellement est grande l'instransparence même pour ceux qui y travaillent. Le saupoudrage des institutions  à travers la planète, bientôt chacun des 193 Etats reconnus aura son petit bout onusien sur son territoire, rend le tout très inefficace. On lutte contre le changement climatique et passe son temps dans les avions, à faire le tour du monde des micro-institutions chargées de le surveiller et de le protéger...

En l'occurrence Genève était la bonne place pour ce fonds, car c'est à Genève que siège l'OMM, institution clé en la matière, c'est à Genève que se trouve l'OMS, soucieuse des retombées sur la santé du changement climatique, de nombreuses branches du PNUE, la cellule REDD qui travaille sur la prise en compte financière des capacités des forêts à fixer le carbone, le Groupe d'experts intergouvernementaux sur le climat - le GIEC, qui élabore les scénarios scientifiques, la CNUCED, le GRID, de nombreux bureaux de liaison des organisations internationales, et du côté privé, le WWF et l'UICN à 25 km à Gland, le World business council for sustainable development, l'asociation pour l'échange des droits d'émission... bref si ce n'est pour notre fierté et crédibilité de cité internationale du moins que ce soit pour un système international cohérent, efficace et en synergie. Rien de tout cela dans la réaction de nos autorités. Essayé pas pu, et on tourne la page. Essayé, pas su devrait-on dire!

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