07/11/2012

Une autre Amérique est possible

Obama a reçu une nouvelle chance. L'Amérique aussi, le monde du coup également. On a eu chaud. Alors que ce grand pays s'enfonce dans des inégalités croissantes, dans un délire politico-religieux avec la Tea Party et les négationnistes de l'Etat, que le fameux rêve américain s'évanouit, il a failli se donner pour président un homme ultra-riche, très loin des soucis du commun des mortels, versatile, prêt à tout, qui n'avait d'autre vues que de réduire encore plus l'Etat social, d'augmenter les dépenses militaires et de croire aux seules forces du marché pour la relance de l'économie. Comme si le modèle dominant allait repartir sans que des orientations fortes, par exemple vers l'économie verte, soient indiquées.


Avec la réélection d'Obama, l'Amérique choisit l'aspect de ses valeurs qui nous est le plus sympathique: un élan généreux. une vision collective, une chance pour tous, pas le repli sur soi - collectif sur son pays, individuel sur soi, qui fait qu'au bout du compte il n'y a plus de pays, plus de projet.

Un recul encore plus important dans les investissements publics, dans la formation, dans la recherche, dans les infrastructures  aurait été inéluctable en cas de victoire du candidat républicain, et aurait rejeté une bonne partie du pays dans un niveau proche du Tiers Monde, situation dont précisément une partie appréciable de l'Amérique latine est en train de sortir!

La réélection d'Obama renoue avec les grandes figures que furent Roosevelt, Kennedy, Martin Luther King et bien d'autres. Ces figures qui illustrent un idéal de justice, une ambition pour l'être humain, pour son pays, mais aussi pour le monde.

Obama est clairement dans cette lignée. A-t-il fait tout ce qu'il aurait pu et dû faire? Un des reproches majeurs qui lui ont été faits a été celui de ne pas avoir assez combattu pour les idées qui ont conduit à son élection en 2008. Tout se passe comme si sa bataille, homérique en effet, pour généraliser l'assurance maladie l'avait freiné dans son élan, épuisé dans ses moyens. D'autres sujets n'ont même plus été évoqués, comme les enjeux énergétiques et de changement climatiques. On a peine à croire que Al Gore fut un temps vice-président de ce même pays! Le sens de ce vote est certainement qu'Obama, qui en sort puissamment renforcé, sente l'aspiration populaire et n'hésite plus à aller de l'avant, pour le bien de son pays et du monde.

22:49 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.