12/12/2012

Echec de la conférence des parties de la convention du climat: on sait ce qu'on doit faire mais ne le fait pas

Il y a deux raisons de réduire notre consommation de ressources fossiles, dont notre économie et notre façoin de vivre dépendent largement.
La première: ces ressources, qui ont mis des dizaines de millions d'années à se constituer, vont inévitablement manquer et il faut donc en faire un usage prudent. Mais alors que d'aucuns annonçaient que l'humanité avait dépassé le "pic pétrolier", les récentes découvertes de ressources fossiles prisonnières du schiste ont modifié la donne.


Attention: il s'agit d'une exploitation hasardeuse, potentiellement très polluante, et qui ne fera que reporter au mieux les échéances de quelques décennies. Une fraction de seconde à l'échelle des temps géologiques. Et les 9 milliards d'humains que nous serons en 2050 auront un problème énergétique plus grand encore qu'actuellement à résoudre...
Attention aussi: ces nouvelles découvertes vont tout aussitôt se transformer par la simple réaction d'oxydation qu'est toute combustion en CO2.

Et cela c'est la deuxième raison de réduire notre consommation de ressources fossiles. Voici 20 ans, au Sommet de la Terre 1992, les Etats avaient signé avec beaucoup de belles déclarations la Convention des Nations Unies sur le changement climatique, qui exige de stabiliser les émissions de gaz à effet de serre à des niveaux non nocifs pour les activités humaines et les écosystèmes. Après la 18e Conférence des parties, tenue tout récemment dans un des Etats les plus pollueurs de la planète, l'échec est patent. Le monde sait ce qu'il doit faire mais ne le fait pas. C'est comme une paralysie, on connaît le risque et on continue à charger l'atmosphère en gaz de serre, infligeant à la Terre entière une expérience grandeur nature dont personne ne connaît l'issue.

Certes c'est la crise et la crise fait qu'on ne trouve plus si facilement des fonds. Mais si on ne fait rien, on se prépare une crise d'une tout autre ampleur encore. Et surtout: on paie sans sourciller les immenses coûts des dérèglements climatiques qui commencent à se manifester (cyclones plus fréquents et plus ravageurs. davantage d'inondations, de sécheresses, etc.), par contre on n'investit qu'avec beaucoup de réticences et très mollement dans la rénovation énergétique des bâtiments, gouffres à énergie, ou dans la modification des options de mobilité, autre gouffre énergétique. Pourtant ce seraient là des activités propices à l'emploi et à l'innovation, du vrai gagnant-gagnant...

Et ce n'est pas tout. Après le pétrole, le nucléaire est l'autre épée de Damoclès qui pèse sur l'humanité. Plusieurs pays, dont la Suisse, ont décidé de fermer progressivement leurs réacteurs. Même en France, le dogme du tout-nucléaire s'effrite. Devant les chemins de sortie du nucléaire définis par le Conseil fédéral, certains milieux continuent de faire croire que le nucléaire c'est bon marché, le solaire trop cher. C'est tout simplement parce que le nucléaire ne paie pas ses coûts: les provisions mises de côté par les compagnies électriques pour le démantèlement des centrales sont totalement insuffisantes. Et les coûts du solaire ont déjà beaucoup baissé, et surtout sont un investissement dans les seules sources sûres de demain: les énergies renouvelables.

Solaire, vent, recyclage de la biomasse, géothermie, il faut metre le paquet plus que jamais sur ces options. Et voici que dans notre petit pays qui déteste le changement, on doit se battre pour chaque éolienne! Sortir du pétrole, oui, pas de nucléaire, oui aussi, mais pas d'éoliennes? Il faudra qu'on m'explique la cohérence et le sens des priorités...

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