25/02/2013

L'extension du réseau de trams, le sommeil du juste?

L'urbanisation du 19e siècle aurait été impossible sans ces réseaux qui sont restés la base de notre vie moderne: eau potable, eaux usées, gaz, électricité, téléphone... Ce qu'on sait moins, mais les temps ont changé, c'est que simultanément  ont été mis en place sur tous les continents des réseaux de trams. Oui, avant les années 1950, la voiture n'était pas un bien de consommation courante.
Ces réseaux ont pratiquement tous disparu entre les années 1930 et 1960, remplacés par des bus, cédant la priorité aux véhicules motorisés.


Genève avait conservé, à grand peine, une seule ligne. Petit clin d'oeil à Henri Roth et à son livre (dont je recommande chaleureusement la lecture) sur le tram 12, c'était la premiére ligne, Moillesulaz-Annemasse,  qui fut la dernière. Et la première du renouveau. Car si on a supprimé les trams parce qu'il y avait trop de voitures, on les remet parce qu'il y a ... trop de voitures!

Il a fallu attendre les années 1990 et 2000 pour revoir des trams à Cornavin, aller au Bachet puis aux Palettes, aux Nations et à Meyrin ou au Grand-Lancy. En 2011, enfin,  c'était l'inauguration en grande pompe du tram Cornavin-Bernex, supprimé juste au moment de la construction des cités d'Onex et du début de l'urbanisation de la région. Depuis plus rien... Tergiversations à Bernex, Plan-les-Ouates, Perly... un moratoire aurait-il été voté? Et par qui? C'est tout comme...

Je me rappelle des discours prononcés lors de cette inauguration, tenue jour pour jour 50 ans après le dernier parcours du vieux tram 2... Et notamment de l'annonce joyeuse faite aux citoyennes et citoyens: il n'y aura plus de chantiers et de nuisances pour un moment. Allélouia! Oui les chantiers sont ennuyeux. Oui il faut en minimiser les nuisances, dialoguer avec les riverains, trouver des solutions, aider concrètement les commerçants, accompagner activement les chantiers. A l'époque, chargé du dossier en tant que magistrat communal à Onex, je me suis impliqué très volontiers, et je crois pouvoir le dire à la satisfaction des intéressés. dans cette mission.

Mais il demeure que sans chantîer, pas d'équipement. Si le discours officiel se limite à prévenir les nuisances des chantiers en repoussant ceux-ci dans le temps, il est clair que 1) elles se manifesterons quand même, mais plus tard - est-ce mieux, moins douloureux? et que 2) les nuisances de la circulation, elles, en l'absence de tram, ne feront que croître. Sinon, pourquoi créerait-on des alternatives à grands frais sous formes de lignes de trams?

Les besoins sont là, attestés dans de nombreux documents officiels: trams pour Saint-Genis, Saint-Julien, Annemasse, Grand-Saconnex voire Ferney, Vésenaz...Combien d'années faudra-t-il pour donner au "Grand Genève" auquel nous semblons aspirer les dessertes qui permettront aux habitants de notre région de se déplacer sans trop de soucis? Au rythme actuel, ce n'est pas avant 2030 que le réseau sera achevé

A Nice, en deux ans le réseau de trams a été construit. Au prix de fortes nuisances, il est vrai: pendant ces deux ans le centre-ville était un seul et unique champ de bataille. Mais après, les choses sont installées et tout revient dans l'ordre. Nous préférons (mais nous a-t-on demané notre avis?) diluer ces inconvénients sur 50 ans. Quelle est la meilleure stratégie? Poser la question, c'est y répondre...

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