09/05/2013

concilier urbanisme et infrastructures ferroviaires

Nouveau combat citoyen à Genève: faut-il sacrifier une partie du quartier des Grottes et ses logements aux besoins des CFF? Comment développer l'offre des CFF et garantir la desserte de Genève pour demain, tout en respectant le tissu urbain?

Dans ce questionnement, la proposition d'une gare souterraine semble s'imposer.


Le raisonnement des initiants est convainquant, et je m'y rallie.

On peut résumer les enjeux en cinq points:

1) Il faut augmenter la capacité d'accueil de la gare. Le retard de Genève est connu et bloque le développement des transports publics.

2) Cette nécessite n'empêche que la mission des concepteurs de ce type de projets est de l'inscrire dans le tissu urbain existant et non de le faire exploser.

3) Cela est d'autant plus évident si on se projette dans l'avenir: on enlève quelques rangées de maisons aujourd'hui, et dans 15 ou 20 ans, on sera à nouveau bloqués, et hop, enlèvons le reste?

4) Seule une installation souterraine permet de préserver les possibilités d'extension. N'oublions pas que la gare Cornavin a été placée là où elle est en... 1857...

5) Une juste pesée des intérêts est d'autant plus importante que la crise du logement rend irresponsable la démolition d'autant de logements proches du centre-ville et pour la plupart à loyers encore acceptables. Au mieux, leurs habitants trouveront plus cher plus loin du centre... Leur réaction personnelle rejoint parfaitement l'intérêt public.

Une fois ces arguments posés, vient le coup de massue.

Oui peut-être mais il ne faut pas fâcher Berne et les parlementaires fédéraux.

S'ils entendent les Genevois se disputer, ils nous priveront de subventions et on aura toute la charge pour nous. Argument qui a son poids et qui en a fait hésiter plus d'un, dont moi.

Mais je crois fermement que l'on peut faire passer un message tout simple: Personne à Genève n'est contre l'extension de la capacité d'accueil de la gare. Par contre, il est normal qu'il y ait débat sur la meilleure façon de le faire. Ce débat n'a rien à voir avec celui sur la traversée de la rade, engluée dans des batailles de principe et de variantes, de priorités et de faisabilité depuis des décennies.

La question est toute simple et sera tranchée en votation populaire. Débattre de l'avenir de la gare n'est pas une "Genferei", c'est un débat parfaitement légitime et nécessaire: si on ne pose pas la question maintenant, on pourra le regretter durant des décennies. Cela chaque parlementaire peut le comprendre, et ne pas punir Genève du seul fait d'utiliser les outils de notre démocratie.

 

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Commentaires

Dommage, vous n'allez pas au bout du raisonnement.
Et oui, en 1857 cette gare devait paraitre majestueuse.
Ce ne sont pas deux voies en souterrain qui feront une grande différence.
A la vitesse à laquelle de développe la démographie mondiale et si l'on observe les projections du Grand Genève, la gare Cornavin sera vite dépassée.
Il faudrait envisager de recréer une gare à Sécheron où l'espace est disponible. Mais bon, là c'est juste du rêve. Personne n'ose même en parler.
Nos élus ont une vision étriquée. Et en plus ils se permettent de fâcher les contributeurs potentiels (confédération, fondation Wilsdorf).

Écrit par : Pierre Jenni | 09/05/2013

Monsieur Longet,

Dans l'énumération des enjeux, vous mentionnez 5 points parmi lesquels on cherche en vain les aspects financiers du projet.

En fait vous privilégiez d'emblée la solution d'une gare souterraine, avant même d'en avoir évalué les coûts et la durée des travaux.
Quel serait le surcoût d'un tel projet ? On n'en sait rien et le fait que la Confédération le finance en grande partie ne change rien à la donne.

Vu l'urgence de l'extension de la gare Cornavin, une urgence dictée par le développement très rapide du trafic ferroviaire, seule une solution réaliste, donc réalisable rapidement et supportable financièrement, est susceptible de s'imposer. Le reste relève de l'utopie.

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 09/05/2013

Et oui ; à Genève de ne pas corporatiser outre mesure, évitant alors les affres de nos voisins français.
Et oui ; nous rattraperions notre retard sur des villes comme Berne et Zürich, dont les dernièrs avancements ferroviaires se développent en ... souterrains.

Bien à vous ; et oui.

Écrit par : Vincent Rey-Bellet | 10/05/2013

Bien entendu qu'il faut s'opposer à la destruction du quartier des Grottes!

Il y a une autre solution tout aussi efficace et nettement moins coûteuse que partir en tunnels sous la ville. Cette solution consiste à relier Cointrin à la ligne principale "du lac". De la sorte nous augmentons les possibilités de trafic ferroviaire, nous améliorons la desserte et, pour peu que l'on pose la nouveau port franc dans la zone aéroportuaire, on peut évitera le transit des convois marchandises par Cornavin. Qui plus est, ont supprime, en zone urbaine, tout le trafic des poids lourds qui se rendent au port franc.

On a bien réussi à traverser les alpes en tunnels, passer sous les communes de Versoix,Collex etc ne doit pas représenter de grosses difficultés.

Pour le moment, il faut se mobiliser contre cette volonté destructrice qui vise un quartier dense et riche de diversités.

Écrit par : Patrick Dimier | 12/05/2013

les commentaires sont-ils modérés ou fermés, comme chez la plupart des socialistes qui bloggent?

Écrit par : Patrick Dimier | 13/05/2013

Les commentaires sont fermés.