16/06/2014

SIG rétablir la confiance

Les révélations se succèdent au sujet de la grande régie publique genevoise. Après le départ en septembre dernier du directeur général et la mise sous enquête administrative de deux directeurs, voici une enquête pénale pour corruption passive contre un ancien collaborateur de SIG.

Où va donc cette entreprise, se demande le public.

Il faut savoir que si toutes ces affaires sortent et sont traitées de la façon dont elles le sont, c'est parce que les organes dirigeants actuels de SIG ont décidé de faire toute la lumière, et pris le risque d'être ainsi exposés au regard critique du public. Ce sont les organes dirigeants de SIG qui ont ordonné en septembre 2013 les enquêtes administratives rappelées ci-dessus. Ce sont eux qui ont diligenté plus de 20 audits sur tous les secteurs susceptibles d'avoir été gérés sans prendre toutes les précautions nécessaires. Ce sont eux encore qui ont déposé plainte pénale contre cet ancien collaborateur. Enfin ce sont eux qui ont décidé de sortir du partenariat risqué avec les anciens propriétaires majoritaires de la Société Ennova en leur rachetant récemment, après d'épiques négociations, leurs actions.


SIG veut faire le ménage et le fait.
SIG veut instaurer une nouvelle culture et le fait, sans ménagement.
SIG est exmplaire sous cet angle.
Que s'est-il passé?
Un changement de regard est intervenu avec le nouveau conseil d'administration installé en octobre 2012; la moitié des administrateurs avaient été renouvelés. Rapidement, il apparut que les temps des gains faciles que le marché de l'énergie avait connus étaient révolus. Cette situation avait conduit à l'erreur morale et de perspective de fausser l'appréciation des risques. Durant de nombreuses années, SIG était une source fiable de bénéfices. Une année même, une majorité du Grand Conseil en avait capté une partie pour boucher les trous de l'Etat, opération de détournement qui, heureusement, suite à la réaction indignée de la Ville de Genève et des autres communes, également propriétaires de l'entreprise, a dû être annulée.

De bonne foi, on s'était laissé aller à une certaine illusion de grandeur, voire d'invulnérabilité. Les zones à risque étaient clairement les partenariats avec des tiers, dont la dérive la plus conséquente a été illustrée par l'affaire Ennova. SIG étaient les plus grands, rien ne semblait pouvoir leur arriver. Des zones de laxisme et des bulles d'autonomie se sont développées dans ce climat de confiance excessive en soi-même.

Aujourd'hui, la culture d'entreprise est telle qu'elle se présente: innovante, transparente, proche du client, capable de prendre des risques mais aussi capable de les maîtriser, respectueuse des procédures et consciente de ses limites. Fière d'être au service des Genevoises et des Genevois dans leurs besoins quotidiens.

Quelles leçons à tirer de cette situation? Circulez, il n'y a rien à voir? Certainement pas. Mais que contrairement à ce qu'on entend parfois, ce sont bien les dirigeants qui font le ménage, qui mettent en place les garanties d'une gestion plus prudente, qui jettent les bases d'une confiance retrouvée, qui loin de faire payer de quelconques "lampistes" se donnent les moyens d'un établissement véridique des responsabilités des uns et des autres. Des erreurs ont été commises, c'est évident. Les mesures correctives ont été décidées dès que les erreurs ont été détectées, c'est tout aussi évident. C'est cela la leçon de ce qui se passe à SIG.

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