20/06/2014

SIG: ne pas jeter l'enfant avec l'eau du bain!

SIG font décidément la une depuis des mois.

Mais n'oublions pas l'essentiel: les énergies renouvelables sont la seule planche de salut de ce 21e siècle, leur nom déjà le dit: il n'est pas imaginable de fonder l'avenir de nos sociétés sur des énergies non-renouvelables. Et l'autre point, tout aussi essentiel: c'est le conseil d'administration actuel, celui nommé en octobre 2012, qui a pris le taureau par les cornes, personne d'autre.


Voyons cela d'un peu plus près.

Aujourd'hui dans le monde industrialisé les énergies renouvelables - hydraulique, solaire, biomasse (y compris le bois), géothermie, éolien... font entre 15 et 25% de l'approvisionnement. Autant dire que nos sociétés sont des colosses au pied d'argile. Gaz,charbon, pétrole ne se sont pas formés sous nos pieds ou si peu. Nous sommes dépendants et l'apprenons très vite à nos dépends en cas de crise. Il n'y a pas d'avenir en dehors du renouvelable. SIG a donc mille fois raison de contribuer à leur essor. Seulement, voilà: aujourd'hui ni le fossile ni le fissile ne paye ses coûts, les prix sont faussés, et dramatiquement. Si on imputait au fossile les coûts du changement climatique, au nucléaire ceux du démantèlement et de la gestion des déchets, le correctif serait là. Or, on ne le fait pas. En attendant une taxe sur ces deux formes d'énergie qui rétablirait la vérité des coûts, que faire? Dans la nouvelle convention d'objectifs prévue entre Etat et SIG la question de qui finance et avec quels moyens quel développement en particulier du photovoltaïque à Genève (on est très loin d'avoir exploité ce potentiel) se pose avec acuité.

 Alors oui SIG s'est lourdement fourvoyé en n'analysant pas bien ses partenariats, en signant des contrats complètement déséquilibrés, en ne respectant pas les procédures internes.

Mais ne jetons pas l'enfant avec l'eau du bain. Après le règne des aventuriers, ce ne doit pas être celui des comptables, on doit être capables d'articuler ensemble vision et bonne gestion.

Et surtout: il est facile de tirer aujourd'hui sur le prétendu amateurisme du Conseil d'administration qui n'aurait pas joué son rôle, et que la Cour des comptes qualifie de chambre d'enregistrement. C'est faux et archifaux, du moins depuis le renouvellement de plus de la moitié de ses membres en octobre 2012: qui a demandé au premier semestre 2013 3 audits internes sur les dysfonctionnements dans l'éolien puis  21 audits sur tous les enjeux susceptibles de poser problème ? qui a mis sous enquête administrative deux directeurs? qui a exigé de complètement reprendre l'affaire Ennova, soit en vendant les 20% de SIG soit en rachetant les 80% restants? Ni le Conseil d'Etat (qui a par contre soutenu pleinement les efforts du Conseil d'administration, qu'il s'agisse de M Maudet ou de M Hodgers), ni les députés, ni la Cour des comptes, le Conseil d'administration lui-même, et ceci depuis la fin de l'année 2012.

Alors soyons-en conscients et admettons qu'il n'y a pas de crise de gouvernance à SIG, il y a eu légèreté coupable, dérive, emballement, confusion des rôles, folie des grandeurs, si on veut. Mais qui a été dénoncée et rectifiée par les organes dont c'est le rôle, le Conseil d'administration.

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Commentaires

"Mais n'oublions pas l'essentiel: les énergies renouvelables sont la seule planche de salut de ce 21e siècle, " Vous êtes mignon, mais lorsque la planche de salut est pourrie ou corrompue... on prendra un autre matériau.

Entendez et publiez "admettons qu'il n'y a pas de crise de gouvernance à SIG", et avouez franchement dans l'intérêt des gens qui vous ont élu et qui ont confiance en vous que la phrase exacte devrait être: admettons que la crise de gouvernance à SIG a été découverte récemment, et qu'elle existait à l'insu du plein gré de notre personne..." : pensez-vous réellement et sincèrement rallier un électorat à votre cause?

Écrit par : Keren Dispa | 20/06/2014

Bonsoir Monsieur,

Que vous l'admettiez ou non, le Conseil d'administration de SIG porte une lourde responsabilité dans toute cette affaire et la Cour des comptes a parfaitement raison de parler ici d'amateurisme. Il est en effet patent que le Conseil d'administration a failli dans sa tâche.

Quel est le rôle d'un Conseil d'administration sinon de définir la stratégie d'entreprise et ses orientations puis d'en assurer le suivi, d'en contrôler la bonne marche et les objectifs fixés ?

De ce même Conseil d'administration, vous en êtes et en étiez même le vice-Président. A cet égard, vous êtes coresponsable de la situation.

Pour "rétablir la confiance", intitulé de votre précédent billet, il eût fallu remplacer la majorité des membres du CA et pas seulement la moitié d'entre eux. Nommer des personnes compétentes en gestion d'entreprise, des gens qui aient des connaissances physiques et techniques spécifiques aux activités de SIG, notamment dans le domaine de l'énergie. En persistant à choisir les administrateurs de SIG dans le vivier du sérail politique de la République, on court forcément les risques liés à la "consanguinité".
Par ailleurs ce CA composé de 23 membres n'est-il pas pléthorique ? Ne serait-il pas plus efficace après une cure d'amaigrissement ?
Il va de soi que de telles modifications impliqueraient une réforme législative. Qui aura le courage d'initier de telles réformes ? Vous peut-être ?

http://www.sig-ge.ch/entreprise/nos-activites/organisation/conseil-d-administration

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 21/06/2014

on peut on non être d'accord avec vous Monsieur Longet mais de grâce que le monde politique cesse ses plaintes,ses craintes projetées sur le peuple quand on ne le prend pas en otage pour le rendre responsable de tous les maux
Si gouverner c'est se lamenter et faire croire au pire et ce de plus en plus à l'électorat qui a aussi ses propres soucis autant faire concierge ,ces derniers étant réputés pour leurs rumeurs lesquelles n'ont même pas besoin de la presse pour être lues par tous/rire
Toute belle journée pour Vous et encore merci pour votre blog

Écrit par : lovsmeralda | 21/06/2014

Il me semble que ce n'est pas d'aujourd'hui que les SIG ont des problèmes. Cela a commencé avec le salaire mirobolant d' un socialo, Mouchet qui se faisant 400.000 balles avec un emploi à mi-temps !!

Écrit par : Octave Vairgebel | 21/06/2014

Cher Monsieur Vairgebel
Je ne peux que vous donner raison et c'est bien pour mettre fin à ces additions de revenus divers venant de conseils d'administration dans lesquels SIG est représentée que le Conseil d'Etat a plafonné les revenus clairement: d'une part le forfait annuel pour le président des grandes régies publiques est fixé à 120'000.- et d'autre part toute séance externe accomplie en représentation de SIG est rémunérée par SIG au tarif SIG, la différence avec des honoraires plus élevés étant encaissée par SIG.
Je suis en phase avec vous qu'il faut limiter les revenus excessifs.
René Longet

Écrit par : René Longet | 22/06/2014

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