31/08/2014

Qui a peur de la caisse unique?

Pour se plaindre des caisses maladie, c'est l'unanimité. Pour râler sur les factures, de même. Mais quand c'est le moment d'agir, la peur règne. Peur de ne plus avoir le choix, peur de concentrer du pouvoir, de subir des décisions bureaucratiques, peur de ceci, peur de cela...

Le choix de sa caisse maladie? C'est plutôt les caisses qui ont le choix de leurs assurés. Dès qu'on a un petit (ou un plus gros) bobo, on n'est plus dans les "bons risques" et du coup, fini la solidarité.


Le choix de sa caisse alors qu'elles ne savent plus comment créer des différences largement artificielles entre elles?
A quoi sert une compétition qui n'a pas de sens entre des prestataires quasi identiques, et qui, s'ils ne le sont pas, justement essaient de se différencier en écrémant les "bons risques"?
A  quoi sert cette apparence de choix?
Cette multiplication des dépenses publicitaires, administratives, de contrôle?

A entretenir un monde opaque, complexe, où on ne se sent pas en confiance.

Alors pourquoi hésiter à faire en matière d'assurance maladie ce qu'on a fait en matière de retraites avec l'AVS ou pour les accidents professionnels avec la SUVA? Imagine-t-on une concurrence entre plusieurs AVS? Une mise en compétition sur le champ des accidents professionnels ferait-elle sens??

Qui a à se plaindre de l'AVS ou de la SUVA?

Qui peut avoir peur d'une caisse unique, qui travaille de manière transparente, cohérente, logique, avec un fort regard sur la prévention (prévenir c'est mieux que de devoir ensuite guérir), qui inspire confiance, et qui assure les prestations de base sur un principe de solidarité et de promotion de la santé?


Alors pas d'hésitation, avec les médecins genevois, les conseillers d'Etat romands en charge de la santé, de nombreux professionnels de la santé, la fédération romande des consommateurs, réjouissons-nous de pouvoir enfin simplifier ce labyrinthe des assurances maladies, fausse compétition sur notre dos. Alors un grand oui le 22 septembre prochain.

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Commentaires

D'accord avec vous, mais pourquoi l'information sur cette votation est elle si lacunaire en ce qui concerne l'organisation, le financement, (sur quelle base les cotisations) l'organisation des bureaux cantonaux, qui, comment les décisions seront-elles prises, etc... J'en passe beaucoup??? Il ne faut quand même pas oublier que l'AVS depuis sa fondation a eut pas mal de couacs dans la gestion de ses avoirs. Alors nous demander de voter oui les yeux fermes en faisant confiance aux initiants!!! Je ne sais pas toujours ce que je vais voter mais sûrement pas la tête dans un sac.

Écrit par : grindesel | 31/08/2014

Moi je me plains de la SUVA. Mon expérience est désastreuse. J'ai dû me battre durant trois ans contre une armada de juristes payés par nos primes juste pour faire valoir mon droit au bonus pour l'absence de cas déclarés.
C'est une énorme usine à gaz qui coûte beaucoup plus cher qu'elle ne devrait et qui dépense des fortunes en publicité et autres revues sur papier glacé alors qu'elle n'a pas de concurrents.
Un chose est sûre, si jamais la caisse unique passe, je viendrai personnellement vous demander des comptes sur le pourquoi mes primes continuent à monter et ne sont pas descendues immédiatement après la votation.
Mais comme d'hab. vous aurez réponse à tout.

Écrit par : Pierre Jenni | 31/08/2014

Au cas où l'AVS n'a pas le monopole des retraites obligatoires.

D.J

Écrit par : D.J | 31/08/2014

Le comité genevois pour une caisse publique d'assurance maladie - dont je coordonne les activités - fait son possible pour donner une information la plus large possible sur le contenu de l'initiative mais, comme il s'agit d'un article constitutionnel, il est normal qu'il ne contienne que les grands principes d'organisation, le détail devant ensuite être réglé dans une loi d'application qui devra être élaborée par le parlement fédéral. De ce point de vue-là, il n'y a donc rien à craindre : il ne s'agit pas de voter "les yeux fermés en faisant confiance aux initiants"!

Mais les intentions des initiants sont claires : garantir que nos primes ne serviront à payer que nos coûts, en toute transparence, et mettre fin à la chasse aux bons risques qui voit des assureurs se livrer une concurrence coûteuse et néfaste, au détriment de l'ensemble des assurés! De ce point de vue, le financement est tout à fait clair: contrairement à ce que disent les opposants, il ne s'agit absolument pas d'introduire des primes proportionnelles au revenu mais de garder des primes cantonales pour les différentes catégories d'assurés, comme c'est le cas actuellement, sauf qu'il n'y aura plus de différence du simple au double, différence simplement due au profil du collectif d'assurés de telle ou telle caisse.
Comme les primes seront directement fixées en fonction des coûts dans un même canton, il n'y aura plus de transfert des réserves que nous avons payées avec nos primes vers des assurés d'autres cantons, pour leur permettre de payer des primes moins élevées! Plus besoin non plus de financer avec nos primes les millions pour la publicité, le marketing, le courtage ni tous les conseils d'administration et les nombreuses directions et autres immeubles de standing !
Quant à comparaison avec la SUVA - sachant qu'il est difficile de comparer un système où la SUVA n'a qu'un monopole partiel et que la gestion des accidents n'est pas la même que celle des maladies - il est surtout intéressant de constater que les coûts administratifs de la SUVA sont nettement moins élevés que ceux des assureurs accidents privés. Ce qui ne veut sans doute pas dire que la SUVA ne peut pas être plus économe !

Dernière remarque : nous avons eu un grand débat, au sein du comité genevois, sur les potentielles baisses de primes que pourrait apporter la caisse publique et il ne nous a pas paru correct de nous baser sur cet argument pour défendre l'initiative. En effet, l'augmentation des primes dépend aussi de l'augmentation des coûts et l'initiative ne s'attaque pas à cet aspect, sauf en permettant de mieux accompagner les malades chroniques qui ne feront plus l'objet de pressions pour quitter leur assureur, mais il est impossible de chiffrer cet effet.

Le plus probable est sans doute qu'au début, la mise en œuvre de l'initiative n'entraînera pas de changement dans les primes, les frais de transformation du système étant compensés par la disparition des dépenses en publicité. Ensuite de quoi, nous aurons, comme le promet notre slogan, les mêmes soins - avec le libre choix du médecin et des professionnels de la santé qui s'occuperont de nous - au juste prix !

Pour plus de renseignements, je vous invite à consulter notre site www.caissepublique-ge.ch

Écrit par : Liliane Maury Pasquier | 03/09/2014

Merci, Madame de vos renseignements et précisions, mais ne pensez-vous pas que les citoyens puissent se méfier des décisions au sujet de l'article constitutionnel et de la loi d'application qui sera votée à Berne, avec les résultats des débats pour la rétrocession des primes payées en trop, la péréquation financière entre canton, et bien d'autres sujets qui ont été tellement dénaturés au nom du très sacré consensus fédéral. Je pense que les intentions des initiants sont bonnes, mais comment vont elles sortir après tous les amendements qui vont être proposés et sûrement votés au texte original. C'est surtout pour ça que je dis que nous allons voter la tête dans un sac.

Écrit par : grindesel | 03/09/2014

A Genève, je paie 300 CHF par mois de primes avec une franchise de 1'500 CHF.
Avec la caisse unique, que va devenir ma prime, plus ou moins ou la même chose?
Comment voter quand on reste dans l'ignorance?

Écrit par : Johann | 04/09/2014

Je voterai contre la caisse unique car je ne fais pas confiance aux fonctionnaires et encore moins au PS car c'est bien ce parti qui a mis en difficulté le peuple suisse avec la Lamal de Ruth Dreifuss !

Écrit par : Perry Tonnitt | 06/09/2014

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