13/11/2014

Une ville suburbaine et son histoire

Ce mois de novembre, allez jeter un coup d'oeil au Café communautaire de la Ville d'Onex, au coeur de la cité. C'est à la Maison onésienne, le bus vous y amène directement et un parking est à votre disposition. Qu'y voit-on? Entre autres, de magnifiques planches montrant les étapes de la facture de dessins historiques. Non pas des BD nous projetant dans l'imaginaire sans besoin d'exactitude historique. Mais la restitution arbre par arbre, feuille par feuille pourrait-on dire, sentier par sentier, cabane par cabane de ce que fut le bassin genevois peu avant la conquête romaine.

Un travail d'une minutie inouïe, dû au talent, à l'érudition, à la patience et à la passion d'Yves G. Reymond.


Et qui illustre un petit fascicule rédigé et coordonné avec minutie, grande implication et une écriture à la fois précise et fluide par Caroline Gaulis: "Onex, une terre, une histoire". Oui, ça vaut la peine d'aller voir. Au vernissage, ce mardi 11 novembre, la plupart des spécialistes que la rédactrices avait mobilisé autour de ce projet étaient là, un beau panorama de l'expertise genevoise en la matière, une matière pas si souvent présentée au public de nos banlieues d'ailleurs. Il faut aller voir dans les musées les trésors qui y sont. Mais il faut aussi que les trésors sortent des musées pour aller à la rencontre des gens.

A quel titre une commune suburbaine, dont le 90% de la population s'est installée sur les lieux seulement voici 50 ans à peine, s'implique-t-elle dans pareille aventure? Justement, parce que l'écrasante majorité de sa population vient d'ailleurs, et que tout humain aime savoir, pour mieux s'identifier à son lieu de vie, ce qui s'est passé sur la terre qui l'accueille. Et nous tous sommes filles et fils d'une immigration, fût-elle fort ancienne pour d'aucuns. L'histoire est indispensable pour éclairer le présent, cette exposition le souligne une fois de plus. Et "Onex une terre, une histoire" sait faire parler les traces laissées par des tessons de céramique, des pièces de monnaie, des fondations d'implantations, des palissades implantées dans des terrains humides... autant de traces du passage de l'Homme. Un beau travail de sensibilisation, de restitution du travail des historiens et archéologues au commun des mortels. Un dialogue de grande qualité entre l'expertise et la population. On comprend, on ressent!

La Ville d'Onex a, ce faisant, une belle tradition à son actif: en 1951 déjà, réédité en 1984, un ouvrage collectif, "Histoire d'Onex, puis en 2002, avec le Canton, un autre ouvrage collectif, magnifiquement illustré par le dessinateur Alès Jiranek, "Du village à la Ville", en 2002 également, sous la plume d'Eric Golay, "Onex 1851-2002, images et récits d'une métamorphose". Les esprits chagrins pourront dire que quand on fait partie des communes les moins fortunées, qu'on peine à boucler son budget, que voilà bien des dépenses inutiles. Eh bien non, la culture est d'autant plus nécessaire que les difficultés économiques sont là, elle est d'autant plus indispensable dans son rôle structurant en termes d'identité et de sens. Et la grande statue "The Wise" en bordure de la route de Chancy, régulièrement brocardée dans les courriers des lecteurs, due au grand artiste suisse Rondinoni va exactement dans ce sens: construire des repères, forger une identité.

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Commentaires

Yves Reymond sera présent à l'exposition "Les chemins d'un ouvrage", au Café Communautaire de la Maison onésienne, pour commenter l’exposition

les mardis et jeudis, jusqu’au 27.11.14, de 16 à 19h30
& sur demande pour d’autres jours
+ le vendredi 28.11.14, de 16h à la fermeture.

CFG

Écrit par : Caroline Firmann-Gaulis | 20/11/2014

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