21/12/2014

Les droits humains sont des droits suisses!

Dans une des sorties dont il semble avoir le secret, le conseiller fédéral Ueli Maurer demandait voici peu que la Suisse quitte la convention européenne des droits de l'homme: "pas de juges étrangers dans nos vallées". Alleingang, repli sur soi, on est les meilleurs, on n'a besoin de personne, on connaît le refrain, l'obsédante rengaine de certains milieux.


Juste pour la Journée internationale des droits humains, le 10 décembre, un certain nombre d'ONG engagées sur les droits de la personne ont demandé à l'opinion publique et aux décideurs politiques de ne pas mettre en péril et de ne pas jouer  avec nos valeurs fondamentales. Parmi elles,  Helvetas, Pro Juventute, Terre des Hommes, le WWF, Pain pour le prochain, Solidar et l'armée du Salut, la ligue suisse contre le cancer, l'EPER... réunies pour affirmer avec force les exigences de la dignité humaine, très vite foulée aux pieds - même en Suisse...

En effet, le cas des enfants placés de force durant des décennies notamment dans l'agriculture, taillables et corvéables à merci, à lui seul, devrait nous rappeler que des dérives majeures se sont passé dans notre pays aussi, sans réelle réaction de la société civile ou des pouvoirs publics. De nos jours, les dérapages dans le domaine de la gestion des étrangers en situation illégale ou incertaine illustrent ce qui peut se passer lorsque des autorités se sentent mises sous pression par une approche xénophobe et angoissée d'une partie importante de la population. "On est les meilleurs, on n'a besoin de personne"?

Une garantie internationale ne peut que nous aider à garder le cap, à ne pas céder devant les voix qui appellent, au nom de l'efficacité des procédures, à ne pas trop se soucier des droits fondamentaux dus à chaque être humain et de la pesée des intérêts qui doit à chaque fois se faire soigneusement. Or chaque fois que nous ne les respectons pas, voire les balayons d'un revers de main, nous portons un coup de canif à nos propres valeurs. La loi doit être respectée mais son imposition elle-même doit se faire dans le respect de la loi. Et dans bien des situations, le garde-fou précieux, car ultime, est le droit international auquel nous nous sommes ralliés. Comme par exemple la convention des Nations Unies en matière de droits de l'enfant, entrée en vigueur voici bientôt 18 ans pour notre pays. Elle rend impossible de nouvelles affaires comme celle des placements de force d'enfants.

Mais le droit international ne nous protège pas seulement contre nous-mêmes, il est un rempart pour des millions d'êtres humains de par le monde face à l'arbitraire,  la dictature, la loi du plus fort,  la disparition, l'assassinat. Un appui essentiel, même si cela à lui seul ne suffit évidemment pas. Cela ne nous concernerait plus? Ce refuge de l'humanité, nous ne voudrions pas le renforcer, aider à son universalité? Nous sommes un des peuples qui voyage le plus de par le monde, pouvoir d'achat aidant. Alors quand on s'en va sur les routes de pays lointains, l'attitude suisse, ce serait fermer les yeux, ne rien voir, ne rien entendre? Non , la Suisse, au sortir d'une 2e guerre mondiale qui l'avait laissé moralement affaiblie, a opté certes pour la neutralité mais une neutralité solidaire! "Alleingang, repli sur soi"?Impasses, impasses...

Le président suisse du PDC, Christophe Darbellay, le rappelait récemment (9 décembre) dans les colonnes du Temps: le seul pays qui ait jamais quitté la convention européenne des droits de l'homme fut la Grèce, du temps des colonels. La comparaison éclaire jusqu'où certains milieux sont déjà allés chez nous, où ils cherchent - peut-être inconsciemment, mais est-ce mieux? - leurs modèles.

Non, la vraie Suisse, c'est une Suisse fidèle à ses valeurs fondamentales, pas la caricature qu'en dresse M. Maurer, avec tout le respect qu'on lui doit. Un grand merci aux ONG de s'être mobilisées, et un regret: que leur mise en garde ait encore trouvé si peu d'écho en Suisse romande, terre historiquement pourtant fortement attachée à l'indivisibilité des droits humains. Alors contribuons-y à notre modeste mesure par cette note!

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Commentaires

C'est peut-être des droits suisses mais en tout cas pas des droits qui servent aux suisses, qui sont quotidiennement agressés par les mafias internationales sur le territoire suisse! Mais là la gauche c'est silence radio. elle protège les mafias toutes les mafias!

Écrit par : degoumois dominique | 22/12/2014

Est-t'il normal que des "Genevois" doivent s'exiler, contre leur volonté, dans d'autres pays ou région, parce que-ils ont perdu leur logement, dans un divorce ou autre accident de la vie. Que font nos autorités GENEVOISES? Quand vous n'avez plus d'emploi, et que par malheur vous devez fréquenter les restaurants du club Social de la ville de Genève ou bagarres et trafiques entretenu journellement par des demandeurs d'asiles profiteurs. Les vrais personnes dans le besoin ont peur de fréquenter ces lieux.
Ou est le respect des droits humain pour les sans abri Genevois, puisque tous les logements sociaux d'urgence sont occupés par les émigrés. Pour ma part je me suis exilé dans un pays les plus pauvre de la planète

Écrit par : Courvoisier | 22/12/2014

Vos droits humains coûteront cent dix millions de plus, aux Vaudois, pour pouvoir répondre aux exigences culinaires et domestiques, des réfugiés économiques érythréens. (Doivent être contents les Vaudois d'avoir élus des traitres à la patrie comme CE, le terme n'étant pas usurpé).Dans le même temps, à Genève, l'Alternative n'arrive pas à réintroduire, (en se mettant le PDC dans la poche par exemple puisque selon ce qui transpire de votre post, ce sont vos amis) les 150.- du revenu de réinsertion des bénéficiaires de l'aide sociale, sucrés par Poggia et l'ensemble du CE. Même pas foutus de protéger vos concitoyens les plus pauvres à gauche et, au centre. Et là, nous ne parlons pas de cent dix millions, mais de huit. Une honte, et là encore, le qualificatif n'est pas usurpé.

Écrit par : Pascal Legendre | 23/12/2014

Commentaire pour les 3 correspondants des 22 et 23 décembre.
Désolé messieurs, la trêve de Noël ne vous inspire décidément pas et ne vous permet pas de lever le nez du guidon. Je n'ai pas pour habitude de "censurer" les commentaires sauf exception quand c'est vraiment trop insultant (ça peut arriver, l'anonymat sur le net facilite grandement cela). Mais je dois dire que ces 3 réactions sont vraiment très loin du sujet.
- la gauche qui serait solidaire des mafias?? Si on parle de l'argent de la drogue, des armes, des commerces douteux, c'est bien la gauche qui est en première ligne pour lutter contre ces dérives! Cela n'est contesté par personne d'ailleurs.
- les Genevois qui ne trouvent pas de logement? Là aussi, qui a plaidé pour inscrire le droit au logement dans la constitution
cantonale ? Devinez: la droite, ou la gauche? Et qui a tout fait pour que ce ne soit pas un droit justiciable, devinez...
- Les logements sociaux tous occupés par les émigrés, des millions pour déférer aux supposés voeux culinaires des uns et des autres?? C'est tout comme "argument"? Cessons les rumeurs, donnons des preuves! Et est-ce la faute de la gauche si des propositions qu'elle a le mérite de faire sont rejetées par d'autres - ou pas plutôt celle de ceux qui les rejettent?
Mais comme dit, tout cela n'a pas grand chose à voir avec le sujet de ma note: l'importance pour notre pays qu'il y ait un standard mondial et du moins continental pour les droits humains. Car on n'a jamais raison tout seul!

Écrit par : René Longet | 23/12/2014

Les rumeurs, allez donc les vérifier dans la rubrique suisse du Matin ou de la Tribune concernant les cent dix millions. Tapez simplement "requérants érythréens" et vous tomberez dessus. En revanche, si vous vous sentez insulter par les quelques post susmentionnés, il vous en faut peu. J'espère au moins que les propos de quelques geux ne vous gâcherons pas la dégustation du filet mignon de veau aux truffes, ces prochains jours. Je ne vous souhaite pas de bonnes fêtes, très cher Monsieur.

Écrit par : Pascal Legendre | 23/12/2014

La trêve de Noël ? Et pour quelle raison ? Les sans-dents ont droit à une rallonge spéciale ce mois-ci ? Ah non, je viens de vérifier mon relevé de compte et le versement de l'aide sociale...pas un centime de plus qu'en novembre. Alors votre trêve...

Écrit par : Pascal Legendre | 23/12/2014

Comme d'habitude vous les politiciens, vous vivez dans votre petit nuage en profitant de vos petits privilèges. Mais vous pourriez au moins écouter et respecter le cris de détresse des concitoyens qui ont tous perdu dans ce monde de brute, qu'il soit de droite comme de gauche. Vous désirez que je vous apporte des preuves? Et bien sortez de votre tour d'ivoire, moi je sais de quoi je parle puisque j'ai fréquenté ces lieux de misères. Aujourd'hui j'ai retrouvé ma dignité dans mon nouveau pays d'accueil. Merci, la Genève des droits de l'homme qui chasse ses resortissants.

Écrit par : Courvoisier | 23/12/2014

Courvoisier, puis-je vous demander ou vous vous êtes exilé ?

Écrit par : Pascal Legendre | 25/12/2014

Dans un pays qui n'est pas un exemple de démocratie...., mais qui me permet d'avoir un toit et de vivre de ma petite retraite.

Écrit par : Courvoisier | 27/12/2014

Dans un pays qui n'est pas un exemple de démocratie...., mais qui me permet d'avoir un toit et de vivre de ma petite retraite. Ce pays c'est Madagascar.

Écrit par : Courvoisier | 27/12/2014

Dans un pays qui n'est pas un exemple de démocratie...., mais qui me permet d'avoir un toit et de vivre de ma petite retraite. Ce pays c'est Madagascar.

Écrit par : Courvoisier | 27/12/2014

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