23/02/2015

La blague du moment: aller sur Mars

Je pensais jusqu'à ce jour que pour imaginer aller sur Mars il fallait vraiment être très très addict de science fiction. D'abord, pour y aller... ça prend vraiment du temps, même avec le vaisseau spatial le plus rapide du monde. Une fois parti, trop tard pour regretter, pour changer de voisin de compartiment, pour modifier le menu du restaurant de bord, pour rêver de palmiers et de sable fin. Rêve qui tourne en cauchemar....


Non... sans blague, il paraît qu'il y a de plus en plus de candidat-e-s sérieux et sérieuses (e mets le féminin à dessein) pour ce vol vers l'inconnu. Tempêtes de sable. Froidure extrême. Pas d'eau. Pas de vie, peut-être quelques bactéries se goinfrant de soufre ou d'azote? Des montagnes pentues, des ravins, pas un arbre. Pas un brin d'herbe. Il est vrai que les pionniers de la découverte de notre chère planète Terre ont dû faire une croix sur leur confort pour s'enfoncer dans la brousse, traverser les déserts, grimper à la verticale les montagnes, plonger plus bas que permis, se faire prendre dans les glaces. Mais la plupart d'entre eux eurent la chance de rentrer, et aussi de découvrir des mondes nouveaux où la vie leur souriait.

Mais cela est-il possible aussi dans le vol interplanétaire? Déjà la Lune, ça fait plus de 40 ans que plus un humain y a mis les pieds. Y retourner c'est pourtant plus facile, moins inquiétant que de s'envoler pour la plus proche Planète, au mieux 57 millions de km, au pire 400 (il ne faut pas rater le bon moment, la "fenêtre de tir", surtout pour le retour, si jamais on a le mal du pays).

Il faut que je m'y fasse, il y a vraiment des gens qui veulent y aller. Et s'il y a une demande, l'offre n'est pas loin. Pour les choses les plus folles, dans le meilleur comme dans le pire, l'humanité a toujours trouvé des ressources.

Et finalement que cela peut-il me faire, si des humains veulent tester comment c'est de vivre dans une capsule sur une autre planète? Ce que veut dire recréer peu à peu les bases de la vie sous une bulle?Risquer leur vie car la Terre a épuisé les sensations fortes qui les font vibrer? Si pour eux l'horizon n'est plus l'Everest ou l'Amérique ou la Lune mais Mars?

Là où nous sommes néanmoins concernés, c'est au niveau de ce que cela signifie. Au moment où l'humanité s'est ingéniée à menacer de plus en plus les équilibres vitaux sur Terre (la biodiversité taillée en pièces par une seule espèce, la nôtre, exploit inouï dans toute l'histoire de la Terre, le changement climatique - expérience grandeur nature infligée à toute la Planète), d'aucuns propagent la fuite en avant, qui ressemble plus à un déni qu'à une prise de responsabilité. Fuite devant nos responsabilités. Investissement gigantesque, alors que nous n'avons toujours pas vaincu la malaria ou la famine sur cette Terre. Investissement gigantesque, alors que nous n'arrivons pas à financer la transition énergétique. Divertissement majeur alors que s'accroissent les inégalités et l'exclusion. Investissement fabuleux qui manque cruellement sur Terre.

Il paraît que l'on ne commande pas le progrès. Tel une fatalité, il souffle où il veut. On ne peut rien y faire, dit-on. Seulement espérer que ça finira bien, comme si nous n'y étions pour rien. Toute autre idée serait ringarde! Alors oui, face à cette pensée unique de la fuite en avant, de l'impuissance collective, je revendique fièrement mon statut de ringard qui préfère soigner notre planète bien malade avant de répandre nos maux sur la suivante...

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Commentaires

Et alors ? C'est bien socialiste de casser le rêve pour prêcher le nivellement par le bas.

Mais est ce que vous penser sérieusement que le monde est plus mauvais, plus injuste ou plus pollué aujourd'hui parce que les ricains on claqué quelques milliard de $ pour envoyer une dizaine d'hommes sur la lune il y a 40 ans ?


Et est ce que vous diriez la même chose du CERN et son collisionneur de particule géant qui coutes des milliards aussi alors que des gens meurent de faim ?

Ou encore des fonctionnaire qui réclament des primes correspondantes a deux ans de salaire dans le tiers-monde ?

Etc...

Écrit par : Eastwood | 23/02/2015

" Déjà la Lune, ça fait plus de 40 ans que plus un humain y a mis les pieds."

Vous confondez fiction et réalité.

Écrit par : Johann | 24/02/2015

Bonjour
Un bref commentaire aux deux premières réactions:
-M. Eastwood: se poser la question des liens entre moyens et besoins est la moindre des choses, le bon sens serait-il réservé aux socialistes? Je ne parle ni du passé ni du CERN je parle spécifiquement de cet engouement pour aller sur Mars... Sinon cessez toute question sur les dépenses faites au nom de la science, seraient-elles chasse gardée et sacrées? Casser du rêve? Le vrai rêve ne serait-ce pas d'être capables de respecter notre propre Planète et d'y assurer une vie correcte à tous?
- Johann: Le dernier humain qui a posé son pied sur la Lune cela a été le 14 décembre 1972. Ce n'est pas de la fiction mais la réalité!
Cordialement
René Longet

Écrit par : René Longet | 24/02/2015

Les russes ont été les premiers à envoyer un engin sur la lune.

Les américains ont été les premiers à y aller.
Peut-être voulaient-ils faire du businness?

Écrit par : Keren Dispa | 24/02/2015

Eastwood je partage votre opinion et vous me donnez une idée car une commune de Romandie en plein foutoir financier aurait grand besoin d'argent pour remplacer celui qui a disparu .Fait intéressant car plus on a d'économistes en politique moins bien se portent certaines finances mais le Cern pourrait prêter de l'argent à la région concernée non ? allez un bon geste à Genève /rire

Écrit par : lovejoie | 24/02/2015

Cher Johann
Moi non plus je ne peux rien faire pour vous, je ne tente donc pas de vous convaincre que la Terre est ronde et que le dernier vol vers la Lune a bien eu lieu en 1972, donc voici plus de 42 ans:http://fr.wikipedia.org/wiki/Apollo_17
Bonne journée!
René Longet

Écrit par : René Longet | 24/02/2015

Aller sur Mars ? Quelle bonne idée ! On devrait réserver tous les prochains voyages pour les socialos !Ils pourrait enfin créer une République Socialiste Marsienne, bien entendu totalitaire ! Bon voyage !!

Écrit par : Gedeon Teusmany | 24/02/2015

Bonjour René,
Cette envie d’aller sur mars est réservé à de nombreuses personnes, qui scotchés devant leur smartphone, n’ont plus l’occasion de faire interagir leurs 5 sens avec la nature. Prendre un sécateur pour aller tailler un pommier, une paire de gants pour ramasser des feuilles mortes, un merlin pour fendre du bois, un couteau pour gratter la terre et enlever les adventices du potager, une pelle pour nettoyer le poulailler, une hache pour donner la mort à un poulet… Aujourd’hui, très peu d’occidentaux arrivent à stimuler un maximum de sens de manière simultanée. Tout se simplifie, même la perception des choses. La mécanisation et l’utilisation d’énergies fossiles ont mis l’homme sous une cloche. Il ne contrôle plus sa relation avec la nature.
Avec la technologie actuelle, nous n’avons que l’image et le son pour stimuler la vue et l’ouïe, mais quant est-il de l’odorat, du toucher et du goût ? Lorsqu’un maximum de sens est directement en interaction avec la nature, il y a un retour aux sources, une émanation de bonheur ou d’effroi d’une intensité remarquable. Aujourd’hui, nous ne sommes plus confrontés à cette combinaison mettant en œuvre les sensations profondes. Seul un ou deux sens sont stimulés par expérience. Il y a carence, l’homme ne se retrouve plus. Il a des besoins supplémentaires. Il veut plus et toujours plus car il est en manque, en manque de vérité, de réalité et de savoir car le savoir de nos ancêtres se perd. L’homme fuit car ses richesses culturelles sont entrain de se perdre.
Il y a un manque de sagesse et de lucidité. Ce manque de responsabilité de l’humanité est un indicateur marquant la rupture avec son substrat, la terre. Une humanité consciente de son désastre envers la planète et voulant migrer vers un nouvel habitat puisque celui-ci gaspillé. Cette fuite en avant me fait penser au mythe du suicide collectif des Lemmings qui n’est en fait aucunement un suicide mais une migration pendant laquelle certains trouvent la mort si l'effort nécessaire dû à un obstacle naturel excède leur condition physique. L’origine de cette migration est suite à une surpopulation et un manque de nourriture.
Notre instinct est de choisir la facilité et donc de prendre la fuite pour trouver de nouveaux habitats. Mais cette facilité n’est qu’illusoire car dénué de sens. Nous sommes dépendants de notre atmosphère, de nos ressources et de nos paysages. Migrer vers une autre planète est un suicide. C’est également une guerre que l’on déclare à la planète. L’énergie qu’il faudra mobiliser pour concevoir la technologie spatial réduira notre planète a de la charpie.
Salutation.

Écrit par : Benjamin | 25/02/2015

Ce que je trouve choquant, c'est l'incapacité des volontaires à imaginer quel enfer ce serait pour eux de se condamner à la prison à vie, vraiment à vie, sans la moindre rémission possible.

Écrit par : Géo | 25/02/2015

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