27/09/2015

Après les portes ouvertes du CEVA: envie de transports dignes de notre agglo!

Dans le domaine des transports, alors que les bouchons sont la réalité quotidienne des habitant-e-s de l'agglomération franco-valdo-genevoise, les comparaisons font mal. Nous sommes la 3e agglomération de Suisse, loin devant la 4e, Lausanne. Par contre les équipements en matière de transports ne sont aucunement à la hauteur. Alors que Zurich et Bâle ont su se doter d'équipements en transports publics à la hauteur des besoins, permettant des déplacements commodes et sans heurts, à Genève nous avons au moins une génération de retard. Nos équipements sont conçus pour 400'000 habitants alors que la région concernée en compte le double...


Le bulletin de l'Office cantonal de la statistique de février de cette année nous rappelait qu'"avec 818'700 habitants en 2012, l’agglomération genevoise constitue la troisième agglomération de Suisse en nombre d’habitants, après celles de Zurich (1'280'900 habitants) et de Bâle, transfrontalière elle aussi (823'100). Lausanne est cinquième, avec 389'600 habitants."

Il suffit de se rendre quelque fois dans l'année à Zurich ou à Bâle pour constater le fossé qui nous sépare en matière d'offre ferroviaire (trains de banlieue et trams). D'innombrables lignes de trains et de trams parcourent ces deux agglomérations, on ne cesse d'en construire de nouvelles, la population est bien desservie, on n'attend pas, bref ça roule, on se sent pris au sérieux, c'est en phase avec les besoins. La  desserte en transports publics est cohérente avec la dimension de l'agglomération. Et c'est bien l'offre ferroviaire qui est l'axe structurant de tout le reste.

A Genève, il nous a fallu un siècle pour réaliser le CEVA, dont la progression réjouissante a pu être suivie ce week-end grâce à une opération portes ouvertes très bien organisée. Malgré un retard dans la mise en service par rapport au planning prévu, et des surcoûts, il s'agit là du premier ouvrage ferroviaire de taille réalisé dans notre région, si on met à part le raccordement voici une trentaine d'années à l'aéroport qui n'a pas de vocation de desserte locale. Notons tout de même l'amélioration des parcours RER entre Cornavin et Bellegarde, sur une ligne inaugurée en... 1858.

Mais que va-t-il se passer d'autre, dans un horizon pas trop éloigné? On discute vaguement de réhabiliter des lignes ferroviaires en France voisine fermées depuis des décennies au trafic voyageurs, comme Bellegarde-Divonne ou Evian-Saint-Gingolph, et dont les infrastructures subsistantes se dégradent à vue d'oeil. On espère que la mise en service du CEVA sera accompagnée d'une vraie stratégie régionale, impliquant une rénovation et un renforcement substantiels de la desserte fine côté français. Il est vrai que le refus l'an dernier du cofinancement de parkings de dissuasion en France voisine, qui auraient déchargé notre réseau routier, a fortement douché les ardeurs de la coopération en ces matières. Néanmoins on ne pourra pas en rester là.

On parle de nouvelles lignes de trams certes, mais la dernière inauguration date d'il y a 4 ans. C'était la ligne Genève-Bernex, en décembre 2011, rétablie 50 ans, quasiment jour pour jour, après sa fermeture (juste avant la construction de la cité nouvelle d'Onex-Lancy)... Depuis silence radio, pas de nouveaux chantiers, et on sait que de tels chantiers durent un certain temps: il a fallu 3 ans pour réaliser les 6 km de la ligne d'Onex-Bernex.

Il faut dire qu'on revient de loin. A l'instar de la quinzaine de villes suisses qui avaient démantelé dans les années 50 et 60 leur réseau de trams (Lucerne, St.-Gall, Winterthur, Lugano, Bienne, La Chaux-de-Fonds, Martigny, Schaffhouse, Lausanne entre autres), Genève allait droit dans cette direction. En 1970, des 125 km du réseau (dont 6 lignes transfrontalières), seuls subsistaient les 8 km de la ligne 12. C'est à partir de cette modeste survivance que peu à peu, à un rythme d'escargot, on a commencé, dès les années 1980, à reconstituer un réseau de trams: Carouge-Bachet, Bachet-Palettes, Place du Cirque-Cornavin puis Nations, Rond Point de Plainpalais-Grand-Lancy, Cornavin-Meyrin, puis la ligne de Bernex. 30 ans pour réaliser un peu plus de 25 km...

Quelle suite, quels projets? On a évoqué la desserte de St.-Julien, de Ferney, de Vésenaz, d'Annemasse, dessinés par des traits plus ou moins appuyés dans les plans d'intention du plan directeur cantonal 2030. Mais à quel rythme, avec quels moyens, dans quel ordre? Cette lenteur est insupportable et nous en sommes tous victimes au quotidien. Il en va de la qualité de la vie de 800'000 personnes.  La visite du chantier du CEVA donne vraiment envie de mettre les bouchées doubles, la situation actuelle n'est pas à la hauteur ni de nos ambitions ni de nos besoins. Alors réveillons-nous et mettons la vitesse supérieure.

 

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Commentaires

Merveilleux CEVA mais cauchemars de trams! A défaut de tout arracher, il faut lutter pour éviter à tout prix d'en (re)mettre d'autres.

Écrit par : JDJ | 27/09/2015

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