25/10/2015

Lu dans la presse...

Deux formations ou groupes de formations politiques n'ont décidément pas été à la fête voici une semaine. Pourtant ce qu'ils disent et ce qui est, ou pourrait être, leur rôle, est éminemment utile.

Comment expliquer ce mauvais sort, qui est aussi quelque part un mauvais sort pour la recherche de solutions constructives?

En cause: les verts et le centre.


Les jeunes votent UDC nous apprend le Matin Dimanche de ce 25 octobre. La raison? Garder leurs acquis. Mais pour garder ses acquis, il faudrait mettre un peu d'écologie dans son quotidien, et ça, je ne l'ai pas vu dans le programme national de l'UDC (mais je n'ai peut-être pas lu assez en détail les divers tous-ménages qui nous ont été offerts par les généreux donateurs de ce parti). Et là, justement, les verts...

Daniel Brélaz, un de leurs fondateurs, soulignait dans une interview dans le Temps voici quelques jours la nature fluctuante des résultats des verts de ces 30 dernières années. Au fond, comme la Ville de Paris, Fluctuat nec mergitur, on oscille mais on ne coule pas. Certes, les hauts et les bas font partie de la vie, mais après 30 ans on sait où est son minimum - et aussi son maximum. Notons qu'en France l'oscillation est bien plus forte, allant de 2 à 16% selon qui est tête de liste (Eva Joly ou Cohn Bendit). Et symboliquement le retour de Brélaz boucle la boucle.

Qu'on se comprenne bien: je souhaite de meilleurs scores aux amis verts. Et qu'ils puissent être la dynamique écologique indispensable pour répondre présent aux enjeux clé qui feront de cette planète un jardin ou un désert. Mais il est tout aussi nécessaire qu'il y ait des verts dans tous les partis, pour que des majorités puissent être trouvées autour de réponses constructives et positives  aux questions du climat, de la biodiversité, de l'agro-alimentaire, de la gestion des ressources, bref d'un Progrès... qui au lieu de nous asservir finirait par nous servir... Rien de bien neuf: pour avancer il vaut mieux avoir deux pieds - un sous forme de parti, un autre sous forme de verts dans tous les partis.

Et du côté du centre? Dans aucun pays, on ne gouverne bien sans négocier au centre. Mais ce centre a été bien malmené lui aussi. Les causes sont ici très différentes et la situation paradoxale. D'une part ce centre a effectivement existé à Berne, a été le générateur d'importants compromis, notamment en matière énergétique. D'autre part il a soigneusement évité de mettre en avant son rôle pourtant essentiel. C'est en cachette, presque honteusement, que le centre joue son rôle naturel de constructeur de majorités.

Qu'attendent PDC, Verts libéraux et PBD pour sceller leur alliance, qui seule donnerait sens à leur action? A force de jouer à cache-cache, de refuser leur destin, c'est eux qui finiront dans le fossé. Le centre doit-il vraiment être toujours mou? Et si la question n'était pas que, pour former un centre, pour fédérer autour de soi, il faut déjà soi-même être un centre, fédérer à l'intérieur de soi? Centre ou pas centre, that is the question. A l'heure actuelle, le PDC semble encore trop peu centré en son sein pour pouvoir être le centre d'autre chose. Dommage, car qui sait si demain ses alliés potentiels de maintenant seront encore là pour rejouer une nouvelle partie? Plus il y a de polarisation, plus on a besoin de centre fédérateur. La nécessité est là, qui peut y répondre?

 

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Commentaires

"La nécessité est là, qui peut y répondre?"

Nécessité pour qui ?
La gauche, qui a perdu son âme, embrassé les lois du marché et qui s'allie au PLR pour sauver les accords de libre échange qui consacreront les monopoles privés et l'appauvrissement des plus pauvres.
La gauche, sans le centre, est condamnée dans notre pays à rejoindre l'opposition.

Écrit par : PIerre Jenni | 26/10/2015

Les agriculteurs, ne sont-ils pas les meilleurs gardiens de la Nature ?
Quand on appelle l'UDC, parti agrarien, il ne faudrait pas oublier que bon nombre de ses membres sont des paysans, agriculteurs, fermiers et autres vignerons ...

"Mais pour garder ses acquis, il faudrait mettre un peu d'écologie dans son quotidien, et ça, je ne l'ai pas vu dans le programme national de l'UDC (mais je n'ai peut-être pas lu assez en détail les divers tous-ménages qui nous ont été offerts par les généreux donateurs de ce parti)."

Inutile donc de le faire savoir à chaque publication ...

Écrit par : Victor-Liviu Dumitrescu © | 27/10/2015

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