11/11/2015

Les salarié-e-s de l'Etat dans la rue: et si nous apprenions le dialogue social?

Déficits de l'Etat récurrents, dette volumineuse, coupes dans les prestations et les subventions aux entités d'utilité publique, hargne anti-fonctionnaires, moins d'Etat, les débats budgétaires des vingt dernières années se suivent et se ressemblent désespérément. Devant les majorités politiques qui imposent des vues simplistes et font la sourde oreille au principe démocratique du dialogue social, les salarié-e-s de l'Etat n'ont pas d'autres ressources que de descendre dans la rue.


Et si on apprenait, précisément, à pratiquer le dialogue social dans cette République? Pas ce dialogue ponctuel et factice, quand il est trop tard, par exemple quand une délégation du Conseil d'Etat reçoit une délégation syndicale et lui "explique " ce qui est juste, ne quittant pas d'une semelle la posture de l'autorité. Non, un dialogue social institutionnalisé, avec des représentant-e-s élu-e-s, qui se rencontreraient régulièrement avec leur employeur, feraient remonter les situations, ressentis et constats, et partageraient, tout en la questionnant de manière critique, l'analyse des situations financières de l'Etat? Un dialogue qui ferait que le partage d'informations, mais un discours cohérent sur la fiscalité aussi, puissent se passer dans un cadre régulier, institutionnalisé, qui apporte du sens et de la signification aux deux parties, où on construit des positions, quittance aussi des divergences.

Une utopie? Membre du conseil d'administration de SIG, j'y vois agir 4 représentants du personnel, élus par celui-ci. Ils sont pleinement membres du conseil, donnent avec pertinence leur avis, font valoir les préoccupations et revendications du terrain, ont pour fonction aussi de redonner à leurs mandants qui les ont élus des éléments de réponse. Cela n'enlève rien aux rôles de la commission du personnel et des syndicats eux-mêmes. Aucune concurrence entre ces canaux de communication et d'action, mais de la complémentarité. Cette précieuse présence, prise très au sérieux par tous les membres du conseil, a failli disparaître lors des diverses tentatives de "simplifier" la gouvernance des établissements publics. Ce n'est certainement pas un hasard si les auteurs de ces projets d'exclusion furent les mêmes qui, en ayant organisé les diverses baisses d'impôt et cadeaux fiscaux, sont coresponsables des difficultés financières de l'Etat ...

Le dialogue social institutionnalisé est incontournable pour qu'une République fonctionne, elle exprime la considération et le respect de l'employeur (public) pour ses employé-e-s; c'est une mesure essentielle de bonne gouvernance. Ca marche à SIG, et contribue certainement au bon climat au sein de cette grande régie publique. Ce qui est possible à SIG ne pourrait pas donner des idées pour l'Etat lui-même? Encore faudrait-il une fois pour toute admettre la complémentarité entre les secteurs public et privé, au lieu de dénigrer constamment le premier et prétendre vouloir tout aligner sur le second.

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