14/03/2016

Que se passe-t-il avec notre agriculture?

Beaucoup de monde se pressait l'autre soir à l'appel de Greenpeace à la Salle de l'Athénée pour écouter le professeur Seralini de l'Université de Caen parler de ses recherches sur les pesticides. La presse française d'ailleurs révélait le lendemain que les agriculteurs français avaient augmenté l'année dernière pratiquement de 10% leur utilisation de pesticides, le fameux Round Up en tête. Certes, quand ils en épandent c'est dans un costume étanche, quasiment de cosmonaute. Mais les voisins, et les végétaux, bien sûr, sont sans protection, sans défense. Tout cela pour produire toujours plus. Or, comme dans le secteur laitier, la fuite en avant vers le quantitatif ne fait qu'accélérer la spirale du déclin de la paysannerie. Il y aura toujours quelqu'un dans le vaste monde qui produit encore plus pour encore moins cher. Et à Genève?


Nous avons un tableau fort intéressant. Un taux d'auto-approvisionnement moyen (tous produits confondus) de quelque 20%, ce qui signifie que 80% de notre nourriture doit provenir d'ailleurs que de la production cantonale. Dans un canton aussi urbanisé que le nôtre, une telle proportion n'a rien de surprenant. Mais elle veut aussi dire qu'il y a une vraie chance pour nos producteurs locaux de trouver des débouchés fiables et durables auprès d'une population qui vient de dépasser le demi-million. Si chacun de nous ne mange genevois ne serait-ce qu'une fois par semaine, à terme plus de soucis de débouchés pour nos producteurs.

Nous avons depuis plus de dix ans une loi sur la promotion des produits de l'agriculture locale, un label cantonal Genève-Région Terre-Avenir, qui a réussi un important travail d'information et de fidélisation. Nous avons un Office de promotion des produits agricoles de Genève, l'OPAGE, et sa Maison du terroir pour soutenir cette action. De nombreux produits sont désormais connus des Genevoises et des Genevois, à commencer par les vins locaux. Un immense parcours qualitatif a été accompli en une génération, passant des fameuses Quilles de Perlan et de Gamay des années 1970 à la palette extraordinaire des cépages et terroirs actuels. Hommage aux pionniers qui dans les années 1980 déjà se sont battus pour des AOC à Genève, premiers de Suisse!

Pourquoi ce qui a été possible pour un produit qui finalement est d'agrément et non de première nécessité ne le serait-il pas pour les carottes, les pommes de terre, les céréales, les pommes ou les poires? Il en existe autant de variétés et de terroirs que pour la vigne, il devrait exister tout autant d'amateurs pour les apprécier. Pourquoi une dégustation de pommes aurait-elle moins de succès qu'une dégustation de vins? Pourquoi la diversité des céréales et des pains ne ferait-elle pas autant recette que celle de nos cépages? Et à quand une Fête de la tomate multicolore et qui présenterait une vraie diversité à partir d'un renouveau de la production locale?

Bref il y a un autre avenir pour nos producteurs que la fuite en avant dans le quantitatif. C'est un combat sans espoir, où s'épuise pour rien. Le seul avenir de notre agriculture est la qualité. Tout le reste est du court terme et c'est autour de cela qu'il faut renouveler le contrat entre ville et campagne, consommateurs et producteurs.

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Commentaires

@M. Longet,
Ce que vous dites est parfaitement juste.
Néanmoins, regardons ce qui se passe avec l agriculture, entre autres française et pour laquelle vous citez l augmentation de 10% de l utilisation des pesticides par les agriculteurs français en 2015. On a bien entend ces dernières semaines leur cri de colère amère, leur coup de semonce que leur déprime dans ce métier bien agonisant, chose très triste.

Allons un peu plus loin pour comprendre pourquoi ils ont reçu le le "coup d achever ce cheval bien fatigué et qui souffre". Ne faudrait pas aussi mettre en cause les règles dictatoriales de l union européenne qui n oeuvrent pas à unir les européens mais bel et bien à les dés-unir? Et d autre part, ne doit on pas mettre en cause les sanctions-embargos européens contre la Russie qui sont amorales pusiqu ils sanctionnent les Peuple autant Russe qu Européens et jamais leurs dirigeants? ça était toujours le cas comme contre les Citoyens Cubains jusqu il y a peu, la Syrie aujourd hui et contre les Citoyens Iraniens...etc...Ces embargos, contre la Russie (notre sujet) sont illégaux car il ne s agit que d une guerre larvée contre ces peuples (et un peu contre leurs dirigeants), guerres maquillées en embargos.

Dans le passé très proche, la Russie était l Importateur No 1 de la viande française puis elle a été interrompue par M. Poutine en réplique à l embargo français contre la Russie (et suite aussi à la sale affaire de ne pas leur livrer les 2 Mistral). Il n y a pas de miracle, ceux sont les agriculteurs allemands qui se sont substitués à leurs camarades hexagonaux!
Dit on Amen ou Amin ou la messe est dite!

Écrit par : Charles 05 | 15/03/2016

il se passe entre autre que vitesse et rendement sont incompatibles en agriculture. Aujourd'hui tout le monde est pressé Greenpeace comme beaucoup d'autres
D'ailleurs on sait tous que Greenpeace n'a pas pour mission de représenter le monde agricole
Si un humain ayant supporté 25 ans de traitement hormonal sous forme d'injections mensuelles après plus de 8 ans d'interruption ce qui l'oblige à vivre avec les effets secondaires à la clé car il y a automatiquement un contrecoup
Il en est de même pour la terre et on n'ose imaginer la réaction et le temps d'adaptation aux différents sols de notre pays qui ayant subi plusieurs mutations suite à l'abandon des produits utilisés par les anciens et qui finiront si on continue ainsi à ne plus rien produire
Exactement comme l'effet hormonal de substitution qui abandonné coupe l'envie définitive à toutes relation sexuelles
A chaque saisons ses travaux tout ceci est détaillé dans l'almanach du Messager boiteux que nos anciens avaient à cœur de consulter avant de tout fiche en l'air et tous riraient de cette soumission indéfectible à l?UE et ses dogmes dictatoriaux et à certaines ONG

Écrit par : lovejoie | 16/03/2016

Quand on parle d agriculture française et suisse, entre autres, on oublie de parler de nos vignes et de leur avenir un peu noir. Qu en dites vous quand la TAFTA (libre échange commerciale avec les USA) nous serait imposée, même en suisse sans avoir demandé la vis des helvètes? Imposée avec une mal honnêteté médiatique et politique hallucinante car ce projet a été mis pour être validé par les mains de l UE et en catimini où des Experts en expertologie sont entrain de discuter son application entre Grand avocats des Lobby et des multi nationales. On aura du vin genre Coca Cola, poisson aux hormones et poulet au chlore...etc... De notre côté, en Suisse, nous ne pouvons pas échaper é refuser un produit accepté et commercialisé dans l UE sinon les multi nationales pousuivront la Confédération pour indemnités et des pénalités de tel "boycot" et Bingo !

Écrit par : Charles 05 | 17/03/2016

En complément de mon texto ci dessus du 17 crt, voici la suite du désastre programmé surtout de l agriculture européenne:
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Document divulgué: les USA peuvent changer les lois de l’UE s’ils ne les aiment pas?
19 mars 2016

La Commission Européenne sera obligée de consulter les autorités américaines avant d’adopter de nouvelles propositions législatives à la suite de la mise en vigueur de l’accord avec les Etats-Unis sur le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP dit aussi TAFTA), selon un document divulgué.

Selon ce document divulgué et obtenu par le groupe d’action indépendant Corporate Europe Observatory (CEO) au cours des négociations entre l’UE et les Etats-Unis sur le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP), a révélé qu’une commission non élue sera mise en place, elle aura le pouvoir de décider dans quels domaines une coopération avec Washington devrait avoir lieu, en écartant ainsi les Etats membres de l’UE et le Parlement européen, selon le quotidien britannique Independent.

L’objectif principal du TTIP est d’harmoniser les règles transatlantiques dans un éventail de domaines, y compris la sécurité alimentaire et les produits de consommation, la protection de l’environnement ainsi que les services financiers et bancaires.

Le document divulgué concerne le chapitre « coopération réglementaire » des négociations, qui, selon l’UE,se traduira par « réduire les formalités administratives pour les entreprises de l’UE sans rogner leurs droits ».

Toutefois, le document démontre un labyrinthe de procédures qui pourraient ligoter toutes les propositions de l’UE qui vont à l’encontre des intérêts des Etats-Unis, estime le groupe d’actions.

Selon les procédures révélées par le document, les autorités réglementaires américaines auront un « rôle discutable » dans le processus législatif de Bruxelles et affaibliront ainsi le Parlement européen.

« La détermination de l’UE et des Etats-Unis de mettre les grandes entreprises au cœur des processus de prise de décisions est une menace directe faite aux principes démocratiques. Ce document montre comment la coopération réglementaire du TTIP facilitera l’influence des grandes entreprises ainsi que l’influence des Etats-Unis sur le processus législatif avant qu’une proposition ne soit même présentée aux parlements », a déclaré Kenneth Haar, analyste de CEO.

Nick Dearden, directeur du groupe d’action britannique Global Justice Now, affirme que c’est « effrayant » que les Etats-Unis puissent obtenir le pouvoir de contester et de modifier les règlements européens avant que les politiciens européens aient l’occasion d’en discuter.

« Nous parlons de la souveraineté actuelle dans ce pays (le Royaume-Uni, ndlr), il est difficile d’imaginer une menace plus grave à notre souveraineté que cet accord commercial », a-t-il indiqué.

TTIP, TAFTA ou encore Traité transatlantique (TTA): trois noms pour un même projet qui doit abolir tous les obstacles aux échanges de chaque côté de l’Atlantique. Depuis le lancement des négociations sur cet accord, une coalition d’ONG et de partis politiques européens dénonce l’opacité qui entoure l’accord sur le TTIP. Il est effectivement discuté dans le plus grand secret, loin des médias et des citoyens.

Source: https://fr.sputniknews.com/international/201603181023481479-usa-peuvent-changer-lois-ue/

Écrit par : Charles 05 | 19/03/2016

"....poursuivront la Confédération pour indemnités et des pénalités." Pour l'heure c'est la Confédération qui pénalise les paysans au moindre manquement: une pénalité de 10'000 (pénalité maximale) pour avoir manqué un rendez-vous de contrôle d'un champ!
J'aimerai bien savoir qui accepterai une pareille pénalité sur son salaire?

Alors vous pouvez crier, c'est trop tard; la politique agricole 2014-2017 voulue avec la majorité des verts et socialos a sonné le glas de notre agriculture.

Maintenant nos jeunes s'en vont au Canada, là-bas ils sont attendus les bras ouverts, car leurs grandes formations sont vénérées pas nos amis outre-Atlantique. Et le comble c'est que nos agriculteurs vont produire avec OGM pour que tout ceci soient réexpédiés en UE, elle qui n'en voulait pas!?!?!

Écrit par : Corélande | 19/03/2016

Merci d avoir ouvert le débat sur le TAFTA, entre autres..
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TAFTA,Une justice privée au service des multinationales

Le projet de traité prévoit la création d’un mécanisme juridique dit « investisseur-Etat » offrant des droits exorbitants aux entreprises. Concrètement, cette disposition donnerait à toute entreprise américaine investissant dans un pays européen le droit de réclamer devant un tribunal d’arbitrage privé des dédommagements financiers de la part d’un État dont une nouvelle loi, ou une norme, seraient de nature à porter atteinte à aux profits actuels ou envisagés de l’entreprise contrariée.
Cette instance arbitrale disposerait donc du pouvoir d’invalider des réglementations sur le seul motif qu’elles constituent des atteintes au libre commerce, mais aussi de faire payer des amendes directement prélevées sur le trésor public des Etats. Cette disposition constituerait une atteinte insupportable à la souveraineté des peuples et à la démocratie.
Grâce à des mécanismes similaires, des entreprises européennes ont déjà engagé des poursuites contre l’augmentation du salaire minimum en Égypte, ou contre la limitation des émissions toxiques au Pérou.
En Australie et en Uruguay, le géant de la cigarette Philip Morris a assigné ces deux pays devant un tribunal spécial suite à des législations anti-tabac jugées trop contraignantes.
Au Canada, la multinationale Lone Pine, exploitant le gaz de schiste, demande 250 millions de dollars de réparation à cause du moratoire sur la fracturation hydraulique mis en place au Québec.
Aux États-Unis, plus de 400 millions de dollars ont été versés aux multinationales en compensation de mesures décidées par l’État fédéral, comme l’interdiction de produits toxiques, l’encadrement de l’exploitation de l’eau, du sol ou du bois...
Suite à la décision de l’Allemagne de fermer deux centrales en vue de la sortie du nucléaire, après la catastrophe de Fukushima, la société suédoise Vattenfall réclame 4,7 milliards au gouvernement allemand dans le cadre de la charte de l’énergie qui accorde aux investisseurs le droit de déposer plainte devant des espaces d’arbitrage investisseur-Etat.

https://www.collectifstoptafta.org/tafta/article/une-justice-privee-au-service-des-multinationales

Écrit par : Jean Luc | 20/03/2016

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