21/04/2016

Climat, une nouvelle étape demain!

Les photos sont encore dans toutes les mémoires: ces chefs d'Etat ou de gouvernement qui se donnent l'accolade après la finalisation du texte de l'Accord de Paris, au terme de la COP 21, le 11 décembre 2015. Destiné à succéder au Protocole de Kyoto entré en vigueur en 2005 et qui n'oblige que les Etats industrialisés, désormais tous les pays sont à bord, au nom du principe de la responsabilité commune mais différenciée.

On se rappelle surtout de l'engagement essentiel qui est de maintenir "l'évolution de la température moyenne de la planète nettement en-dessous de 2°C". Le mécanisme retenu est que tous les Etats présentent régulièrement leurs plans de réduction des émissions de gaz à effet de serre et que ces limites d'émissions soient tout aussi régulièrement révisées à la baisse.


Mais ce n'est que la première étape d'un long chemin. A Paris, on a fait de la rédaction, on a négocié le contenu. Pour qu'un traité international entre en force, il faut ensuite que les gouvernements le signent - c'est l'objet de la cérémonie du 22 avril, puis que les parlements le ratifient. Si l'approbation du parlement chinois ne fait aucun doute, il n'est pas prévu qu'on y débatte, il en va tout autrement par exemple au Sénat américain, qui avait déjà rejeté voici un peu moins de 20 ans le Protocole de Kyoto pourtant signé par le président Clinton. Et il faut les ratifications de 55 Etats totalisant 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre pour que l'Accord puisse entrer en vigueur.

Puis quand tout cela sera accompli, reste à appliquer son texte. C'est l'occasion de se rappeler que depuis 1994 la convention cadre des Nations unies sur le changement climatique prévoit que "concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère" soient stabilisées "à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique du système climatique": or, depuis, elles ont allègrement augmenté de 50%!

Un premier bilan des engagements nationaux sera fait en 2023 au plus tard. L'addition des engagements présentés lors de la COP 21 aboutit à une augmentation de la température moyenne terrestre de 2,7°C, le double de l'objectif convenu!

Et pendant que les mécanismes complexes des traités se déroulent comme si le temps ne nous était pas mesuré, les mauvaises nouvelles continuent de tomber. On nous signale que le Groenland, abritant la masse glaciaire la plus importante de l'hémisphère Nord, connaît des températures printanières dignes de l'Europe centrale, de l'ordre de 16 ou 17°C. Que la montée du niveau des mers risque d'être de 2 mètres à la fin du siècle et pas d'un, comme prévu jusqu'alors. Or des centaines de millions de personnes vivent en bordure des mers, et beaucoup parmi les plus grandes villes du monde s'y trouvent. Déjà maintenant, la moitié des personnes déplacées sur la planète, soit 60 millions, le sont pour des raisons météorologiques. Mais les bonnes nouvelles sont aussi là. Ainsi de plus en plus d'investisseurs mettent en garde contre les pertes de valeurs dans le secteur du carbone, se méfient d'y placer leurs finances, et se tournent vers les énergies renouvelables. Et pressent les Etats à prendre leurs engagements au sérieux.

La course de vitesse entre forces de régulation et forces d'un déséquilibre croissant se poursuit. Et nul ne peut prédire qui va gagner la partie. Pendant ce temps ,on se dispute à Genève pour savoir si les motards ont le droit de concurrencer les usagers des pistes cyclables ou des bus, si on agrandit l'aéroport ou fait de nouvelles routes, et le développement des transports publics stagne, mis à part le CEVA attendu depuis un siècle. Pourtant un tiers de la facture pétrolière va sur le compte d'une mobilité non durable. Nous nous désintéressons du monde? Qu'à cela ne tienne, le monde viendra chez nous, nous rappeler que nous sommes bien sur la même planète.

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Commentaires

Il faut cesser de peindre le diable sur les murailles .il ne faut pas tomber dans la mode Jéhova qui voit la fin du monde à chaque fin de mois
On sait aussi que ces Dirigeants ont besoin d'excuses pour se rassembler et surtout faire semblant de travailler,du chapeau oui là il n'y a aucun doute
Et tandis que tout le monde rame dans l'océan de la déconnologie les ouvriers eux continuent de ramer à la recherche d'emplois tandis qu'ils voient les technologies les remplacer peu à peu
De toutes manières vouloir sauver la planète en supprimant les places de travail c'est vraiment un non sens
Car sans travail et sans argent tous finiront par s'entretuer
On sait aussi que trop d'austérité fini par faire fondre l'économie bien plus vite que les glaciers

Écrit par : lovejoie | 21/04/2016

Hugo Chavez avait dit:Si le Climat était une grande banque, les Etats les Plus riches du monde l auraient sauvée du jour au lendemain mais pour la "Banque Climat", il faut attendre quelques siècles si ce n est encore plus...

Écrit par : Binji | 21/04/2016

J ai une contestation à formuler au sujet de la COP 21 à Paris chapeautée par Mr Fabius. Connaissez vous le CV de ce Mr?
--Sangus Contaminus.
--Rainbow Warriors.
--Al Nosra/Al Qayda qui fait du bon boulot en Syrie..

Faites vous confiance à un tel Escroc?

Écrit par : Charles 05 | 22/04/2016

Quelques remarques sur les commentaires reçus. 1) les énergies renouvelables et les économies d'énergie créent de nombreux emplois décentralisés (puisque les activités sont liées à des bâtiments, en général) et non délocalisables, en tous cas bien plus que le fossile et le fissile actuels. 2) ce n'est pas moi qui fais les diagnostics sur les risques climatiques, mais la communauté des chercheurs et le consensus est de plus en plus important parmi eux, et si cela ne suffit pas allez faire un petit tour en montagne voir où en sont nos glaciers. 3) Indépendamment du CV passé de M. Fabius: il a su fédérer positivement les Etats autour d'un accord qui nous permet vraiment d'avancer.4) Si Chavez a dit que ça prendrait des siècles, il n'y a aucune raison d'accepter cela, et n'oublions pas l'ambiguïté de sa position: le Vénézuela est malheureusement un de ces Etats qui vivent de la rente pétrolière, à la fois oreiller de paresse et contribution à la pollution planétaire...

Écrit par : rené Longet | 23/04/2016

C est exact ce que vous dites Mr Longet :""Si Chavez a dit que ça prendrait des siècles, il n'y a aucune raison d'accepter cela, et n'oublions pas l'ambiguïté de sa position: le Vénézuela est malheureusement un de ces Etats qui vivent de la rente pétrolière, à la fois oreiller de paresse et contribution à la pollution planétaire..."

D une part, je pense que M. Chavez ( qu on l aime ou pas, cela n a aucune importance) avait précédé ses dires précitées par "Si le Climat était une Grande Banque, tous les Grands Pays Riches l auraient sauvé du jour ou lendemain...etc..." déduction à faire que ce "Climat prendra des siècles à être sauvé non pas par la faute ni des dires de M. Chavez ni du Venezuela ...

Par ailleurs, le Venezuela est montré du doigt et ceci est juste mais elle n est pas la seule, il y a des pays bien plus riches qu elle qu ils le sont certainement comme la chine, les USA, Qatar, Saoudie, Koweit...liste non exhaustive...

Bien à Vous.
Charles 05

Écrit par : Charles 05 | 23/04/2016

Petit addendum si vous me le permettez:
La Liste des Emissions de CO2 en Tonnes par Habitant par An T/Hab.An est la suivante, en decrescendo ( je spécifie que cette liste n est pas en valeurs absolues par pays mais bele t bien quand rapportées au nombre des habitants par pays et par an):
• --USA 17
• --Australie 17
• --Arabie Saoudie 16
• --Canada 16
• --Russie 13
• --Japon 11
• --Allemagne 11
• --Chine 7
• --France 6

Quant au Venezuela, elle ne figure pas dans les grands pollueurs en milliers de tonnes/an (Gt/an) et ses émissions CO2 ne sont estimées qu à moins de 1% de la planète Terre entière en VALEURS ABSOLUES TOTALES mais si on rapporte cette valeur par habitant, ce pourcentage minuscule (< 1%) deviendrait encore bien plus basse .

Merci.
Charles 05

Écrit par : Charles 05 | 23/04/2016

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