31/07/2016

Islamisme et extrême-droite même combat

Après les récents attentats d’individus criminels au dernier degré en France et en Allemagne se réclamant de l’islamisme, la controverse fait rage entre deux interprétations : Gilles Kepel qui parle de terrorisme inspiré par  l'islamisme, et Olivier Roy, qui lui insiste sur une islamisation du terrorisme, l’islam n’étant qu’un prétexte invoqué par des déséquilibrés dérivant dans l'ultra-violence et acceptant de périr en entraînant avec eux un maximum de victimes. La différence est de taille : la première version implique bien davantage l’islam que la seconde, qui a l’avantage de faciliter la vie aux acteurs politiques et sociaux en leur évitant un débat sur la religion et ses abus. Toutefois je crois que nous ne pouvons pas faire l’économie de ce débat.


 

En effet, un terrorisme se réclamant de l’islamisme est passé à l’acte et de façon effroyable depuis plus de 20 ans maintenant. Il suffit de se rappeler des années 1990 en Algérie où autour de 200'000 personnes ont payé de leur vie l’affrontement sanglant et sans merci entre le régime et les islamistes, ou des attentats multiples contre les coptes en Egypte, montrant la réalité de l’extrémisme dans ce pays. D’ailleurs, la Suisse en a eu un aperçu lors de la tuerie du temple d’Hatchepsout, à la Vallée des Rois en novembre 1997, où 36 concitoyennes et concitoyens ont trouvé la mort (voir http://www.ejpd.admin.ch/dam/data/ejpd/aktuell/news/2003/2003-03-01/000310a_ber-f.pdf).

 

L’on ne saurait ainsi exonérer l’Islam d’un travail renforcé de dénonciation et de distanciation, tout comme on ne saurait admettre les amalgames stigmatisant l’ensemble des musulmans. D'autant plus que les actes, plus horribles les uns que les autres, qui n’ont cessé de se succéder depuis ensanglantent essentiellement le monde musulman, du Bangla Desh au Nigéria en passant par l’Irak et la Tunisie. Rappelons-nous qu’un tiers des victimes du 14 juillet à Nice étaient musulmans.

 

La défense de la cohabitation entre les religions est à ce prix : aux organisations musulmanes de dénoncer avec force et constance les actes commis au nom d’une interprétation parfaitement arbitraire et insoutenable de cette religion, à l’ensemble des non musulmans de dénoncer avec force et constance ceux qui amalgament Islam, islamisme et terrorisme. De nombreuses initiatives sont d'ores et déjà prises dans ce sens, et il importe qu'elles montent en puissance et gagnent en visibilité. L’Islam ne s’assimile aucunement à l’islamisme, pas plus que ce dernier ne débouche nécessairement sur le terrorisme ; ce sont là des excroissances, des dérives totalitaires et criminelles. En fait, l’islamisme opère une prise d’otage de l’Islam dont nous ne devons aucunement être complices, dont nous devons au contraire l’aider à se débarrasser.

 

Gilles Kepel et Olivier Roy se rejoignent en revanche dans l’analyse économique et sociale du terrain propice au terrorisme : des millions de jeunes sans travail et sans perspectives, en Afrique du Nord, mais tout particulièrement aussi en France, dans ces banlieues où Manuel Valls, dans un sursaut de lucidité, a identifié une résurgence de l’apartheid. Le retrait de l’Etat, la déliquescence urbanistique, le choc entre le monde traditionnel et les souvent fallacieuses promesses de la modernité, laissent au bord de la route des fractions croissantes de la société - immigrées ou non - et vident de leur crédibilité les institutions publiques dont la mission serait de corriger ces situations.

 

L’Etat est ainsi doublement interpellé, au-delà des renforcements des mesures de sécurité, d’une part pour encourager le débat au sein de l’Islam et avec l’Islam, pour aider ce dernier à vaincre l'usurpation islamiste, d’autre part pour donner corps aux promesses de solidarité et d’égalité de chances dont se réclament nos sociétés et qui en constituent la légitimité ultime. Islamisme et extrême-droite partagent à l’évidence un même objectif : provoquer un conflit identitaire là où il y a prise d’otage idéologique, injustice sociale et criminalité, fragiliser la cohabitation des nationalités et des cultures, pousser les communautés les unes contre les autres, mettre à mort l’ennemi commun qu’est l’humanisme. C’est lui qui est en péril, c’est de lui qu’il s’agit quand on évoque l’islamisme. Islamisme et extrême-droite, même combat !

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Commentaires

"Rappelons-nous qu’un tiers des victimes du 14 juillet à Nice étaient musulmans."
C'est faux. Vous rapportez un mensonge colporté par la presse corrompue qui ne vérifie jamais rien et se contente comme les robots de répéter ce qu'il faut écrire pour manipuler les gens.
La preuve:
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/07/15/01016-20160715ARTFIG00129-attentat-de-nice-beaucoup-d-enfants-parmi-les-victimes.php
En outre:
http://www.dreuz.info/2016/07/27/nice-apres-lattentat-des-victimes-chretiennes-enterrees-selon-le-rite-musulman/
et:
http://ripostelaique.com/exclusif-bilan-de-lattentat-de-nice-sera-de-115-morts.html
Enfin "musulman" n'est ni une nationalité, ni une ethnie. Vous ne savez pas si certains "musulmans" n'étaient pas des convertis, des agnostiques ou des athées.

Écrit par : Charles | 01/08/2016

Demandez à vos amis responsables religieux musulmans ce qu'ils pensent de cette déclaration

http://www.lagrif.fr/communiques/actualites/573-declaration-pour-la-paix-entre-croyants-des-responsables-des-associations-musulmanes-en-france-au-nom-de-l-oumma-universelle

Sont-ils prêts à la signer?

Au fait, il serait intéressant que vous nous prouviez que dans l'islam il y a un un humanisme universel.

Apparemment, à gauche on est prêt à toutes les impostures pour racoler des voix électorales.

Écrit par : G. Vuilliomenet | 01/08/2016

Très confus, cette mise en parallèle des extrêmes. De un, s'il y avait une extrême-droite en France, des mosquées auraient déjà brûlé et des musulmans auraient péri dans des attentats. Souvenez-vous de l'OAS...
Désigner le FN sous le vocable extrême-droite est une énième expression des tendances politiques des journalistes eux-mêmes.
De deux, un des extrêmes, s'il faut parler d'extrême, est chez lui et l'autre fraîchement arrivé, avec des valeurs incompatibles avec les fondements mêmes de la civilisation européenne. Ici, on ne punit pas de mort ceux qui veulent se convertir et les femmes ne sont plus des citoyens de seconde zone...

Écrit par : Géo | 01/08/2016

De là a dire que l'extrême droit est responsable de la mort des innocents lors des attentats en Europe il n' y a qu'un pas que vous n'osez franchir. Ce sera pour la prochaine fois j’imagine...

Écrit par : norbert maendly | 01/08/2016

Êtes-vous certain d'être encore socialiste ?
Cette question n'est une boutade qu'en partie, étant donné l'acharnement d'un grand nombre de socialistes à passer sous silence ce que vous dénoncez si justement: c'est-à-dire la responsabilité de l'idéologie religieuse dans les événements qui traumatisent l'Occident.
Les socialistes d'autant n'ont pourtant pas hésité à dénoncer les méfaits de l'emprise catholique sur les institutions et les vies de nos aïeux.
Bravo donc de vouloir libérer les paroles, mais il reste beaucoup à faire, tant notre tendance à balayer sous le tapis ce qui déplaît à nos regards est grande.

Écrit par : Mère-Grand | 01/08/2016

J-265

"Le retrait de l’Etat, la déliquescence urbanistique, le choc entre le monde traditionnel et les souvent fallacieuses promesses de la modernité, laissent au bord de la route des fractions croissantes de la société - immigrées ou non - et vident de leur crédibilité les institutions publiques dont la mission serait de corriger ces situations."
N'est-ce pas le "parti socialiste" qui est au pouvoir en France?

"L’Islam ne s’assimile aucunement à l’islamisme,"
Que savez-vous de l'islam? Rien, comme Mme Brunschwig-Graf. L'islam est une idéologie politique totalitaire de conquête du pouvoir.

"l’islamisme opère une prise d’otage"
Ne sont pas otages ceux qui consentent et ne manifestent pas. Un bon musulman a son "prophète" pour modèle. La liste des crimes de ce dernier est impressionnante.
Et il est évident à vous lire que vous n'avez pas connaissance des sondages portant sur l'application de la charia dans NOS pays:
http://ripostelaique.com/une-etude-confirme-que-la-majorite-des-musulmans-deurope-prefere-la-charia.html
et
http://www.europe-israel.org/2015/02/professeur-sami-aldeeb-les-bons-musulmans-veulent-appliquer-la-charia-sur-toute-la-planete-une-partie-des-musulmans-de-france-approuvent-letat-islamique/

Écrit par : Charles | 01/08/2016

Pour appuyer les dire de Charles, le CNRS, probablement un repaire d'affreux racistes d'extrême-droite, a fait une étude de la pratique religieuse chez les ados, autant dire la France de demain.

http://fr.novopress.info/198909/ados-pratique-religieuse-choc-civilisation/

Voici quelques observations:

Les auteurs remarquent une première grande différence entre les musulmans et les catholiques : la place que la religion a dans la vie des uns et des autres. Les musulmans sont 83 % à considérer que la religion est importante ou très importante dans leur vie quotidienne (ils sont qualifiés de musulmans affirmés), quand ce n’est le cas que de 22 % des catholiques.

Si on regarde dans le détail, on constate que les musulmans se sentent très largement liés aux membres de leur religion (78,7 %), beaucoup plus que les catholiques (30,3 %). De plus, les musulmans sont 90,7 % à être fiers de leur religion, ce qui n’est le cas que de 49,4 % des catholiques.

Les musulmans sont également beaucoup moins tolérants vis-à-vis du blasphème. 53,3 % des musulmans affirmés et 37,9 % des musulmans modérés pensent que les livres et films qui attaquent la religion devraient être interdits ; ce n’est le cas que pour 32,3 % des catholiques affirmés et 20,3 % des catholiques modérés.
Les athées sont 16,6 % à penser que les œuvres culturelles attaquant la religion devraient être interdites, et 37,1 % autorisées (soit moins que chez les catholiques modérés).

[...]


A-t-on le même genre d'études en Suisse.

On dit que gouverner c'est prévoir.
Prévoir, c'est faire ce genre d'étude.
Prévoir, c'est se renseigner sur les problèmes. L'islam en est un. Il veut s'imposer, s'imposer visuellement comme son gourou au VIIème siècle. Le pire est l'attitude de certaines de nos zélées élites qui courent ventre à terre pour satisfaire des demandes qui n'ont pas été faites. Quiconque se renseigne un tant soit peu peut découvrir que l'islam, de par ses textes, a pour but principal d'islamiser le monde, les Frères musulmans n'ont fait que le rappeler dans leur projet que celui qui est un tantinet curieux peut découvrir en quelques clics sur la toile.

Un dernier point qui est primordial, c'est la pratique des mensonges éhontés mais autorisés en islam par le Coran. Un des derniers en date, c'est celui, fait suite à l'immonde assassinat du Père Hamel en l'église de Saint-Etienne-en-Rouvray

http://www.blog.sami-aldeeb.com/2016/08/01/sami-aldeeb-lorsque-le-conseil-francais-du-culte-musulman-nous-enfume/

Le professeur Aldeeb a voulu en savoir plus sur ce fameux hadith qui semble relever plus du canular que d'une réalité: «Celui qui fait du mal injustement à un juif ou à un chrétien me trouvera en adversaire le jour du jugement dernier.» (rapporté par Mouslim).

Écrit par : G. Vuilliomenet | 02/08/2016

Les socialistes ont du souci à se faire. Leur fidèle électorat musulman risque de ne pas répondre présent aux futures votations depuis que les socialistes ont permis le mariage gay.

Écrit par : Noëlle Ribordy | 02/08/2016

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