09/08/2016

8 août: le jour du dépassement, 25 septembre: le jour de la correction

Cette année ci, le "jour du dépassement" des capacités de la Terre à subvenir aux besoins des humains n'est pas passé inaperçu. Effet à retardement de la COP21? Début de prise au sérieux de ce qui conditionne notre vie sur cette Planète? Il faut l'espérer.

C'est que nous sommes loin d'avoir assuré un accès équitable à tous aux ressources de la Terre et sa gestion responsable. Nous continuons à surexploiter les ressources non renouvelables et à ne pas prendre soin de celles qui le sont. Eaux, poisson, climat, forêts tropicales, sols, biodiversité, cycles de la matière: partout nous touchons aux limites, vivons à crédit.

En 1970, le jour du dépassement coïncidait avec la fin de l'année, se situait autour de Noël. Mais en 1990 déjà il avait avancé au 13 octobre, et en 2010 au 28 août, laissant un tiers de l'année aux bons soins des générations à venir...


Ce serait certainement encore bien pire sans les efforts déployés  pour mieux utiliser l'énergie, mieux recycler la matière, lutter contre la pollution des eaux ou l'érosion des sols. En 2015, la définition des 17 Objectifs de développement durable par l'Assemblée générale des Nations Unies offrait un cadre concret d'action, tout comme l'Accord de Paris finalisé en décembre.

Il existe aujourd'hui dans pratiquement toutes les branches économiques, pour toutes les activités humaines, des approches et des façons de faire conformes au développement durable, soit socialement équitables et environnementalement responsables. Nous avons donc le choix, au quotidien, par nos achats d'exprimer nos préférences, de faire pression sur le marché en utilisant notre pouvoir de consommatrice et de consommateur, de refuser gadgets et choses inutiles, d'exiger réparabilité, utilité et durabilité.

Et à certains moments de l'année, nous avons l'occasion de nous prononcer sur des cadres législatifs. Les bonnes pratiques sont là, mais elles restent encore limitées à un public de convaincus, peinent à devenir le standard de tous. C'est là que la loi doit prendre le relai. C'est ce que nous pouvons faire le 25 septembre prochain, en nous prononçant pour l'initiative "pour une économie durable fondée sur une gestion efficiente des ressources".

Le texte de cette initiative demande que l'économie soit fondée sur une gestion efficiente des ressources et n'épuise pas les ressources naturelles. D'ici 2050, l'empreinte écologique du pays doit être ramenée à la capacité de charge de la planète, soit une réduction d'un facteur 3 à 4. La technique existe, le savoir-faire aussi, et il est en effet temps d'empoigner sérieusement cet enjeu crucial, et l'expérience montre que s'il n'y a pas des délais et des objectifs clairs fixés dans une législation, avec la seule bonne volonté et les mesures volontaires on n'y arrivera pas.

A certains moments, il faut légiférer: pour interdire l'amiante et le mercure, pour limiter les vitesses sur la route, pour interdire d'enfumer des lieux publics, etc. Si nous en étions restés aux seules recommandations, nos continuerions à subir ces nuisances.

A certains moments, il faut passer du facultatif à l'obligatoire, par exemple quand des vies sont en jeu. Ici c'est la qualité de vie de toute l'humanité qui est en jeu, et chaque pays doit faire sa part.

Bon pour la Suisse, bon pour le monde, bon pour une économie qui s'est toujours vantée de pouvoir relever les défis, d'être fondée sur l'innovation et l'excellence, qui pourrait s'opposer à passer à l'acte, à prendre un virage dont il est évident qu'il doit être pris? Surprise, alors que le Conseil fédéral proposait un contre-projet, le Parlement a refusé tout net d'y adhérer, estimant que l'économie trouverait toute seule le chemin de la vertu écologique, et ce le jour même où l'Union européenne présentait son programme en faveur d'une économie circulaire (le 2 décembre 2015)! Surprise (ou hélas en fait pas...), les lobbies passéistes tels Economiesuisse évoquent la compétitivité, le chômage, l'impossibilité pour les entreprises de respecter ces exigences pour combattre cette initiative.

Nouvelle bataille des anciens contre les modernes, des négateurs des enjeux environnementaux et de ceux qui depuis de nombreuses années demandent qu'on agisse avant qu'il ne soit trop tard, la votation du 25 septembre a l'avantage de nous mettre devant un choix très clair: quel monde voulons-nous laisser à nos enfants?

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Commentaires

Tant que les climatistes ne parleront pas de démographie, et bien qu'ils se taisent. Ils n'ont aucunes crédibilité.

Écrit par : Eastwood | 10/08/2016

Le Climat!
Hugo Chavez avait dit:""Si le Climat était un grande banque, il aurait été sauvé par les pays les plus riches de la planète dès le lendemain mais le Climat n en est pas une ""...

Écrit par : Charles 05 | 11/08/2016

Tant que les climatistes ne parleront pas de démographie, et bien qu'ils se taisent. Ils n'ont aucunes crédibilité.
La démographie est galopante à l Est et au Sud mais vieillissante au Nord et en Amérique( dit vulgairement les "civilisés" ou l Occident mais ils ne sont effectivement qu industrialisés et spoliateurs du sud et de l Est).

Dans les pays dont la démographie est galopante, leur pain quotidien n est pas seulement le blé mais bel et bien leur vie. Ce n est pas le Pokémon qui est leur pain quotidien ni les donneurs de leçons de morale et des Droits de l Homme 24/24 et 7/7 (bofff..) ni qu Al Nosra/Al Qayda fait "du bon boulot" ni " n y touchez pas un cheveu à Al Qayda/Al Nosra " ce que les USA et France font à ce jour (Al Nosra s est auto-rebaptisée Conquête du Cham ou Fath al Cham (ça change tout...blague à part...)..

NB:Libre à M. Longet de publier mon texte ou pas, Merci!

Écrit par : Charles 05 | 13/08/2016

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