12/09/2016

Nouvelles de la Planète

Le débat sur l'économie verte bat son plein, avec son chassé-croisé d'angoisses et d'affirmations publicitaires que non, 35 ans, c'est trop court pour se mettre en règle avec la Planète, non nos caprices d'enfants gâtés ne se discutent pas. Alors prenons quelques nouvelles de notre habitat commun. Toutes fraîches car actuellement se déroule le congrès de l'Union internationale pour la protection de la nature (UICN), une organisation dans l'orbite de la Genève internationale: son siège est à Gland. Mais c'est d'Hawaï que viennent les dernières news sur l'état de la biodiversité.


Trois articles bien documentés du Monde nous serviront de guides.

Dans l'édition du 6 septembre, on apprend que "sur les 82954 espèces animales et végétales prises en compte, 23928 (29%) sont qualifiées de 'menacées', dont 5107 sont en 'danger critique', 7602 en 'danger' et 11219 sont considérées comme 'vulnérables'." La journaliste (Martine Valo) explique qu'"une espèce est appelée 'vulnérable' lorsque nous observons 30% d'effectifs en moins". "Aucune région n'échappe plus au déclin, poursuit-elle, car le patrimoine vivant est désormais majoritairement victime de la perte d'habitats naturels. Les espèces ne résistent pas à la dégradation générale de leur environnement - réduit, fragmenté, pollué ou carrément détruit. Le réchauffement climatique accentue la pression (...); la chasse et la pêche ajoutent à l'hécatombe".

Le lendemain, article de la même rédactrice: "les scientifiques estiment que l'océan a absorbé 93% du réchauffement dû à l'émission de gaz à effet de serre générés par les activités humaines depuis 1970. 'Sans cela,il ferait 36°C de plus qu'actuellement sur la Terre, ce serait invivable' (...). Or, '70% de la biodiversité se trouve dans l'océan'". Océan qui est en train de changer dangereusement.

Enfin, dans le numéro du 10 septembre, une autre journaliste, Clémentine Thiberge, indique que "trois millions de kilomètres carrés, c'est la superficie de l'Inde, c'est aussi la surface de nature sauvage que notre planète a perdue depuis le début des années 1990. (...) En vingt ans, 10% des espaces sauvages, libres de toute perturbation humaine, ont disparu de la Terre." Et surtout, "en 20 ans 2,5 millions de km2 ont été déclarées zones protégées, pendant que 3,3 millions de km2 disparaissaient".

Toujours d'avis que l'initiative pour une économie verte est utopique, que nous pouvons continuer de déclarer la guerre à la nature qui nous fait vivre, alors que nous savons que cette guerre nous allons la perdre, et qu'elle conduira aussi à la perte de toutes les valeurs humaines qui permettent le vivre ensemble sur cette Planète?

 

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Commentaires

Oui, vous avez entièrement raison de faire ce constat. Ce que malheureusement vous n'avez pas compris, c'est qu'il n'y a aucune solution crédible si la population mondiale n'est pas ramenée au niveau de ce qu'elle était il y a une cinquantaine d'années. Et la seule question est: comment y arriver?

Écrit par : Johann | 12/09/2016

Pas sûr que l'alarmisme culpabilisant soit la bonne recette pour ratisser large. Merci tout de même pour ces infos qui devraient au moins nous faire lever un sourcil.

Écrit par : Pierre Jenni | 12/09/2016

A Johann. Oui bien sûr le nombre des humains est un facteur essentiel. Mais pas le seul, tout dépend aussi de la manière dont on traite les ressources. Peu de gens qui gaspillent, qui déboisent à tout va, qui surpêchent peuvent faire autant de dégâts qu'une grande population très attentive à une gestion prudente, à pratiquer une agriculture créative (voir les grandes densités de population dans les campagnes en Asie). Si vous regardez les statistiques de la croissance démographique et que vous les superposez à l'état économique et social des pays, vous constaterez 1) que les pays industrialisés ont une croissance démographique lente voire négative et 2) que la croissance démographique est fonction de la pauvreté et du manque d'éducation et de formation.
A M. Jenni: je peux vous assurer que moi aussi je me passerai de ce genre de nouvelles. Mais il serait vraiment stupide de les nier. Il faut chaque fois questionner la crédibilité des organismes qui présentent ces chiffres, mais une fois celle-ci établie, il faut en faire quelque chose. Et par exemple se réjouir chaque fois qu'on arrive à faire qu'une population locale gagne sa vie d'une sylviculture durable et d'une gestion durable d'une réserve plutôt que du braconnage et de la prédation des forêts primaires, faute d'autre chose. Bref soutenir toute action qui permette de concilier développement intelligent et promotion de la biodiversité, base de la vie. A Genève une association est ici exemplaire, l'Association pour le développement des aires protégées (ADAP). Et bien d'autres de la même veine!

Écrit par : longet | 13/09/2016

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