28/11/2016

Fillon l'anti-Trump?

Une surprise chasse l'autre. Trump: pas prévu au programme. Fillon, pas davantage. Décidément les sondeurs et les météorologues politiques pourront aller se rhabiller. Mais sinon, quelle différence, quelle ressemblance entre ces deux hommes?


Pas question ici de faire une analyse exhaustive. Mais disons déjà que autant Trump fait commerce de son narcissisme, son côté nouveau super-riche, sa démagogie, son impréparation et son imprévisibilité, autant Fillon est tout le contraire: austère, provincial, clair sur sa ligne et sans une once de démagogie.

Sous cet angle, il est fort rassurant que ces qualités qui sont aux antipodes des traits fort inquiétants d'un Trump (et un peu aussi de ses électeurs...), aient trouvé finalement grâce aux yeux des participant-e-s aux primaires de la droite française. Il est donc possible de gagner en restant civil et réfléchi, en ayant une ligne qui ne vacille pas devant la moindre courbe des sondages, de cultiver un abord respectueux et modeste. La proximité, l'échange, le contact avec la population sont donc possibles sans surenchère, insultes, séduction et répulsion faciles.

Je le dis d'autant plus volontiers que le programme du candidat de la droite à la présidentielle n'est certainement pas celui que j'aurais souhaité à la France. Les 100 points de Hollande me semblent encore aujourd'hui tout à fait adaptés à la situation. C'est celui qui devait les réaliser qui était dramatiquement inadapté à la fonction qu'il avait briguée, et obtenue.

Toutefois un point commun entre Trump et Fillon intrigue: l'attraction qu'exerce sur les deux hommes l'un déjà élu, l'autre qui va certainement l'être, la figure de Putine. Oligarque parmi les oligarques, méprisant de tout son être l'état de droit, résurgence vivante du KGB de sinistre mémoire dont il fut le chef, macho à l'excès, comment peut-on confondre à ce point le respect dû à la Russie, la volonté, la nécessité d'inclure ce grand pays pleinement dans le concert des nations, et l'admiration pour celui qui en est de plus en plus clairement le dictateur?

L'amalgame entre les intérêts légitimes de la Russie et la personnalité de son président est justement ce qui pollue le débat, et c'est légitimer le jeu de l'autocrate que d'y souscrire. L'universalité de l'Etat de droit, des droits humains est bien la base de la coopération entre les peuples, et ne doit pas être remplacée par la loi du plus fort. Sinon ces avancées de l'humanité n'auront été que de courtes parenthèses dans sa longue histoire, et nous n'aurions plus que nos yeux pour pleurer... Que deux des plus importants instigateurs puis promoteurs de ces valeurs, les Etats-Unis et la France, fléchissent sur ce point fondamental serait plus qu'inquiétant. Realpolitik oui mais sans brader les fondamentaux.

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Commentaires

Trump et Fillon sont visionnaires, ils voient et disent franchement les problèmes, il faudra les rösoudren (et ils prient s'est bien)QUE DIEU LES AIDE

Écrit par : SYLVIE rg | 28/11/2016

Cher Monsieur,

C'est bien ça le problème de gens comme vous, pourtant de gauche. Vous êtes à des années lumière de vos électeurs et ne comprenez décidément pas que vous êtes sur la fausse voie...

Le "vous" s'adresse à vous, M. Longet et à vos confrères de la gauche/verts et autres alter-mondialistes de tout l'occident.

Ouvrez donc les yeux :

M. Putin n'est pas la personne que vous décrivez, allez donc en discuter avec les Russes en Russie, ceux qui sont supposé être les électeurs de votre bord. M. Putin a sauvé son pays de la ruine et de la mafia instaurée par son prédécesseur, que l'occident adule et que les Russes détestent encore aujourd'hui.

L'élection de M. Trump était prévisible dès son intronisation en tant que candidat républicain (il suffisait d'écouter ses discours en entier, et pas seulement les bribes publiés pas les médias pro-Clinton, dont fait partie la TDG).

Même chose pour M. Fillon dont l’élection est presque décidée (et je ne m'étonnerai pas de voir Marine Le Pen au deuxième tour contre lui).

Le point commun entre ces 3 hommes : Ils parlent à leur peuple ! Ce que la gauche bobo ne fait plus.

Prenez en de la graine !

P.S. au passage, et c'est assez intéressant, ces 3 pays sont en train d'investir massivement dans l'énergie nucléaire...prenez en de la graine aussi.

Écrit par : jacphil | 29/11/2016

C est étonnant ce que vous écrivez M. R. Longet sur Poutine le "Dictateur"!
Et si 80% de la population russe approuve Poutine, de quoi nous mêle t on sauf répéter ce que les chiens de poche disent(Reuters, Associated Press et l AFP'ute'...).
Quand Poutine ou la Russie sont ils allés faire des guerres soit contre le
Pakistan soit contre l Afghanistan soit au Yémen soit en Libye soit en Irak soit en Syrie? Pour cette dernière, ne sont ils pas le Gvt Assad, l Iran, Hezbollah et la Russie qui sont les seuls sincères qui combattent le terrorisme de Daech et d Al Qayda/Al Nosra qui fait du bon boulot en Syrie , choses qui doivent être saluées, aidées et appuyée par l Occident ce que ce dernier ne le fait voire qu ils aident le terrorisme? Au fait quel est le combat de l Occident contre le terrorisme mondial, y a t il eu un combat dans ce sens, franchement pas, il n y a jamais eu une guerre contre le terrorisme mais bel et bien des guerres prévues afin de détruire ces pays le Pakistan, Afghanistan, le Yémen, l Irak, la Libye et la Syrie?

Écrit par : Charles 05 | 03/12/2016

Qui a dit ceci : «J aimerais avoir avec la Russie un accord qui aille au-delà du cadre ordinaire, en gardant à l’esprit que sans la Russie, il n’y a pas d’architecture de sécurité en Europe. » ?
Vous serez étonné car c est M. Juncker président de la Commission Européenne qui l a dit et qu il a souligné que « la Russie doit être traitée comme une grande entité, comme une nation fière. » Le Président en question a souligné qu’il « aimerait avoir des discussions sur pied d’égalité avec la Russie. » Il pense que le président Obama a tort de dire que la Russie n’est qu’« une puissance régionale ».
Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, estime que les relations de l’Europe avec la Russie n’ont pas besoin de dépendre de la politique étrangère des États-Unis.
Dans son entretien avec Euronews, le président de la Commission de l’UE a dit qu’il Il y a des raisons à ce que M. Juncker fasse une telle déclaration à ce moment précis.

http://reseauinternational.net/changement-majeur-de-politique-etrangere-leurope-se-tourne-vers-la-russie/#lhti5WOZYmdVPcZu.99

Remarque :

Si Hollande avait été un responsable soucieux des intérêts de la France avant ceux des Etats-Unis, il aurait imposé un refus catégorique aux sanctions contre la Russie et il aurait livré les Mistral conformément aux termes du contrat signé. Les dirigeants européens se rendent compte de leurs erreurs, mais pas tous; ils attendent la position de Trump avant de se déterminer alors qu’il suffisait de tenir une ligne droite depuis le début. Avec Trump, les attentes risquent d’être décevantes et il serait temps qu’une politique ferme et unanime se dessine au sein de l’UE avant qu’elle n’implose.
Je crains que ce qui les fasse changer de politique ne soit que la suppression des valises de dollars aux corrompus.
http://charlesandrelegrand.over-blog.com/

En savoir plus sur http://reseauinternational.net/changement-majeur-de-politique-etrangere-leurope-se-tourne-vers-la-russie/#lhti5WOZYmdVPcZu.99

Écrit par : Charles 05 | 03/12/2016

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