15/01/2017

Mars après la Terre?

Les menaces graves sur l'environnement global - dont la santé détermine la nôtre, sont connues: érosion des sols, pollutions des océans, risques chimiques et radioactifs, raréfaction des ressources non renouvelables, réduction de la biodiversité... Pour tous ces sujets, des plans d'action ont été validés internationalement et des budgets estimés. Mais nous tardons à agir: les mauvaises habitudes, les lobbies, les excuses sont autant de fils à nos pattes. Un peu comme on cherche à oublier un vague mal de dents qui se manifeste sourdement: on l'occulte, repousse les choses au lendemain, se berce de l'illusion que la carie va se faire oublier, se résorber d'elle-même. Mais tôt ou tard, une bonne vraie rage de dents nous sort très désagréablement de notre torpeur. La douleur aura décuplé - et la douloureuse avec.

Mais voilà qu'on ne se contente pas de s'attaquer à la Terre. On s'apprête à coloniser Mars.


Oui ça devient sérieux. A l'heure où certains mettent en doute la réalité des six vols habités lunaires effectués entre 1969 et 1972 (le complotisme vous salue bien!), le milliardaire américain Musk prépare activement, avec sa société SpaceX, le premier voyage habité vers Mars pour 2025. Il ne s'agit ni d'un gadget ni d'un effet de manche du fondateur de la marque automobile Tesla. Mais d'un projet de colonisation afin, dit-il, de permettre à l'espèce humaine de survivre. Car oui en effet sur Terre elle est menacée, et donc le réflexe le plus basique est la fuite. Fuite devant ce que nous avons détruit, fuite en avant, fuite vers de nouvelles frontières, comme au 19e siècle dans les grandes Plaines américaines (en en décimant les habitants autochtones et leurs bisons).

Cette démarche est la marque d'une irresponsabilité extrême. Alors que sur Terre, de vastes investissements et un grand potentiel technologique seraient nécessaires pour assainir les choses, assurer la résilience écologique, on s'en va vers Mars. Comme si les tentatives de réparer les dommages que nous avons infligés à notre milieu de vie étaient par avance vouées à échec. Pire: au lieu d'accomplir notre devoir de réparer ce que nous avons détruit, nous nous apprêtons à exporter nos turpitudes plus loin dans l'Univers.

A-t-on seulement une idée du coût du transport d'un nombre suffisant d'humains vers Mars pour y fonder une colonie, du matériel qu'il faudra y convoyer, des aléas d'une installation pérenne, entièrement hors sol, dans un environnement infiniment plus hostile que celui que la Terre nous offre naturellement? D'une vie menée des années durant dans la bulle d'un scaphandrier et d'un milieu confiné, totalement artificiel? Et de ce qu'on pourrait faire en consacrant et argent et cet esprit pionnier à guérir notre habitat terrestre des maux que nous lui avons infligés? Depuis 45 ans plus personne n'a foulé le sol lunaire, et personne n'en voit le moindre intérêt. Ce n'est que sagesse. Restons sur Terre et occupons-nous de ce que nous avons! Tesla oui, SpaceX non.

 

 

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Commentaires

Au contraire.

Un environnement comme Mars oblige à penser fortement le recyclage. La nourriture (certain aliment à base de cellules souches ?) sera le point central de la survie, les solutions pourront nous servir.

Et en fin de compte cette recherche pour une efficacité maximal, va nous aider diminuer notre impact sur notre planète.

Est-ce qu'on a besoin d'aller sur Mars pour avancer dans la recherche ? Oui, l'humain a beaucoup plus de génie lorsqu'il est en face d'un gros obstacle, ce qui l'empêche aussi de s'éparpiller.
Et je ne parle même pas de retombées scientifiques ou techniques inattendu.

Le vaccin ebola est un exemple. Face à la crise, beaucoup d'efforts se sont déployés.

Critiquer l'aventure Mars alors que l'armement génère des coûts autrement plus important, me laisse perplexe.

Écrit par : motus | 15/01/2017

La tête dans les étoiles. Et le cerveau aussi.
Quelques chiffres pour redescendre sur Terre.
t° moyenne = -53°C
Atmosphère = 96% CO2
H20 = traces
Micro-particules = très abondantes

Pourquoi se fatiguer? L'homme est déjà allé sur Mars et en est revenu comme il est déjà allé sur la Lune, grâce à Scott et à Kubrick.

Mensonge Of The US mérite son nom.

Écrit par : dies irae | 16/01/2017

Mars, c`est un grand reve. Le genre Homo ne peut vivre sans reves, c`est ce qui le magnifie. Il devient de plus en plus sage, aussi... vous en etes une preuve, monsieur Longet.

Écrit par : jean jarogh | 16/01/2017

@dies irae,
C est très intéressant et pertinent ce que vous dites!
Charles 05

Écrit par : Charles 05 | 16/01/2017

On ne s'inquiete pas (quoique). J'appelle cela le syndrome Musk; je n'arrive pas a faire quelque chose de relativement simple (fabriquer des voitures en faisant un profit), alors je vais faire quelque chose de complique (coloniser Mars). Il est pas encore sur Mars. Mais bon on s'inquiete quand meme car des ressources incalculables seront depensees, ressources qui pourraient etre utilisees a d'autres fins plus utiles. Notamment dans des projets qui nous eviteraient de devoir un jour regretter de ne pas avoir migrer sur Mars.

Écrit par : Fabien Hug | 17/01/2017

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