25/06/2017

La Poste comment concilier entreprise et service public?

On nous annonce qu'à Genève sur 47 offices de poste existants 12 sont actuellement menacés de fermeture dans les 3 prochaines années. Et ceci dans une ville où il a déjà fallu lutter ferme (la poste de Saint-Jean!) pour résister aux pressions de rationalisation de La Poste... Une vague de rationalisation et de restructuration menace les villes, au point que l'Union des Villes suisses s'est fendue d'une protestation des plus fermes. C'est de la proximité, de la convivialité qui s'en va, toute une catégorie de la population pas très favorisée qui perd une commodité, un service, un lieu de contact et de rencontre.


Certes le chiffre d'affaires du trafic des lettres a baissé des deux tiers en quinze ans. L'informatique a passé par là. On va moins au guichet, c'est certain. Et dans les régions rurales la réduction de la desserte décentralisée est difficilement compensée par des éléments de services postaux installés dans des magasins.

La contradiction est politique et de la responsabilité pleine et entière de ceux qui ont voulu, entraînés par la grande illusion des privatisations-libéralisations, donner à ce qui était un service public une identité et un fonctionnement d'entreprise. On ne peut pas reprocher à La Poste de se conformer à ce qu'une majorité politique, suivant la mode du moment, a décidé. Mais on doit par contre constater à quel point cette privatisation de La Poste s'est faite dans la précipitation et sans réflexion sur les effets négatifs possibles.

En prenant l'exemple des transports publics, il est clair que la plupart des dessertes régionales auraient déjà été fermées si les collectivités publiques ne payaient pas pour des prestations non rentables mais qu'elles estiment nécessaires pour leurs territoires. Les CFF reçoivent une indemnisation importante pour cela, les réseaux régionaux aussi. Cela s'appelle un mandat de prestation. Très dommage qu'un tel système n'ait pas été prévu, pour que l'entreprise La Poste puisse rester, néanmoins, aussi un service public! Alors à quand un contrat de prestation avec La Poste pour les prestations non rentables commercialement - avant de les fermer?

Gestion d'entreprise et service public ne sont pas antagonistes par principe et il appartient aux politiques de faire le lien entre ces deux fonctions en passant commande, au nom de la population, à l'entreprise de prestations non rentables commercialement. Quand La Poste se félicite qu'elle ne coûte pas un sou au contribuable, c'est justement là qu'il y a problème. Si personne peut ou ne veut payer, ni comme client ni comme contribuable, en effet, il y a peu d'espoir que le mouvement de retrait  de nos quartiers de La Poste puisse être contré.

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