10/12/2017

Projet de loi du Conseil fédéral sur le CO2, encore un effort!

Un peu plus de six mois après l’approbation en votation référendaire de la nouvelle loi sur l’énergie (21 mai 2017), le Conseil fédéral présentait, le 1er décembre dernier, la révision de la loi sur le CO2 dans un contexte international fort contrasté.

 


D’un côté, un Accord de Paris en vigueur depuis novembre 2016, avec des objectifs comme maintenir «l'élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels»  ou rendre «les flux financiers compatibles avec un profil d'évolution vers un développement à faible émission de gaz à effet de serre». De l’autre côté, une attitude américaine de démantèlement et de retrait systématique, et des Etats émergents comme l’Inde qui n’ont pas réduit la place du charbon, pas plus que la Pologne ou l’Allemagne d'ailleurs.

40% de l’électricité mondiale reste produite par des centrales thermiques au charbon. Les émissions sont reparties à la hausse et atteignent, en ajoutant les effets du déboisement (réduction de la capacité de stockage de gaz carbonique), 41 milliards de t par an. Fin octobre, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) publiait son bilan annuel des gaz à effet de serre présents dans l’atmosphère (en 2016) et constatait que «la dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c’était il y a 3 à 5 millions d’années: la température était de 2 à 3 °C plus élevée et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres par rapport au niveau actuel».

Dans son message à l’appui de la révision de la loi, le Conseil fédéral ne dit pas autre chose : «Si les émissions de gaz à effet de serre continuent de progresser, le réchauffement de la planète se poursuivra, avec une probabilité accrue d’impacts graves, largement répandus et irréversibles, dus à des effets de bascule (soit des phénomènes environnementaux irréversibles qui entraînent des rétroactions et qui rendent les changements du système climatique de la Terre et leurs effets imprévisibles)». Il ajoute que «les investissements faits par les plus grands fonds d’actions autorisés en Suisse contribuent actuellement à un réchauffement mondial de 4 à 6 °C. Les émissions ‘cofinancées’ dans d’autres classes d’investissements (notamment les obligations) sont encore bien plus élevées».

Face à ces constats, que propose la nouvelle loi ? A première vue, l’objectif affiché d’une réduction d’ici 2030 des émissions de gaz à effet de serre de 50% par rapport à 1990 semble ambitieux. Deux réserves cependant. D’une part ces 50% sont répartis à raison de 20% pouvait être réalisés par des actions entreprises hors de Suisse, et 30 % dans le pays. Comme les émissions nationales ont (heureusement!) déjà reculé de 8,7% entre 1990 et 2015, il resterait donc encore 21,3% à obtenir sur les 12 prochaines années - ce qui fait moins de 2% par an! Fort éloigné du rythme que devraient imposer les constats ci-dessus... et largement insuffisant face à la déstabilisation climatique en cours, sachant aussi que la durée de séjour du gaz carbonique dans l’atmosphère est de 100 à 200 ans.

Action climatique: encore un effort si l’on veut «réussir la mutation économique et sociale nécessaire» invoquée par le Conseil fédéral dans sa proposition! Car la stabilité climatique est bien une garantie essentielle de la prospérité et des équilibres économiques et sociaux, un investissement vital dans l’état du monde.

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Commentaires

Cher Monsieur,
Le « réchauffement » du globe est tout ce qu’il y a de plus naturel, et l’homme n’est pas en cause. Dès lors, les postulats « carbocentristes » sont faux, mais hélas partagés par bien trop de monde, et la politique que la Confédération préconise coûtera très cher à la population suisse, pour rien. En effet, le principal gaz à effet de serre est la vapeur d'eau, et non le CO2. Par ailleurs, le terme correct est « variation », et non « changement » climatique. Par exemple, lors de l’optimum climatique médiéval, des passages alpins, aujourd’hui sous la glace, se pratiquaient à pied sec. On peut donc attendre sagement que les glaciers rétrécissent encore, ce phénomène est absolument normal ! Tous les pays clairvoyants et toutes les personnes sensées en ce bas monde ignorent totalement les accords de Paris, à juste titre puisqu'il n'y a pas péril en la demeure (voire la littérature scientifique, entre autres Rittaud, Gervais, et récemment Pont).
Et nous, les « petits suisses », devrions faire des efforts pour le monde entier? Alors que notre pays est l’équivalent d'une ville comme New York, en nombre d'habitants? Pour nous donner bonne conscience? Parce que nous serions les éternels « bons élèves » ? Ou bien parce que nous aurions cédé à la trouille ambiante et à un sentiment de culpabilité qui s'apparente au péché originel chrétien (vous devez vous racheter, obtenir le pardon pour vos fautes!) ? Il est urgent de relativiser, et de se dire que le climat est chose bien trop complexe pour qu’on puisse le faire entrer dans des algorithmes, comme le GIEC le prétend ! Quel sens cela a-t-il de vouloir établir une moyenne de température au niveau du globe, pour dans cent ans ? Aucun ! Affirmer des moyennes de montée des niveaux des mers, pour le même terme ? Aucun ! Etre « climatosceptique » relève d'un nécessaire esprit critique, qu’il est urgent de pratiquer !
Les hommes, dans cette affaire, sont innocents, et peuvent dormir tranquillement sur leurs deux oreilles ! Dès que j’ai compris cela, je me suis senti libre et heureux, comme rarement depuis qu’on me casse les oreilles avec ce fichu climat, car plomber inutilement le moral des populations n’est pas le moindre des effets de cette entreprise planétaire de désinformation climatique et de culpabilisation sociale !
Cordialement, Jacques Davier, citoyen de Genève

Écrit par : Jacques Davier | 11/12/2017

Les engagements pris dans le cadre de l'accord de Paris doivent être tenus, et même davantage. Je crains cependant que la "stabilité climatique" ait vécu, et la hausse, même minime, de quelques degrés de la température température boulverserait littéralement nos paysages suisses. Que l'homme y soit pour quelque chose ou pas!

Écrit par : sol'air | 11/12/2017

"Par exemple, lors de l’optimum climatique médiéval, des passages alpins, aujourd’hui sous la glace, se pratiquaient à pied sec."

Lesquels?

Écrit par : Roland | 13/12/2017

Pour confirmer les propos de Jacques Davier, vous pouvez regarder ce documentaire qui explique pourquoi la théorie du réchauffement climatique est une grande fumisterie en s'appuyant sur des faits observés et non sur des modèles qui peuvent être trafiqués

https://www.youtube.com/watch?v=6N1udn3-62o&


Il y a aussi cette conférence de François Gervais, physicien spécialiste de thermodynamique au CNRS qui explique également pourquoi cette théorie du réchauffement climatique est une imposture:

https://www.youtube.com/watch?v=6XDdfCLY3TI

Écrit par : G. Vuilliomenet | 14/12/2017

"la hausse, même minime, de quelques degrés de la température température boulverserait littéralement nos paysages suisses"
Les paysages, suisses ou non, sont en perpétuelle évolution. Le réchauffement peut accélérer certains processus, freiner d'autres...
Essayez de réfléchir au fait que personne de la majorité qui tient fermement le couteau des médias par le manche ne parle des effets positifs du réchauffement. Logiquement, plus de chaleur implique plus d'évaporation. Les eaux représentent 70% de la surface de la planète*. En conséquence de quoi, le FIT va s'agrandir et le Sahara reverdir. C'est pas une bonne nouvelle, ça ?
* A ce propos, le doute me grignote : tout le monde sait que l'évaporation est un processus endothermique. Le truc du "frigo arabe" est basé sur ce principe. Or les réchauffistes prétendent qu'on assiste à une montée des eaux due non à la fonte des glaces (insuffisant quantitativement) mais à la dilatation thermique de l'eau. Décidément, j'arrive de moins en moins à y croire...

Écrit par : Géo | 14/12/2017

Les débats scientifique n'est pas un débat d'opinions. La science de définit par une méthode universellement reconnue et appliquée d'établissement de faits y compris les marges d'erreur. Il en résulte s'agissant du sujet qui nous préoccupe:
- une accumulation de gaz carbonique dans l'atmosphère qui correspond strictement à la mobilisation par l'humanité en quantités croissantes de carbone fossile
- contrairement au cycle de l'eau entre terre et atmosphère le cycle du co2 n'est plus ferme
- il y a une montée du niveau des mers et de la température moyenne à la surface de la Terre résultant directement de l'accumulation de gaz à effet de serre dans l'atmosphère
- de même on constate un recul sur toute la Terre des glaces.
On peut nier tout cela mais pas les effets de ces évolutions sur nos modes de vie.
Certes il existe le mouvement de la terre plate (aux Etats-Unis il semblerait que même des pilotes d'avion en seraient, alors qu'ils font quotidiennement l'expérience de la courbure de la Terre) et des creationnistes qui nient, logiquement, l'existence d'énergies fossiles ... Mais ne confondons pas échange d'arguments et d'hypothèses scientifiques et animation au café du commerce autour d'un (ou plusieurs) verre de blanc...

Écrit par : Longet René | 14/12/2017

"Les débats scientifique n'est pas un débat d'opinions. "

Non, mais il est futile d'imaginer que vous aurez un débat scientifique sur la plateforme de blogs d'un quotidien cantonal. Parmi tous les intervenants qui viennent ici, combien sont capables de résoudre une équation différentielle triviale à la main sans chercher ? Ce n'est pas ça qui retient ces gens de donner des leçons de méthode scientifique et de pontifier sur les défauts de modèles qu'ils n'ont jamais vus...

Écrit par : Raison garder | 14/12/2017

Il n'empêche qu'il y a pas mal de scientifiques qui relèvent qu'il y a beaucoup de failles dans les théories du réchauffement. Votre morve et votre arrogance ne m'impressionnent pas.

Écrit par : Géo | 14/12/2017

Sachez que les scientifiques climatosceptiques sont une petite minorité qui ne sert qu'à endormir et à tromper la population. Une partie d'entre eux ont d'ailleurs été démasqués comme payes par le lobby pétrolier. C'est à ces gens que vous voulez confier notre avenir?

Écrit par : Longet René | 14/12/2017

Donnez juste des noms et d'en apporter la preuve, ce serait plus honnête que de diffamer.

J'ai plus confiance en ces personnes qu'en des personnes comme vous.

Écrit par : G. Vuilliomenet | 14/12/2017

Vous êtes transparent comme l'eau de roche: vous confondez analyse scientifique et objectifs politiques. Figurez-vous que non, je ne suis pas pour continuer sans autre avec les HC. Mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit dans votre billet ! C'est cette confusion entre politique et science qui est insupportable. La théorie du réchauffement présente plusieurs défauts :
- elle met en évidence un phénomène gravissime : le renoncement aux fondements mêmes de l'esprit scientifique : dubito ergo sum. Cet unanimisme est extraordinairement malsain, et d'autant plus qu'il n'a pas lieu d'être. Votre commentateur qui signe "Raison garder" devrait penser au nombre d'erreurs dans la science médicale qui ont conduit au Mediator, au Vioxx, aux statines, etc, etc...(Et dieu sait s'il y a eu de l'argent investi dans ce domaine de recherche)
- le réchauffement d'origine humaine devrait être mis dans un contexte global. Il n'est - ou ne serait selon certains - qu'un des signes ou indicateurs d'autre chose, avec diverses évidences de pollution, de l'air, de l'eau, des sols...
Indicateurs de surpopulation. Et cela, le vieux fond chrétien/gauchiste des écolos n'arrive pas à le prendre en considération. "Croissez et multipliez-vous" reste profondément imprimé dans leur logiciel...

Écrit par : Géo | 14/12/2017

Même si je n’ai pas de temps pour répliquer, j’adore observer la fachosphère; ces gens-là sont devenu tellement adeptes de théories complotistes en tout genre qu’ils estiment juste et sage de remettre en question toutes les informations en provenances de médias mainstream.

Même le réchauffement climatique que plus personne ou presque n’ose encore mettre en doute, serait, à leurs yeux, qu’un vaste complot ourdi (pourquoi ? dans quel but ?) par une mafia gaucho-écologiste-médiatique (??) aussi malintentionnée que malhonnête.

Ben voyons….

Visiblement, certains ont besoin de se convaincre que tout le monde ment pour avoir l’impression que leurs propres délires sont parfaitement raisonnables….

Si ça peut leur faire du bien……

Écrit par : Vincent | 14/12/2017

Vincent, vous me décevez...

Écrit par : hommelibre | 14/12/2017

Les statines une erreur médicale ? vous êtes à côté de la plaque...d'athérome si j'ose... Il est vrai qu'elles sont loin de faire l’unanimité au sein du corps médical et les controverses ont jailli dès leur introduction...Alors écrire sur l'unanimisme, c'était peut-être valable dans les années 80-90 et encore... Elles restent par contre indiquées pour les patients atteints de lésions cardio-vasculaires (infarctus par exemple) ou pour ceux qui ont des taux anormalement élevés de cholestérol.

C'est bien de lire Even et Debré qui font le "buzz" médiatique, faut s'informer, mais il faudrait aussi se pencher sur les travaux des cliniciens/praticiens plus mesurés comme A. Grimaldi de la Salpêtrière. Et ne venez pas me raconter que ceux-ci broutent tous aux râteliers des pharmas...

Écrit par : Gislebert | 14/12/2017

Gislebert@ OK pour les statines. Je faisais allusion au fait qu'elles étaient prescrites à tout le monde la cinquantaine arrivée, dès que le taux de cholestérol était légèrement en dessus de la "norme"...
Mais sur le fond du sujet ?
Homme libre@ Si vous arrivez encore à être déçu de Vincent, cela prouve un surplus d'idéalisme chez vous...

Écrit par : Géo | 14/12/2017

Géo@
Le fond du problème ? le réchauffement climatique ? N'ai pas d’avis vraiment tranché sur la question, même si cela me fait tout drôle de me retrouver dans la fachosphère d'après ce que je lis...

Le seul réchauffement valable que je connaisse d'expérience, c'est me blottir sous la couette en agréable compagnie...Effet médicalement garanti.
Bonne soirée.

Écrit par : Gislebert | 14/12/2017

Comme c'est drôle de voir ce brave Vincent Strohbach traiter de fachos ceux qui ne partagent pas le point de vue des adeptes du climatocatastrophisme qui est également le sien! C'est tellement plus simple de dégueuler sur ceux qui ne partagent pas vos opinions et d'atteindre quasiment en un commentaire le point Godwin. Peut-être a-t-il la science infuse, qui sait?

Au fait, j'aimerais bien connaître les compétences en sciences physique des Sieurs Strohbach et Longet! Si j'ai bien lu la bio de Monsieur Longet, il est Licencié en Lettres de l'UniGe. A-t-il suivi des formations beaucoup plus techniques liées à la climatologie (thermique, mécanique des fluides, thermodynamique, chimie, etc...)?
Quant à Vincent, des renseignements que j'ai pu glanés par-ci, par-là, il semble ne pas avoir suivi de cursus en physique/chimie/mathématique.

Je vous invite également à écouter les propos de François Gervais qui est présenté par l'animateur de l'association Solidarité et Progrès (conférence qui date de 2015)

https://www.youtube.com/watch?v=6XDdfCLY3TI&

Le scientifique montre à partir de relevés effectués depuis l'invention du thermomètre et de la lunette astronomique (à partir de 9'30"). Il montre également les contradictions dans le rapport du GIEC 2015 (plus de 2000 pages en anglais).


Je trouve intellectuellement malhonnête pour ne pas dire insultant de laisser entendre que les climatosceptiques sont achetés par les sociétés pétrolières. On est même à la limite de la diffamation.

Remarquez qu'en réalité les climatosceptiques ne nient pas le réchauffement climatique, ils ont surtout des doutes sur la cause de ce réchauffement (le gaz carbonique ou CO2 pour donner un vernis scientifique au langage). La machine terre est bien plus complexe que les théories du GIEC.

Pour finir, voici des explications d'un scientifique (Vincent Courtillot qui avoue avoir été abusé par ces théories avant de faire une pause pour réfléchir à leurs réalités.

https://www.youtube.com/watch?v=9afTvlz_TsQ

PS: ces vidéos sont intéressantes, dommage qu'elles soient longues, mais peut-on réellement parler de ce réchauffement climatique en cinq minutes?

Écrit par : G. Vuilliomenet | 14/12/2017

Stohbach est un faciste.

Écrit par : Laurent Lefort | 14/12/2017

"certains ont besoin de se convaincre que tout le monde ment pour avoir l’impression que leurs propres délires sont parfaitement raisonnables…. "

C'est ce qui se produit dans un débat quand on adopte une position qui ne tient pas debout dès le départ. A mesure que la controverse se déroule, si l'on ne veut pas reconnaître qu'on a tort, on est obligé d'accumuler des contre-arguments de plus en plus spécieux et de moins en moins crédibles. Au bout d'un moment, on se retrouve avec un échafaudage de fausses raisons tellement absurdes qu'on perd le contact avec la réalité, et qu'on devient un objet de ridicule aux yeux du public.

Écrit par : Pas la première fois | 15/12/2017

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