13/02/2018

Vote du 4 mars en Ville de Genève: Plébisciter la coopération au développement

Sur notre Planète, d’après l’OMS plus de 2,5 milliards d’êtres humains - un sur trois - n’a pas accès aux soins dont ils ont besoin. Entre 650 et 800 millions d’humains ne mangent pas à leur faim, n’ont pas pu aller à l’école, n’ont pas d’eau de qualité potable ou d’habitat digne de ce nom. Certes, en un demi-siècle, la part de l’humanité dans la pauvreté absolue a été divisée par quatre, et en 30 ans celle d’analphabètes par 3. Des progrès importants ont donc lieu, très encourageants, mais la comme la population a doublé en 40 ans, la dynamique des besoins de base insatisfaits reste forte.


En même temps, l’humanité surexploite les ressources de la Terre, d’un facteur 3 pour les pays industrialisés, et en moyenne mondiale d’un facteur 1,3 environ. Nous devons d’urgence sortir de ce modèle prédateur et inégal pour aller vers un développement durable, soit «un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion: le concept de besoins, et plus particulièrement des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations (…) de la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir ».

 

Nous sommes tous sur le même monde

La coopération au développement est un engagement constitutif du développement durable ; elle souligne le fait que nous vivons tous sur la même Planète, ne serait-ce que par notre consommation de ressources et d’environnement. En 1970 déjà, les Etats industrialisés avaient décidé, lors d’une assemblée générale des Nations Unies, d'affecter 0,7% de leur revenu national brut à la coopération.

 

Il faut simultanément à cette mobilisation empêcher que soit repris d’une main ce que l’on a donné de l’autre. Des relations commerciales équitables – la généralisation du commerce équitable – doivent garantir la cohérence des engagements entre le secteur privé et le secteur public. Pour la Suisse, les investissements privés dans les pays du Sud représentent 5 fois le volume de l’aide publique au développement ; l’alignement des objectifs, et les 17 Objectifs de développement durable des Nations Unies en donnent l’occasion, s’impose.

 

Intensifier l’effort

Encore faut-il que le secteur public ne faiblisse pas dans son soutien à la coopération. Celle-ci consiste à identifier, avec des partenaires représentatifs et engagés sur place, les besoins d’un territoire, d’une population, puis à développer des réponses cohérentes, efficaces et durables. Les thématiques pourront être la gestion de ressources comme l’eau, les sols ou la forêt, l’agro-écologie, les circuits courts, les capacités de production locale, la réhabilitation urbaine et l’habitat, la formation, l’emploi, l’accès aux soins, les énergies renouvelables… Bref les ingrédients d’un développement durable permettant aux populations de vivre dignement au pays, aspiration universellement partagée.

 

Cette action de terrain est la contribution, à l’échelle humaine et non à celle des structures nationales et internationales, mais en ligne avec leurs objectifs globaux, d’innombrables citoyennes et citoyens engagés dans des associations ou des fondations ayant pour but un progrès solidaire et à visage humain. La qualité de ces actions, leur pertinence et leur succès sont aujourd’hui parfaitement garantis à travers les processus bien établis de sélection et de suivi des projets.

 

Honorer l’engagement citoyen

Dans notre canton, à l’unisson de son statut et de son rôle international (un tiers des emplois), le soutien aux actions de coopération est inscrit depuis 17 ans dans la loi et depuis 6 ans dans la constitution ; toutes les communes y participent, ainsi que l’Etat, avec l’objectif d’atteindre 0,7% des budgets de fonctionnement. Ce qui laisse exactement 99,3% des dépenses pour toutes les autres tâches publiques ! 0,7%, indolore dans un budget public - mais une assurance-vie car un investissement dans la stabilité du monde, et un signe que chaque être humain a la même valeur, a droit aux mêmes chances quel que soit le lieu de sa naissance.

 

Cet engagement citoyen, humain, à l’échelle des personnes, cette mobilisation de forces bénévoles et de qualité professionnelle, est pourtant fréquemment mis en question lors des débats budgétaires. Il serait temps de sortir ce 0,7% de nos querelles financières, dont les plus pauvres de la planète n’ont pas à faire les frais. Cet engagement devrait aller de soi, honorer et exprimer notre situation de ville internationale, et être porté activement par toutes les forces politiques.

 

Car comme l’avait dit Pierre Maudet dans le cadre de sa campagne pour le Conseil fédéral en septembre dernier : «L’aide au développement ne doit pas être une simple variable d’ajustement budgétaire car ce que nous ne dépensons pas ici, nous le dépensons ailleurs ou plus tard pour lutter contre l’immigration illégale ou organiser des expulsions.» Que nous le voulions ou non, le monde vient à nous, soulignant notre impossibilité de nous extraire de nos responsabilités face au monde.

 

Prendre ses responsabilités face au monde

Le 4 mars prochain les électrices et électeurs de la Ville de Genève se prononceront sur 4 référendums contre des coupes budgétaires. Certes il s’agit du budget 2017, mais la portée politique et symbolique de ce vote demeure importante. Souhaitant s’approcher davantage du 0,7% pas encore atteint, l’exécutif de la Ville de Genève avait proposé en automne 2016 une augmentation des investissements dans la coopération. Non seulement une majorité du conseil municipal a biffé cette augmentation, mais a transféré 340'000.- du montant subsistant à l’aide au retour, qui serait en quelque sorte ainsi payée par les plus démunis du monde… Il s’agit de faire de ce vote municipal un plébiscite pour la coopération, hissant celle-ci une fois pour toutes au-dessus des controverses politiques locales.

 

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Commentaires

Ben si Pierre Maudet le dit...
Il me semble pourtant que le PLR a milité pour, et obtenu, une baisse de la contribution nationale. Cherchez l'erreur.
Pour le reste, et pour une fois, je suis en parfait accord avec votre billet.

Écrit par : Pierre Jenni | 13/02/2018

Et aider les genevois qui sont dans la précarité?

Écrit par : dominique degoumois | 13/02/2018

Avec tout cet argent vous nourrissez des réseaux mafieux dans le monde entier!

Écrit par : dominique degoumois | 13/02/2018

>>> "En même temps, l’humanité surexploite les ressources de la Terre, d’un facteur 3 pour les pays industrialisés, et en moyenne mondiale d’un facteur 1,3 environ"

Oui c'est évident, et il n'y a qu'un moyen de s'en sortir: C'est la décroissance démographie. C'est mathématique et incontournable, tous ceux qui ne s'engage pas dans ce sens réduisent simplement a néant l'ensemble de tout leurs autres arguments de durabilité.

Parce que vous ne croyez tout de même pas a la croissance infinie M. Longet ?

Écrit par : Eastwood | 13/02/2018

Vous êtes bien gentil mais le citoyen contribuable qui paye parmi les impots les plus chers de Suisse sans compter la ville qui a centime additionnel supérieur à beaucoup de communes nous on en a mare.

Mare de payer pour tout le monde au nom de la solidarité ou des cultures soit disant alternatives

Nous on étouffe la classe moyenne à Genève entre les impots lamal et loyers alors avec vos beaux principes vous êtes bien gentil monsieur, mais j'en ai mare de me faire faire les poches pour tout et n'importe quoi

Nous devons faire des choix de dépenses et surtout les réduire on doit pouvoir baisser la pression sur la classe moyenne enfin.

Un citoyen contribuable loin d'être aisé ou riche qui se fait tondre pour tout et n'importe quoi !!!

Écrit par : bruno | 14/02/2018

Pour M. Degoumois: Aucun des projets de coopération au développement dont je parle n'a le moindre lien avec des réseaux mafieux, au contraire, ils aident les populations à gagner leur autonomie et leur affectation est strictement contrôlée. Et aucun de ces projets n'a jamais mis en difficulté le moindre budget ou projet social à Genève.
Pour M. Eastwood: Naturellement qu'une croissance sans limite est catastrophique pour la qualité de vie dans un espace limité.Il se trouve que la démographie baisse à mesure qu'un pays se développe, au point que nous nous plaignons de vieillissement. Tout ce que nous avons à faire c'est une aide au développement fondée sur les exigences de la durabilité.
Quant à M. Bruno, comme dit ci-dessous, personne dans la difficulté n'a été privé de quoi que ce soit à Genève en raison de l'affectation de 0,7% des budgets publics à permettre à des populations de vivre dans leur pays. Je n'ai rien à ajouter à la déclaration de M Maudet que je cite dans ma note. Cette tâche est incontournable et nécessaire.

Écrit par : René Longet | 14/02/2018

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