11/03/2018

10 mars 2018: Le Tibet en exil se donne rendez-vous à Genève

Le 10 mars est une date particulièrement douloureuse pour le peuple tibétain. Voici 59 ans, le Dalaï Lama a dû fuir son pays, après avoir vainement tout tenté pendant huit ans pour préserver un semblant d’autonomie après l’invasion brutale par la Chine de son pays en 1951. Depuis, une chape de plomb s’est abattue sur ce peuple, ses traditions, sa religion, sa vie culturelle, économique et sociale.

Contre vents et marées, les Tibétains du monde entier résistent, se rappellent à notre souvenir. Ils étaient plusieurs milliers ce samedi 10 mars à se rassembler à Genève, en provenance d’une quinzaine de pays d’Europe. Leur marche a commencé au bord du lac pour rejoindre la place des Nations. C’est là, à l’instar de nombreux peuples opprimés, non reconnus, qu’ils crient face au siège européen des Nations Unies leur détermination.


 

Leur combat est le nôtre. Le destin du Tibet est emblématique du destin des peuples et des cultures opprimées dans le monde. Il nous appelle à une lutte pacifique mais sans faille. Nous ne devons pas faiblir face à l’immense pression chinoise. Le Tibet a besoin du monde. Mais le monde a besoin du Tibet, de sa sagesse, de sa spiritualité.

De nombreux orateurs se sont succédé à la tribune, dont des représentants politiques européens et genevois. Lisa Mazzone, conseillère nationale genevoise, Rémy Pagani, Maire de Genève, et l’auteur de ces lignes ont parmi d’autres porté témoignage de ce qui nous lie à ce combat. Une partie de l'éventail politique était bien là.

Mais que pensent les autres forces politiques ? Tétanisés par la puissance chinoise ? Inquiets pour de bonnes affaires avec un des plus grands marchés du monde ? Désireux de plaire à un président désormais à vie, dont le régime n’opprime pas que les Tibétains mais tous ses sujets quelle que soit leur nationalité ? Se coucher devant les puissants n’a pourtant jamais été dans l’ADN de notre pays.


La Suisse a été parmi les premiers Etats à reconnaître la victoire de Mao et de son gouvernement, en 1949. Soit. Mais elle a aussi été parmi les premiers Etats à accueillir sur son sol les réfugiés tibétains affluant après 1959, nouant ainsi un lien privilégié entre les Alpes et l'Himalaya. Aujourd’hui, plus de 7000 Tibétaines et Tibétains vivent en Suisse, formant la plus grande communauté sur le continent européen. Une bonne partie a désormais le passeport suisse. Leur présence et leur engagement nous rappelle que ce qui se passe dans leur patrie est inacceptable.

Nous tous pouvons faire quelque chose. Engager notre commune de résidence à faire flotter le drapeau tibétain sur un édifice municipal, au moins aussi longtemps qu'il n'est pas autorisé à flotter dans son propre pays. Informer autour de nous. Exiger des gouvernements cantonaux et fédéral des positions claires à l’égard de la Chine. Résister aux pressions de ce pays qui se croit un peu trop tout permis. Défendre les droits culturels, économiques et sociaux des peuples et des individus. Affirmer l’universalité et l’indivisibilité des droits humains. Car ce qui se passe au Tibet nous concerne tous.

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