04/11/2018

Elu-e-s : une vertu à géométrie variable ?

D’abord un président du Conseil d’Etat qui se fait offrir un voyage luxueux par un prince du Golfe et qui n’admet les faits que quand il est trop tard. Mais, à moins que des contreparties n’aient été en jeu, le contribuable n’a pas été sollicité.

Puis un exécutif de la Ville de Genève, qui à côté d’un revenu plus que confortable, n’éprouve apparemment aucune gêne à se faire rembourser des frais aux justifications le plus souvent douteuses et représentant de coquets montants, dont la plupart des citoyennes et citoyens ne peuvent que rêver.


Et on nous dit que trop de transparence est de nature à semer la méfiance à l’égard des élu-e-s. A l’évidence, c’est le contraire qui est vrai.

Qui sera le prochain ? Espérons qu’on en restera là. On peut parler d’imprudence ou d’impudence, de dégâts d’image et de perte de confiance à l’égard de personnes dont la réputation était jusque-là sans taches.

Mais les dommages ne s’arrêtent pas là. Un sentiment de rejet des partis traditionnels et du personnel politique est en train de gagner les parties les plus diverses du monde. La méfiance à l’égard du politique n’a jamais été si grande depuis des décennies. Elle se nourrit des multiples théories du complot qui polluent les réseaux dits sociaux (qu’on devrait appeler antisociaux), et les nourrit en retour.

Ceci dans un contexte où la démocratie telle qu’on la connaît se stigmatise d’elle-même par le manque de volonté politique de passer à l’acte. Car qu’ont fait les dirigeants occidentaux jamais à court de belles paroles pour affirmer les droits humains face aux dictateurs faisant miroiter de belles affaires? Pour cadrer socialement et environnementalement une mondialisation qui dérape? Pour endiguer le pouvoir de la finance et l’obliger d’être au service de l’économie réelle? Pour exiger transparence et redevabilité des entreprises transnationales?

La perte de confiance est immense. C’est ce rejet de la politique qui a porté au pouvoir des «hommes forts» - alternative autoproclamée mais en réalité bien pire - dans la moitié de l’Est européen, en Italie, aux Etats-Unis et maintenant au Brésil. Quel sera le prochain pays à tomber dans l’escarcelle de la démagogie populiste ?

Les vrais enjeux sont là : tout manque à l’exemplarité alimente le rejet de la démocratie et dépasse largement le sort de tel ou tel élu-e. Faisons tout pour que ces affaires ne portent pas préjudice à l’ensemble des magistrat-e-s des exécutifs communaux qui accomplissent au quotidien un immense travail souvent fort modestement rémunéré, et dévolu au bien public. Je peux en porter témoignage. Quelle que soit leur orientation politique, ils n’ont aucunement démérité, ne jetons donc pas l’enfant avec l’eau (malpropre) du bain.

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Commentaires

Votre collègue mouchet avait 400'000.- de salaire au SIG pour ne rien faire, et ça ne vous gênait pas on en avait parlé il y a quelques années!

Écrit par : Dominique Degoumois | 04/11/2018

Cher Monsieur Degoumois
Rien ne vous permet de dire que j'aurais pu cautionner des rémunérations excessives, pas plus dans ce cas que dans d'autres.
Ne cherchez pas la polémique où elle n'a pas lieu d'être.

Écrit par : René Longet | 04/11/2018

Le jour improbable ou on se penchera sur les comptes des assurances maladies on va tomber en syncope. Mieux vaut se concentrer sur la surveillance des fraudeurs aux assurances sociales, les faux coups du lapin.

Écrit par : faisand | 05/11/2018

Qu'en est-il des sièges de membres dans des conseils d'administrations de géantes de la finance ?

Écrit par : Corto. | 05/11/2018

La démagogie des élites et leurs toutous déguisés en journalistes et la démagogie "populiste" puisque vous devez nommer ce phénomène qui semble bien plus inquiéter les politiciens en place que les électeurs !

Écrit par : Corto. | 05/11/2018

Vous semblez reprocher aux "populistes" d'être populaires ???

Écrit par : Corto. | 05/11/2018

Et que proposez vous pour traiter les enjeux locaux et globaux qui préoccupent les humains?

Écrit par : Longet | 05/11/2018

Je vous ais posé une question et vous me répondez par une question !

Qu'en est-il des postes de conseil d'administration par des politiciens en Suisse ?

C'est justement pour ce type de corruptions institutionnalisées que Trump et d'autres se font élire et c'est pour ça que les grandes compagnies américaines deviennent hystériques contre les républicains version Trump !

Ce qui est incroyable, c'est que c'était il y a pas si longtemps l'un des chevaux de campagne de la gauche et que depuis, c'est justement cette gauche qui ratisse large dans les lobbies des multinationales !!!

Écrit par : Corto. | 05/11/2018

M Corto
Si vous pensez que les Trump ou consorts vont séparer affaires privées et affaires publiques, je vous souhaite bien du plaisir...
Quant à la gauche proche des multinationales vous plaisantez? Qui en Suisse soutient l'initiative pour des multinationales responsables?
Dans quels partis sont les lobbyistes des banques, assurances maladie, de l'immobilier et j'en passe? À gauche peut-être?
Donc oui je vous le demande: que proposez-vous?

Écrit par : Longet | 05/11/2018

Mais Cher Monsieur Longet, je souhaite plus d'écoles privées car les classes ne doivent surtout pas se mélanger, comme c'est le cas dans pas mal de cantons suisses ou parfois le taux d'écoliers dans le privé rivalise avec les écoles publiques et plus de banques, plus de monopôles des assurances exactement calquées sur le modèle obama-care (ce que nous subissons en Suisse depuis que la gauche l'a instaurée) etc. etc. !

Si cela ne vous convient pas, demandez à la gauche ce qu'elle a fait depuis 40 ans ???

Écrit par : Corto. | 05/11/2018

J'oubliai, plus de lien avec l'Iran et des conseillères fédérales qui portent plus souvent le voile !

(pour ne pas parler des lobbies pétroliers et gaziers)

Écrit par : Corto. | 05/11/2018

Une amie qui bosse dans une école privée genevoise et pas la moindre, m'a confiée que si un prof affiche son soutien à Trump, 2 semaines plus tard, il se fait virer !!

Écrit par : Corto. | 05/11/2018

Monsieur Longet, ne me dites pas que pendant vos mandats, bien que de gauche, que vous n'avez jamais été approché !?!?

Écrit par : Corto. | 05/11/2018

Eh bien non et si cela avait été le cas j'aurais évidemment dit non.
Donc pas de soucis pour ce qui me concerne.

Écrit par : Longet | 05/11/2018

Je ne met absolument pas en doute votre intégrité, aucunement, mais à mon avis, vous êtes un "cas" !

Mais que vous n'ayez jamais été approché, ça m'étonne !

Écrit par : Corto. | 05/11/2018

Maintenant, après ces observations, nous pouvons conclure que les prédictions sont désormais de plus en plus hasardeuses, c'est déjà un premier constat ! Que la Suisse "possède" des richesses considérables, des masses d'argents accumulés qui dorment allègrement. de l'argent qui ne circule pas, que dans les prochaines décennies la Suisse devra se piloter comme on navigue dans des eaux européennes très agitées, que de très puissantes tempêtes se dessinent à l'horizon et que quoi qu'il arrive, le bateau "Suisse" prendra de l'eau.

En ce moment l'Europe traverse également des perturbations structurelles, même si cette Europe vient de naître elle souffre de nombreuses scléroses, il serait dangereux de se filler à ses dérives, ne parions pas trop sur son avenir. Finalement les banques européennes n'ont rien résolu, elles impriment à tout va et aucune croissance se pointe à l'horizon. Qu'est-ce qu'une croissance économique ?

C'est simplement ce que les ménages dépensent et pourraient épargner, c'est le contraire qui se passe, les ménages se serrent la ceinture, ils empruntent et sont loin d'être des épargnants modèles.

Si l'on soulève le tapis européen, nous découvrant seulement 20 après sa création, que de très nombreuses dettes sont complètement pourries, car la monnaie européenne est et a toujours été trop chère pour certains et trop bon-marché pour d'autres, des milliers de milliards ont disparus dans les méandres des administrations et depuis pratiquement sa création ce géant de papier mâché n'a cessé de vouloir acheter sa croissance pendant que de nombreux pays émergeant, eux, ont développés leur croissance.

à auivre

Écrit par : Corto. | 06/11/2018

L'Italie prépare sa sortie de l'Euro en catimini. Les gesticulations sur les migrants ne sont qu'un écran de fumée pour le poivrot Juncker. On va bien se marrer, surtout les banques françaises déjà en faillite, qui possèdent quarante pour cents de la dette italienne. Quant à la France, Collomb vient de nous ressortir une nouvelle pépite, qui laisse présager que la guerre civile débutera dans cinq ou six ans.

Et pour tous ces élus de gauche mafieux qui ne démissionneront jamais du CA, ils paieront un jour ou l'autre. J'aurais bien suggérer de rétablir quelques séances d'écartelements du côté de Champel, mais les droits de l'homme ne le permettent plus.

Écrit par : Laurent Lefort | 06/11/2018

Je désapprouve formellement le ton et le fond des propos de M Lefort
Je les ai admis pour publication afin de signifier ce qui ne doit pas être dit.
J'ai reçu d'autres commentaires du même genre que je ne publierai
pas. La haine et l'approximation sont des poisons que je ne saurai tolérer

Écrit par : Longet | 06/11/2018

Qu'est-ce qui vous gêne tant Monsieur Longet ? Et de quelle approximations parlez-vous ?
Au pire, faites comme Esther Alder, fermez vos comenntaires pour rester dans votre enveloppe de bienséance et de novlangue. Parce que dans votre réponse, je ne vois aucun arguments sérieux.

Quand à la haine, le rapport 2018 du Service de Renseignement de la Confédération vous stipulera, qu'années après années, les chiffres vous donnent entièrement tort. Je l'avais déjà stipuler sur le blog de Monsieur Apothéloz, après sa pitoyable prose sur la librairie antifas taguée.

Actes liàs à l'extrême-gauche : 200, contre 16 à l'encontre de l'extrême-droite

Actes violents liés à l'extrême-gauche : 100, contre 1 seul à imputer à l'extrême-droite.

Quelque-chose à rajouter ?

Écrit par : Laurent Lefort | 06/11/2018

Salvini a placé des économistes très pointus un peu partout dans son gouvernement et aux postes clés !

Les mêmes qui prévoyaient que l'alliance 5 strelle/ligue du nord ne se ferait jamais, se sont trompés, ensuite ils ont dit qu'ils ne tiendraient pas 1 mois et maintenant ils disent que l'Italie ne va pas quitter l'Europe !!!!

Écrit par : Corto. | 06/11/2018

Quand à votre allusion au Brsil, il est fort dommage que toute la Presse et vous, ai complètement omis de rappeler que Bolsonaro aurait pû ne jamais devenir le nouveau président brésilien, suite à l'acte infame d'un militant de gauche, qui l'a poignardé à de multiples reprises dans le Minas Gerais, début septembre. Soigné dans un hôpital israelien si je ne m'abuse.

Une mémoire très séléctive dîtes-moi.

Écrit par : Laurent Lefort | 06/11/2018

Monsieur Longet, je sais que vous êtes quelqu'un d'intègre, nous sommes d'ailleurs rencontrés dans le passé et je sais reconnaître une personne intègre, vous l'êtes, cependant, je vous l'ai déjà, ce n'est pas le cas de tous les politiciens, de gauche comme de droite et l'Europe a été pillée par des voyous, à un point de non retour !

Bien à vous

Écrit par : Corto. | 06/11/2018

@Laurent Lefort, vous ne semblez pas comprendre que seule la gauche se réserve le privilège d'instituer, de soutenir et d'entretenir des régimes dictatoriaux, totalitaires et parfois, si possible, sanguinaires !

Syrie, Corée du Nord, Iran, Soudan du nord, Chine, Venezuela, Cuba et encore quelques restes staliniens en Afrique !

Écrit par : Corto. | 06/11/2018

"Et que proposez vous pour traiter les enjeux locaux et globaux qui préoccupent les humains?"

L'impasse sur la délégation parlementaire et le développement d'une véritable démocratie directe grâce à la blockchain.

Car ne vous en déplaise et contrairement à ce que vous suggérez dans votre billet, ce ne sont pas les "affaires" qui réduisent à néant le crédit envers l'action politique bien qu'elles y contribuent, mais bien l'incurie, et l'inefficacité du travail parlementaire.
Je développe ce sujet sur mon blog.
http://posttenebraslux.blog.tdg.ch/archive/2015/02/04/limites-de-la-democratie-parlementaire-264296.html

Écrit par : Pierre Jenni | 11/11/2018

Vous m'avez apparemment censuré. Considérez-vous mes propos comme haineux et approximatifs tant sur le ton que le fond ?

Écrit par : Pierre Jenni | 12/11/2018

Oui bien sur il y a de nombreuses causes dont en effet celle que vous évoquez,
Il y a aussi le manque de lisibilité des processus, un éloignement de nombreux élus du terrain, un écart parfois impressionnant entre paroles, promesses et actes, sachant qu'on parle ici de la démocratie dans le monde. Sans oublier les allégeances aux lobbies du court terme et des intérêts particuliers.

Écrit par : René Longet | 12/11/2018

Le lyonnais Antoine Pinay, ministre français de l'économie qui a sauvé en 58 le trésor public en deux semaines disait :

La politique c'est comme les andouillettes, ça doit sentir un peu la m...., mais pas trop !

En ce qui me concerne, ces petits débordements financiers sont plutôt rassurants !

Écrit par : Corto. | 13/11/2018

Cher Monsieur Corto, tout ce que je peux dire quant à votre commentaire décidément à contre-courant est: heureusement que le ridicule ne tue pas... Votre commentaire ci-dessus remet en tous cas à leur juste place vos précédentes contributions sur ce blog!

Écrit par : rene longet | 13/11/2018

Si le ridicule tuait, on ne verrait plus beaucoup de politiciens dans le bac à sable !!

Écrit par : Corto | 13/11/2018

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