20/01/2019

Climat et durabilité, des milliers de jeunes dans la rue pour leurs droits

Des milliers de jeunes ont fait grève des cours vendredi 18 janvier, à Genève et dans toute la Suisse.

Ils ont consacré cette journée à s'informer et à descendre dans la rue pour crier leur inquiétude et l'exigence d'une politique responsable face à notre avenir commun.

Leur revendication reprend l’enjeu fondamental de la durabilité : le partage équitable des ressources de la Planète entre tous les humains d’aujourd’hui et de demain.

Voici plusieurs décennies déjà, la Fondation Cousteau (du nom du célèbre navigateur dénonçant dans les années 1960 les atteintes aux océans) revendiquait les droits des générations futures. Ce faisant, elle se référait à la formule attribuée à Antoine de Saint-Exupéry: «Nous n'héritons pas de la Terre de nos parents, nous l'empruntons à nos enfants».

 


Et voici que «nos enfants» commencent, à juste titre, à demander des comptes aux générations précédentes et à exiger une chose élémentaire entre toutes : de pouvoir vivre demain dans un monde équitable et équilibré ce qui est tout sauf assuré !

En passant, ils revendiquent aussi que leur parcours de formation leur permette d'aborder ces enjeux en connaissance de cause. Une légitime insatisfaction perce devant l'insuffisance du traitement des contenus et des exigences de la durabilité dans les programmes et pratiques scolaires.

Une analyse précise de ce que les enseignements proposent en termes d'acquisitions de connaissances et de comportements permettra d'y voir clair. Mais il apparaît d'ores et déjà qu'à l'ère de la prolifération des fake news et du complotisme, et d'une incitation omniprésente à la consommation irresponsable (par exemple les vols low cost ou l'obsolescence programmée dans l'informatique), des priorités devront être actées et posées.

Il est utile, certes, d'être bon en maths et en langues, mais il est plus utile encore de pouvoir participer au débat sur l'avenir du monde et du vivre ensemble, et d'être capable d'apporter sa contribution aux solutions qui s'imposent. C'est ce qu'exprime une grève des cours: attirer l'attention sur les bonnes priorités dans les parcours de formation.

Une rapide lecture de la presse des 17 et 18 janvier fournit de quoi souligner la gravité des enjeux interconnectés et cumulatifs:

  • 60% des espèces de café sauvage existantes sont menacées d’extinction par la déforestation, le changement climatique et la propagation d’espèces nuisibles. Or, ces variétés sauvages sont détentrices des gènes nécessaires pour développer des cafés résistants aux maladies...
  • Les pesticides ne déciment pas seulement les insectes (dont les abeilles), indispensables à la pollinisation des cultures, mais aussi les oiseaux ; certaines substances contenues dans les pesticides leur infligeraient des perturbations neurologiques graves. La biodiversité, base de toute vie, se fragilise dangereusement.
  • Le réchauffement climatique est en train de faire fondre les sols gelés partout au monde: dans les régions proches des pôles, mais aussi en haute montagne, libérant de grandes quantités de méthane, redoutable gaz de serre aux côtés du CO2. Des effets d'emballement sont à craindre.
  • Selon une étude sur laquelle ont planché 37 experts de 16 pays durant 3 ans, il est urgent de changer notre alimentation en réduisant notamment très fortement notre consommation de viande. L’agriculture industrielle mondiale s’attaque aux forêts tropicales vitales pour les équilibres planétaires (cultures de palmiers à huile, base de la mal bouffe globale, et larges espaces dévolus à du soja servant à engraisser les animaux de rente) et épand massivement engrais minéraux et pesticides. La manière dont nous nous nourrissons est une des causes principales du changement climatique, de la perte de biodiversité ET des atteintes à notre santé (véritable épidémie d'obésité, de cancers, de maladies cardiovasculaires et de diabète...). Ce qui en termes de solutions simplifie la donne, car on peut affirmer que ce qui est bon pour la santé de la planète est aussi bon pour notre propre santé.

La soumission de pratiquement tous les gouvernements du monde aux lobbies de l’agro-alimentaire, du charbon et du pétrole (entre autres) fait peser sur le seul consommateur la responsabilité de l'indispensable transition vers la durabilité. Cela n’est aucunement acceptable, car le levier individuel et le levier collectif doivent aller de pair, d'autant plus que les évidences scientifiques et les engagements internationaux le prescrivent.

Les jeunes qui manifestent pour leur avenir exigent haut et fort une politique du bien commun, au lieu de cet alignement dévastateur des Etats sur les visions réductrices et court-termistes en train de rendre inhabitable notre patrie commune, la Planète. Leur révolte est non seulement légitime, mais nécessaire. Les solutions existent, appliquons-les : on peut et doit produire et consommer autrement.

12:37 | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook

Commentaires

Imaginez le volcan Toba (Indonésie) qui comme il y a près de 70'000 ans explose, c'est le 75% de la vie sur Terre qui disparaitra, malgré toutes ces belles intentions écologistes! C'est la Terre qui en fin de compte décide de tout!

Écrit par : Dominique Degoumois | 21/01/2019

Certes mais est-ce une raison d'en rajouter?re
Alors qu'on peut faire autrement?
Dans l'histoire de la Terre il y a eu 5 "grandes extinctions" de la biodiversité; la 6e est en cours et c'est celle que provoque une humanité qui ne veut pas se raisonner. On ne dira pas qu'on ne savait pas.

Écrit par : Longet | 21/01/2019

Le peuple suisse a refusé une sortie immédiate de l'énergie nucléaire. Le peuple suisse a refusé l'initiative sur la souveraineté alimentaire. Le peuple suisse a refusé l'initiative "fair food". Le peuple suisse refusera également l'initiative sur l'émiettement du territoire, car seulement 35% des électeurs s'expriment aux urnes, le reste se tait.

Écrit par : Bruno Hubacher | 21/01/2019

Avec le nucléaire les humains mettent leur vie sur Terre entre parenthèse pour plus d'un million d'années! C'est une paille pour la Terre qui a prêt de 5 milliards d'années, mais c'est un point final "définitif" pour les humains! Sur (l'île de Bikini) et à (Tchernobyl) la vie est revenu, faunes et flore sont florissantes, mais pour les humains c'est un autre problème, impossible pour nous d'y séjourner, sans risquer la mort!

Écrit par : Dominique Degoumois | 21/01/2019

A quand les manifs dans les crèches ? La pédopolitique a de beaux jours devant elle.

Écrit par : norbert maendly | 25/01/2019

Les commentaires sont fermés.