Quand les utopies deviennent des nécessités...

« Le monde va mal » est une opinion largement partagée, du même type que "il fait chaud" (il y a d'ailleurs un lien entre ces deux affirmations). Et celle qui lui est aussitôt associée est qu’ »on ne peut rien y faire ». Toute solution qui va un peu au fond des choses ? Utopique, oubliez, circulez, il n’y a rien à voir !

 

Utopique de pouvoir fédérer les peuples d’Europe ?

Alors que le continent (y compris la petite Suisse qui est proche de son centre géographique) se laissent dicter le ton par le jeu des grandes et moyennes puissances, qui en général ne partagent pas nos valeurs. Désunie, l’Europe (7% de la population mondiale) ne pèse pas lourd. Mais unie, son poids, sa dimension, la mettraient au niveau de l’Australie, de l’Inde, du Canada, du Brésil, de la Chine, des Etats-Unis. Capable de peser sur le monde, de défendre ses habitant.e.s.

Utopique de sortir des énergies fossiles et fissiles qui risquent de rendre inhabitables la Planète et constituent 80% de notre consommation d’énergie ?

Alors assistons passivement à l’écroulement de ce qui nous est cher, vivons une vie toujours plus artificielle jusqu’à ce que la nature fort brutalement nous dise stop. Pourtant sortir de l’emprise de l’agro-industrie, du chauffage excessif de nos logements (chaque °C supplémentaire signifie 7% d’énergie en plus), de notre addiction aux véhicules surmotorisés et de la frénésie des loisirs énergivores nous ferait le plus grand bien.

Utopique de demander aux entreprises de calculer leur rentabilité non seulement sur le plan financier mais aussi écologique et social, de limiter les rendements abusifs exigés par les investisseurs et le court-termisme ravageur ?

Alors continuons d’assister aux délocalisations, à la croissance des inégalités et de la société du prêt-à-jeter.

Utopique, enfin, de demander aux nations de constater leurs interdépendances et de se mettre à gérer ensemble notre Planète en sorte qu’il en reste assez pour chacune et chacun, aujourd’hui et demain ? Alors préparons-nous à la victoire de la loi du plus fort et de la lutte de tous contre tous.

Si ce qui correspond à nos valeurs est irréalisable, alors adieu à ce qui nous est cher. Ressaisissons-nous et osons des actes individuels et collectifs à la hauteur de nos espérances, rendons possible ce qui est nécessaire. Passons du pessimisme qui nous sature et nous paralyse à l'engagement!

Commentaires

  • Plus trop envie d'intervenir ici même si cela semble nécessaire.
    Car vous évacuez bien vite le débat en vous cachant derrière des concepts ou des sujets de portée globale auxquels il est difficile de s'opposer.
    En fait vous auriez du continuer votre carrière politique. Vous avez du talent pour contourner les questions et les renvoyer à celui qui les pose.
    Le jour où vous prendrez clairement position sur les projets Weibel, je reviendrai vous lire et commenter.
    A défaut, je considérerai que vous faites partie de ceux qui pratiquent l'art de "faites ce que je dis pas ce que je fais". Vous vous donnez ainsi l'impression de travailler pour la bonne cause sans vous mouiller avec des projets hors de portée qui n'engagent que vos projections et qui vous permettent de vous donner bonne conscience.
    C'est particulièrement décevant de la part d'un homme qui semble concerné par des problématique importantes et urgentes. Et cela ne fait qu'alimenter les sceptiques qui voient les incohérences d'un discours de bien-pensant peu enclin à assumer sa part de responsabilité.

  • C'est une utopie, jamais les pays géreront ensemble la planète. La diversité humaine planétaire est une richesse mais un obstacle infranchissable.
    Ce qui est urgent pour nous, ne l'est pas ailleurs.
    Le G20 a montré aux écolos naïfs, la réalité. Seule l'Europe et quelques rares pays sont préoccupés.

    Il nous faut nous concentrer sur le possible. Le but de la société doit être la qualité de vie pour tout humain, autant par rapport à l'environnement (pollution, bruit, bétonnage), que dans le milieu du travail.

    L'alerte pollution, n'est pas une fatalité, si les villes se donnaient les moyens de créer des infrastructures pour les voitures électriques ou hybrides. Cette paresse est un des scandales. Scandale aussi, que la Suisse a du retard sur le renouvelable.

    Ce qui me donne de l'espoir est par exemple, que le canton de Vaud se soit donné des objectifs.
    La ville de Lausanne refuse des permis de construire si cela enlaidit ou surdensifie trop une zone (et Genève?).
    Il y a donc de bon signes sur un changement de mentalité, mais c'est encore insuffisants.

    Pour le monde du travail, les coûts des maladies (burn-out, stress,..) devraient être à la charges totalement des entreprises. Celle-ci sont responsables de l'état de santé de leurs travailleurs.

    Et puis toujours la même chose. Créer des transports publiques qui seront obsolète 10 ans après, dû à l'augmentation de la population, comme à Genève, c'est inacceptable.
    L'idée d'un politicien genevois, est qu'il faut diminuer le nombre de voitures pour verdir la ville. Sans réguler la population, donc l'économie, je ne vois pas comment il est possible d'atteindre des objectifs pour l'environnement, et le bien-être du citoyen.

    Genève est une des villes les plus antiécologiques de Suisse, malgré la gauche écologique au pouvoir : pollutions, bétonnage abusif, enlaidissement de la ville. Elle n'a pas finis de trahir le bien-être des citoyens pour l'économie.

    Genève doit se projeter sur le long terme, se faire une image souhaitée de Genève dans 30 ans et arrêter de courir derrière la croissance avec ses infrastructures. Une ville, un canton se gèrent, et cela commence par la compétence de réguler un développement et non de le subir.
    Il faudrait que le côté français se développe, mais plus du tout Genève.

    Je souhaite l'écologie du bien-être, indépendante de tout courants politiques.

  • Cher Monsieur Jenni
    Comme vous le dites personne ne vous oblige à répondre à mes notes. Vous prétendez que je me positionne sur des sujets lointains pour ne pas avoir à mettre la main dans le cambouis du réel. Je vous réponds 1) que toute société a besoin de perspectives et de prospective et que le court-termisme est étouffant et que 2) il vous suffit de questionner des personnes qui ont travaillé avec moi ou qui m'ont côtoyé dans mes engagements pour qu'ils vous donnent maints d'exemples d'activités, de propositions et de réalisations concrètes. Par exemple, demandez aux habitant.e.s de la Ville d'Onex si comme vous le laissez entendre je me donne bonne conscience et ne m'intéresserais qu'à des enjeux "hors de portée"... ils m'ont vu à l'oeuvre durant les 12 ans de mon mandat à l'exécutif communal.

  • J'en déduis que vous classez les projets Weibel dans ceux qui n'ont aucune perspective ou prospective et qu'ils visent le court terme. Pour moi c'est juste l'inverse. Ces projets sont des projets pour les 50 prochaines années et visent le règlement efficace du noeud ferroviaire de Genève avec une incidence prévisible sur le trafic global avec un impact nettement moindre sur l'environnement.
    Je ne remet pas en question vos réalisations à l'exécutif communal d'Onex mais je déplore le fait que vous sembliez, du moins à mes yeux, avoir tourné cette page en n'en gardant que les mauvais souvenirs. J'imagine assez facilement la frustration d'un élu communal et de la politique en général de laquelle je n'attends plus grand-chose. En revanche je persiste à penser que pour valider votre discours vous pourriez vous saisir de ces questions de proximité sans esquive. Ma charge est surtout l'expression d'une déception. Car si des types comme vous font l'autruche alors il n'y a plus beaucoup à espérer pour corriger le tir dans la fuite en avant du projet officiel d'agrandissement de Cornavin et de la raquette.

  • En insultant les auteurs d'articles qu'apportons.nous "(Car si des types comme vous font l'autruche" (voir ci-dessus)

    Nous savons que nous allons droit contre le mur en acceptant la mondialisation, sa globalisation avec, en guise d'idéal, son marché de dominants rapaces, cruels et sans éthique "sans être nous-mêmes impuissants" puisque nous pouvons nous abstenir d'accumuler à tire larigot tant de produits inventés... également au service de nos vanité...s en mettant en balance nos besoins réels et les autres, artificiels... au damné service des multinationales du néolibéralisme.

  • Non Myriam, pas d'insulte mais une charge dans mon premier commentaire suivie de la manifestation d'une déception dans le second.
    Car je pense que M. Longet fait partie de ceux qui comptent dans notre petite république mais j'observe qu'il refuse la discussion sur les projets Weibel qui permettraient d'éviter le chaos programmé des projets officiels.
    Il ne suffit pas de donner des leçons au fil des billets, il s'agit surtout de donner l'exemple. En évacuant ce sujet sensible M. Longet réduit son discours à néant et alimente tout ce contre quoi il se bat.

  • Il a au moins le mérite de publier mes commentaires. C'est déjà énorme et je l'en remercie.

  • Pierre,

    Je relis l'article de René Longet.
    Cet article ne traduit-il pas notre pensée!

    Concernant les blogs ne faudrait-il pas MAIS SOUS QUELLE FORME? changer de vitesse vu la "vie qui va si mal"?

    AU VU DE L'URGRNCE INDENIABLE DE MESURES A PRENDRE
    en appelant les citoyens lecteurs à passer de la passivité à l'action par le moyen de la mobilisation!?

  • Cher Monsieur Jenni
    Juste encore un mot par rapport au projet Weibel: je souhaiterais que vous puissiez comprendre que nous ne nous intéressons pas tous aux mêmes choses avec la même intensité, je sais que des députés se sont saisis du dossier et cela me suffit à ce stade. Si au moins vous pouviez dire que les milliards possiblement économisés grâce à son projet devaient être investis dans un début de rattrapage de notre retard historique en équipement ferroviaire, ce serait fort apprécié, je vous rappelle les données: Agglo franco-valdo-genevoise, dite Grand Genève, selon les chiffres officiels: 1 million d'habitant.e.s, après ouverture du CEVA desservie par six lignes de RER; agglo zurichoise, 1,3 million d'habitant.e.s et... 29 lignes de RER....

  • "Si au moins vous pouviez dire que les milliards possiblement économisés grâce à son projet devaient être investis dans un début de rattrapage de notre retard historique en équipement ferroviaire, ce serait fort apprécié,.."

    Monsieur Longet, vous me voyez ravi de vérifier que le sujet vous intéresse tout de même un peu. Je laisserai à M. Weibel le soin de vous expliquer plus en détail son approche mais vous pourriez aussi faire l'effort de consulter son site car il risque bien de finir par se lasser à répéter la messe.

    Je ne sais où vous allez chercher une quelconque aptitude de ma part à définir la destination d'un budget qu'il provienne d'une économie substantielle ou non. J'observe cependant que les projets Weibel ont beaucoup plus d'avantages que la simple économie d'investissement. Notamment l'impact sur l'environnement qui vous est cher et la vision long terme de la capacité ferroviaire qui impacte tout le réseau suisse.
    Si j'avais le moindre pouvoir d'influence dans ce domaine, je dédierais immédiatement les sommes disponibles, si elles le sont ce dont je doute, au bouclage du CEVA par une traversée mixte de la rade qui fait partie des projets de M. Weibel. Car comme je le relève au travers de ma série de six billets à ce sujet, je considère que sans traversée de la rade, nous allons vivre un enfer dans notre ville pour les deux prochaines décennies. A contrario, si nos élus avaient compris que le projet officiel de traversée du lac est condamné, ils s'attaqueraient rapidement à l'alternative que je propose, ou à celle de M. Weibel, pour enfin libérer la ville du trafic de transit et des TIM parasitaires. Je vous encourage à prendre connaissance de ces textes qui retracent le résumé de la saga et qui s'inscrivent comme des jalons utiles pour nos décideurs lorsqu'ils devront se résigner à prendre le taureau par les cornes.

  • Vous aurez la surprise de vous revoir dans votre jeune âge avec Grobet et Joye lorsque vous militiez contre la traversée et pour le développement des TP, le 12 février 1995 peu avant la votation. http://heytaxi.blog.tdg.ch/archive/2019/04/06/la-cerise-sur-le-gateau-298184.html
    Aujourd'hui, après près de 25 ans de développement spectaculaire des TP comme vous l'appeliez de vos voeux, force est de constater que la situation ne s'est pas améliorée et que le développement démographique a dépassé toute les projections.
    J'ose espérer que votre vision aura évolué et que vous ferez partie de ceux qui ont compris la leçon. Mais surtout j'espère que votre engagement pour la qualité de vie en ville n'aura pas faibli derrière le prétexte de causes plus importantes, d'envergure mondiale. Car comme vous le relevez dans votre billet, chaque petit geste individuel compte et participe à la prise de conscience.

  • Je vous remercie de continuer un peu la discussion.
    Je reviens sur votre déclaration : « je sais que des députés se sont saisis du dossier et cela me suffit à ce stade. »
    Auriez-vous l'amabilité de développer ?
    Considériez-vous qu'avant que ce groupe de 25 députés prenne enfin l'initiative d'étudier la boucle il n'y avait rien à signaler ?
    Suivez-vous aveuglément les mots d'ordres de votre formation politique sans esprit critique ?
    Reniez-vous votre engagement précédent sur ces sujets et laissez-vous à d'autres le soin de s'en occuper ?
    J'essaie de comprendre. Je ne cherche pas à vous acculer dans vos retranchements mais je peine à décoder votre ligne.
    Je pense au contraire que le monde politique pourrait avantageusement profiter de votre expérience dans ce domaine et que vous pourriez contribuer à faire évoluer la doctrine en offrant la possibilité à la gauche de montrer sa capacité à la remise en question et à démentir l'intégrisme idéologique qui repose sur des notions obsolètes ou inappropriées comme l'aspirateur à voiture qui est effectivement le but d'un contournement. Un peu comme la droite avec la main invisible qui ne veut plus dire grand chose dans un capitalisme financier de prédation.

  • Bon ben je vois que je cause dans le désert.
    Au moins j'aurai essayé...

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