Aujourd’hui 29 juillet : jour mondial du «dépassement«...

A partir de ce 29 juillet, l’humanité vit à crédit.  Pas auprès des banques, ce qui finalement resterait peu ou prou négociable. Mais en termes de ressources naturelles disponibles.  Ce qui n’est négociable que si nous repensons les bases de notre fonctionnement économique. Plutôt inquiétant, non ? D’autant plus que ce jour était en 1970 encore le 29 décembre : c’est à partir de ce moment qu’a commencé notre dérive collective.

En 1999 le jour du dépassement des ressources disponibles était déjà le 27 septembre. Vingt ans plus tard, c’est deux mois plus tôt, le 29 juillet que l’humanité a épuisé son crédit en termes de ressources : https://www.footprintnetwork.org. Pour les pays industrialisés, ce jour est même intervenu déjà le 7 mai : depuis, nous vivons aux dépens des besoins d’autres régions du monde et des générations futures...

 

Que pouvons-nous faire pour nous sortir de ce bien mauvais pas ?

  • Donner la préférence aux biens et services produits dans des conditions environnementales et sociales positives et suivre les labels qui en attestent : commerce équitable, pêche durable, foresterie durable, bio... Aucun label ne donne de garantie absolue, les contrôles ne peuvent tout empêcher, mais ce sera toujours bien mieux que d’acheter sans réfléchir. Et surtout, le plus important : acheter vraiment en fonction d’un besoin!
  • Passer individuellement à l’économie circulaire : réparer et réutiliser au lieu de jeter et acheter du neuf. Ce qui signifie collectivement: une économie qui considère tout déchet comme une ressource au mauvais endroit, où la réparabilité est possible et prévue dans les modes de fabrication, où les entreprises gagnent leur vie par l’entretien et non l’obsolescence organisée, où le recyclage est la règle et l'extraction de matières premières l'exception.
  • Nous engager pour modifier les conditions cadre de l’économie :
    • Pour que soient intégrées les valeurs des services écosystémiques - soit les services que la nature rend à la société : eau, air, poisson, gibier, végétaux à usage médicinal, domestique ou industriel (bois), matières premières (matériaux rocheux, sources d’énergie, etc.), biodiversité, fertilité des sols, captage de gaz carbonique par la végétation terrestre et marine, régulation des eaux par le sol, prévention de l’érosion par le couvert végétal, fonctions récréatives et touristiques... - dans les comptes des entreprises et des collectivités. Au plan mondial, la contribution de la pollinisation à la production agricole est estimée à 577 milliards de $ et l’apport des abeilles mellifères et sauvages pour l’agriculture suisse a été chiffré par Agroscope en 2017 à 350 millions de francs par an.
    • Pour que soient imputées dans les prix des transactions de toute nature les externalités négatives : les coûts du changement climatique et des pollutions (eaux, sols, air) dues aux énergies fossiles, des risques de la filière nucléaire, du gaspillage de ressources, des atteintes à la santé au niveau de la production ou de la consommation et d’autres impacts sociaux négatifs actuellement reportés sur autrui. Le Fonds monétaire international évaluait pour 2015 à près de 5'300 milliards de $, les externalités négatives de l’énergie.
    • Pour que les administrateurs des sociétés soient légalement tenus d’en maximiser non seulement comme maintenant leur valeur financière mais aussi la création de valeur écologique et sociale à travers leurs activités, eten être comptables. Aujourd’hui encore, les capacités de la nature à produire des ressources et à digérer nos rejets demeurent les grands oubliés de l’économie - péché originel d’une discipline qui se coupe de ce qui la rend possible...
    • Pour que le Produit intérieur brut, PIB, soit supprimé comme mesure de bonne santé des territoires et des populations et remplacé par un indicateur de l’empreinte écologique et sociale. En effet le PIB additionne uniquement les mouvements financiers, qu’ils résultent d’une invention bénéfique ou d’un accident et ignore le travail bénévole dans la famille, le quartier ou le monde associatif, le lien social, les productions et échanges non marchands, les services écosystémiques fournis par la nature. Tout comme il néglige les stocks et la répartition des biens. Il est aberrant de continuer à se référer à un indice aussi faussé et trompeur !

Ce ne sont bien sûr là que quelques exemples de l’orientation indispensable vers une économie durable et responsable, inclusive, tournée vers l’utilité et le bien commun. Ce n’est pas un problème de technique ni de modèle d’affaires. Réparer plutôt que jeter, fournir des énergies renouvelables plutôt que du fissile et du fossile, généraliser des bâtiments positifs (qui produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment), le commerce équitable et la culture biologique, remplacer la recherche de l’obsolescence par la mise en valeur de la durée de vie sont autant de sources de rentabilité (raisonnable) que les modèles fonctionnant sur le court terme et la fragilisation écologique et sociale. Même aux Etats-Unis le solaire emploie aujourd’hui deux fois plus de personnes que le charbon, malgré tous les discours de Trump pour relancer ce dernier...

Mais pour que cela change, il faut en finir avec la croyance dans la non-intervention dans l’économie, avec cette foi en la capacité mille fois démentie de son autorégulation. C’est ce dogme qui explique largement la paralysie des Etats et les recettes inopérantes de leurs dirigeants pour « relancer la croissance » d’un système qui a au contraire besoin d’être fondamentalement repensé.

Commentaires

  • On pourra recycler tout ce qu'on veut, faire de "l'économie circulaire", aller tous à vélos, manger moins, ne plus prendre l'avion etc. etc.
    Le problème est mathématique; comment faire vivre de plus en plus de personnes (qui veulent tous vivre et non survivre) dans un monde limité.
    Sur un alpage défini vous pouvez mettre un nombre X de vaches, passé le nombre X il y aura un problème.
    Un enfant de 10 ans comprendrait cette équation.

  • Pas un mot sur la démographie ? Donc pas de crédibilité, le vrai problème est ignoré.

  • Donc, si je vous suit bien, il faut réparer à des prix prohibitifs plutôt que d'acheter du neuf ! Moi j'ai un exemple : Panne de machine à café, devis de fr. 50.-- obligatoire, frais d'envoi, si je fais réparer le devis est déduit mais si je refuse je paie encore fr. 20.-- pour détruire l'appareil. Délai de livraison 3 semaines. Autre solution changer de machine, Fr. 50.-- en action, 3 ans de garantie, machine en stock au magasin ! Faire réparer est une stupidité ! D'autre part, très souvent les pièces de rechange n'existent plus ! La solution pour remettre la Terre en ordre : Planning familial pour tout le monde et particulièrement pour l'Afrique !!

  • Il faut effectivement consommer LOCAL!

    Mais prenons l'exemple de Greta Thunberg dont les médias ont fait une héroïne. L'est-elle vraiment? Pour le savoir écoutez cette vidéo où vous apprendrez que Greta Thunberg est financée pas des lobbies et des milliardaires mondialistes:

    https://www.youtube.com/watch?v=6Jujrmiyn18

    Et voici des infos supplémentaires sur Greta Thunberg et le CETA sur lequel elle a dit ne pas avoir d'opinion. A mourir de rire quand on connait tous les aspects négatifs pour l'environnement de ce traité de libre-échange (émissions de C02, pesticides, viande aux hormone etc.), mais bien entendu ça ne la dérange pas:

    https://www.youtube.com/watch?v=W9ktHsL_dzE

  • La pêche durable ? Vous auriez dû lire sur le Matin Dimanche ce que pense le plus gros importateur lausannois de filets de perches ! En résumé, il explique la Russie qui n'a pas de label de pêche durable exporte ses poissons en Pologne et que ces filets de perches arrivent en Suisse labellisés !! Une arnaque de plus comme les fruits et légumes bio qui sont cultivée sur des sols contaminés par des années d'utilisations de pesticides ! Il y a quelques années un commerçant de fruits et légumes sur le marché de Plainpalais n'arrivait pas à vendre des pommes pas très belles. Il a eu l'idée de poser un écriteau "Pommes bio" et à tout vendu en quelques minutes !! Le Bio c'est pour les bobos !!

  • Ce système n'a pas besoin d'être repensé, ou réformé, il doit être détruit. Depuis sa création, le capitalisme nous a apporté guerres, famines, pauvreté, et bien sur boulversement écologique... Nous produisons assez de nourriture pour 10 milliards de personnes, et nous ne sommes même pas 8 milliards, le capitalisme a déjà suffisamment montré son incapacité à satisfaire les besoins humains et environnementaux, d'autres systèmes rempliraient ces besoins bien mieux... Le rojava par exemple, système libertaire qui a su bouter l'Etat Islamiste de la région, et la reconstruire, faisant de déserts des zones fertiles et écologiques.

  • Quelques réponses aux commentaires reçus.
    1. Sur la démographie. La manière la plus éprouvée de maîtriser la démographie est celle que les pays développés ont suivie: l'éducation et des perspectives économiques positives. La preuve: nous sommes devenus en quelques générations des sociétés vieillissantes...
    2. Sur les difficultés de faire réparer des objets, oui c'est justement cela qu'il faut changer, il y a bien des choses à mettre en place: réparabilité, entreprises de réparation (idéal pour des PME), délais de garantie, etc.
    3. Sur le bio: le bio est un label qui répond à un cahier de charges et qui est contrôlé. Quand les terrains sont chargés en polluants il faut bien sûr un délai qui est prévu aussi dans les réglementations. Il y a une toile de fond de pollution et le bio ne renonce pas à tout traitement.Mais globalement il y a dix fois moins de substances problématiques que dans le conventionnel quand il va jusqu'au maximum légal permis (ce que beaucoup heureusement ne font pas).
    4 Sur la suppression du capitalisme: toute modification de l'état des choses actuel passe nécessairement par l'énonciation d'un certain nombre de mesures concrètes à prendre. Vous en trouvez quelques-unes dans ma note.

  • M. Longet parlez de ce que vous connaissez ! Personnellement j'ai exploité pendant 40 ans environ un commerce qui s'occupait notamment de réparations. Il faut être clair, ce n'est pas possible car les fabricants n'ont aucune obligation de fournir les pièces de rechange ni d'entretenir un SAV ! Dans les temps on prétendait que les fabricants devaient conserver les pièces pendant 10 ans après la garantie et c'est une stupidité car cela n'a jamais existé D'autre part les techniciens hautement formés ne travaillent pas pour des prunes ! Pour entretenir ou réparer des appareils de mécanique de précision le montant de fr. 150.-- de l'heure est un minimum ! De plus, comme la mode change vite, certains domaines, tel la photo, les appareils n'ont plus aucune valeur.

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